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LE TROUBADOUR

Qnej'almerals ces jours, ces heureux jours Où l'on voyait les galans troubadours Dans les châteaux , aux pieds des Cythérées, La lyre eu maiu , célébrer leurs attraits.

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Clianler le dieu des vendanges dorées,

El de l'Amour les niystèresseciets!

Alors vrainienl il éiail doux de iiaiire

Sous l'aire heureux qui nous force 5 rimer;

D'avoir Pbebus el pour guide el pour maitre :

Il n'en faut point pour savoir bien aimer.

Ces troubadours chéris , dignes de l'élre.

Pour prix d'un air, ou d'un couplet tlatleur.

D'un doux baiser oblenaienl la faveur :

Même , pariois , plus d'une noble dame

Feignail , dil-on , leur accorder aussi

Le don nommé d'amoureuse merci ;

Don précieux , alors qu'il vient de l'âme.

On ne sait pas si princes el barons

Voyaient loujours, avec des yeux paisibles,

Que leurs moiliés , pour des vers , des chansons ,

Aux iroubadours fisseni de pareils dons.

Mais je le crois ; aux beaux ans Ires sensibles ,

Traiiaul l'hymen en beaux-esprits galans,

Ils les fêlaient , les comblaient de pre.sens.

0 siècle d'or , que la gloire environne ,

Que n'ai-je, hélas ! vécu dans les beaux jours !

J'aurais peut-être, aimé d'une baronne ,

Bu dans la coupe où boivent les Amours!

Mais abrégeons. Coulons, sans verbiage ,

Si je le puis , le singulier voyage

Et les auiours d'un troubadour fameux.

Il se nommait Jean Budel de Blieux,

Homme d'esprit , de savoir amoureux ,

Lisant Ovide et ses métamorphoses,

Aimant Bacchus, les belles encor plus ,

Porlaut loujours un grand bouquet de roses,

Des habits irais , un manteau par-dessus ,

Chamarré d'or; d'ailleurs si grand poêle,

Et si fécond , qu'il rimait nuit et jour ,

A table, au lit, au bal, à la toilelle.

Et même encor dans les bras de l'Amour.

Jamais Paris, ville qui voitédore

Bien plus de vers qu'on ne voit en été

De moucherons au lever de l'Aurore ,

IS'eut un rimeur de celte activité.

Alors l'agile et trompeuse déesse ,

Monslre bavard , ennemi du secret,

Sema le bruit qu'eu Syrie existait

La belle Alix , depuis un an comtesse

De Tripoli , grande et riche cilé ,

Où les chrétiens , dans une sainte ivresse,

Au nom du ciel , en foule ax aient perlé

Kos mœurs , nos vins , et la guerre et la messe.

Mais redisons tout ce que les cent voix

De la dees>e aux cent langues mobiles.

Disaient au loin , dans les bourgs , dans les villes.

D'une beauté digue des plus grands rois.

C'était Vénus, mais Vénus sans faiblesse ;

C'était Minerve avec plus d'enjouement;

D'Hebé , de Flore elle av ait la jeunesse ,

Et de l'Amour le sourire charmant.

Tous les chrétiens la prenaient pour un ange,

Les musulmans pour une des houris.

Quant à l'espril , sans outrer la louange.

Elle eût brillé parmi nos beaux-esprits.

A ce portrait , Jean Budel , dans son âme, D'un feu nouveau sent éclater l'ardeur :

Sloins aisément le salpêtre s'enflamme.

L'amour l'agite avec tant de fureur.

Que son bon sens , dans sa bonne fortune, Faillit d'aller se loger dans la lune.

Tel accident ne serait pas nouveau ; Musicien , amoureux et poète, On voit à moins troubler votre cerveau Hors de lui-même il cherche la retraile. Les lieux déserts. Suspendue à son bras, Sa lyre , un mois, hélas! resta muette. Déjà plus sec que l'oiseau de Pallas , Ou qu'u)i auteur que l'on n'achète pas, Budel sentit que la Parque cruelle D'un fil usé filail ses tristes jours, Qu'il périssait comme l'oiseau fidèle Qui ne vo t plus l'objet de ses amours. Alors , frappé du péril de sa vie , Il forme un plan que l'amour justifie.

Avant d'aller au ténébreux séjour , Joindre Properce ou l'amant de Lesbie, 11 veut du moins voir un jour , un seul jour , L'astre nouveau qui brille dans l'Asie.

• Oui, disait-il, je braverai les mers : Thésée, Hercule, ont bravé les enfers!»

11 dit , coni lui ; le temps , l'amour le presse ; Pour son voyage il s'apprête à l'instant. En bon chrétien d'abord il se confesse. Fait ses adieux emprunte de l'argent D'un juif, bon homme, utile à la jeunesse, Très noblement prêtanl à cent pour cent, Monle à cheval , et , piquant , galopant , Court vers la mer, droit au port de Marseille. Un vaisseau grec partait pour Tripoli : Budel s'embarque , et , l'air ayant fraîchi , Part au lever de l'aurore vermeille.

Castor, Pollux , et l'Amour et Thélis, Furent , dit-on , compagnons du voyage. Avec tels saints on ne fait pas naufrage , Quoique inconnus encore en paradis.

Le troubadour, ardent d'impalience.

Reproche aux vents leur longue oisiveté : Les flots unis de celle plaine immense Le fatiguaient de leur tranquillité.

Mais tout finit : la seule élernité Toujours s'écoule el toujoin-s recommence. Le vaisseau grec , emporté sur les flots, Par le Zéphyre et sa troupe légère.

Rasa les birds de l'ile de Cythere, INid des Amours, asile de leur mère.

On découvrit l'empire de Minos, Pays fameux par les feux de Thésée, Et par le fil d'une amante abusée.

Qu'il oublia dans l'Ile de Naxos.

Bientôt l'on vit celle Me fortunée, Où la beaulé , consacrée à Vénus, Sous des berceaux , doucement entraînée. Payait, dii on, le plus doux des tributs. Mais pour Budel ces objets sont perdus. Sur le lillac , tout le jour en vedetle, L'œil appliqué sin- un liibe arrondi.

Comme un savaiil qui lorgne une planète, 11 épiait les murs de Tripoli.

Mais il les voit ; il tressaille, il respire; Le cœur lui bat : cependant le navire ,

CONTES

Légèrement balancé sur les flols , Surgit au port aux chants des matelots. Budel débarque, el , du e âme attendrie, Adresse au ciel sa pieuse oraison :

Puis il attend que la nuit, plus amie, Ait de son ombre obscurci l'horizon , Pours'eji aller chanter sous le balcon De la beauté qui l'amène en Syrie.

La nuit venue , il va , sa lyre en main, Dire les ver.s dont voici le refrain :

«Un troubadour vient de Provence,

LecuMir navré, blessé d'amour :

0 vous, qui causez sa sou france,

Ayez pilié du troubadour! " Or, vous saurez qu'alors le mois de Flore Rendait la nuit plus belle que le jour. Sur soéI balcon , Alix , avec sa cour , Voyait souvent le lever de l'aurore.

Devant témoins , l'on dil qu'on en vani mieux : Êtes- vous deux, l'amour-propre s'éveille. Budel , voyant ce cercle radieux.

Qui l'observait et lui préla I l'oreille, Remplit les airs de sons harmonieux.

Le chant lîni , chacune de ces dames Au fond du cœur vivement desirait Savoir le nom de celle qu'il aimait.

Secret d'autrui lourmenle un peu les femmes. Ne blâmons rien , elles font lein- devoir : Désir d'apprendre est la clef du savoir. Pour conlenter le d sir qui les piesse, De la fenêtre on l'invite à monter.

Des qu'il parait , on accourt , on s'empresse Aulour de lui pour le féliciier.

Lescoinpliinens achevés, on le prie De déclarer le nom de celle amie Qu'en si beaux ver.s sa muse célébrait : Chacune , à part , malgré sa modestie, Se flânant bien d'être ce doux objet.

Budel rrpond : ■ A la seule comtesse Je puis ici confier mon secret.

De le redire elle sera maîtresse; Mon seul désir est tout ce qui lui plait. » Lors il s'approche, et lui dit à l'oieille : «C'est vo.iS... pour vous, ô brillanie merveille! Amour m'embrase et va me consumant. • A cet aveu , les lis de la comtesse Sont nuances d'un vermillon charmant :

Mais sa douceur égalant sa sage.sse.

Elle sourit, el puis dil finement, A haule voix : «Ce troubadour, mesdames, Dont les accords ont chatouillé vos âmes, M'a d t aimer la plus laide de nous.

D'un lel secret vos cœurs so t peu jaloux. » Quittant bientôt ce léger badinage.

Elle demande au gentil troubadour Son nom , son rang , quel était son .séjour? Sur sa réponse , avec nu doux langage , Elle lui dit ; • Vous désirez , je croi , Vous reposer ; vous logerez chez moi. » Et sur le-cliamp , deux jeunes demoiselles , Aux grands yeux noirs, aussi sages que belles , Mènent Budel <lans un appartement, Asile frais , orné par l'opulence.

L'une lui verse ei l'eau rose ev l'essence;

L'autre lui sert , dans des vases d'argent, Le vin de Grère et le muscat de France. Puis, sur son lit couché bien mollement, Enveloppé de l'ombre el du silence, On le laissa dormir paisiblement.

Le lendemain , quand Chébns renaissant.

Arma ses traits d'un feu resplendissant, La belle Alix à son hôie fait dire Que , sans témoins , elle voudrait le voir. Budel accourt ; elle le fait asseoir A ses cotés, et puis, d'un doux sourire, Éclaircissaut son front majeslueux , Lui deiuauda le récit très fidèle De ses moiifs , du projet qui l'appelle A Tripoli. Budel, baissant les yeux, Répo);d soudain : « La vague renommée De vos appas , de cet heureux séjour , Sema le bruit; et m in âme eiiHammée Voulul mourir, ou vous prier d'amour :

Et je pariis. — Un tel désir me Halle; .l'y suis sensible; Alix n'est point ingrate; Mais, sans détour, je dois vous confier Que j'ai d'abi'rd un jeune époux que j'aime : De plus, un brave et galant chevalier.

Que l'aiuic au.ssi , qui me chérit de même. Depuis un mois tous les deux sont partis Pour repousser , dans les champs de la gloire, Les Sarrasins , i os cruels ennemis :

Mais . au plus toi , la luaiu de la Victoire Me les rendra vainqueurs et plus épris. Vous voyez donc qu'il ne m'est pas possible. En ce moment , de vous aimer d'amour. ■ A cel aveu, le pauvre troubadour.

Tremblant, glacé, resta presque insensible De désespoir ; puis répondit ; « Hélas ! Si vous aimez ailleurs d'une autre flamme, Je vais mourir. — Non, non, ne mourez pas; Vous jelleriez trop de deuil dans mon âme ! Prenez plutôt , prenez mou amiiié; Je vous la donne, et pour loule ma vie. Allez , demain , au séjour de Marie , Dans le sainl lieu qu'elle a sanctifié; Priez son fils, ce Dieu plein de clémence, «De vous prêter son appui proledeur, Et d'arracher , par sa toute puissance, Le Irait falal qui perce voire cœur. .

Apres ces mois, cette âme débonnaire.

Pour écailer loin de lui tout malheur.

Lui fit présent d'un très beau reliquaire. Les adieux fails , il part , en pèlerin, A pied, lout seul , n'ayant pour équipage Que sa relique , un bourdon à la main , Et sur l'habit maint et maint coquillage. Chemin faisant, tour à tour il rêvait, Chaulait , rimait, disait son chapelet.

Il visita le tombeau , le calvaire, y déposa ses lemords , sa prière ; Puis, de ses feux se croyant bien guéri. Il regagna les murs de Tripoli.

11 approchait; ô malheur inouï!

Budel apprend qu'une horrible victoire A des païens couronné les efforLs ; Que les chrétiens , n'emportant que leur gloire, Soal presque tous descendus chez les morts;

T'es

CONTES

Et que d'Alix l'époux, brillant d'audace,

Est mort couvert des palmes de Ihonueur.

Budel , navré d'une telle disgrâce ,

Pria pour eux ; et distrait et rêveur ,

Au crépuscule il eulra dans la ville.

L'effroi , le deuil habitaient cet asile.

11 trouve Alix éteinte , sans couleurs,

A son époux adressant ses douleurs,

Et lui jurant un souvenir fidèle.

Budel s'approclie et gémit avec elle :

Sans se parler , tous deux versent des pleurs.

Enfin Alix , rappelant son courage,

Lui dit : " Budel , vous savez mes malheurs ;

Dans un combat, dans le champ du carnage,

J'ai tout perdu , mon époux , mon ami :*

Plaisirs, beaux jours, pour moi tout a péri.

De la fortune et de son inconstance

Désabusée , hélas ! et pour toujours ,

Je veux aller au beau pays de France ,

Dans un couvent ensevelir mes jours.

— Xh ! dit Budel , je reconnais la grâce

Qui vous poursuit d'un trait victorieux.

Je sens aussi sa faveur efficace,

Depuis que j'ai visité les saints lieux :

J'habiterai les toits religieux,

Où saint Bruno fixa la pénitence ,

Le jeûne austère et l'éternel silence. »

Huit jours après , un vaisseau de Provence, Prêt à partir , les reçut tous les deux. Le temps fut beau ; le .soleil radieu.x Réfléchissait sur l'eau tranquille et pure. L'azur et l'or qui tlotlaieni dans les cieux. Mais tout 5 coup un vent léger murmure , Souffle, s'augmente, agite le vaisseau; La mer se trouble , et mugit et s'irrite : Du haut du ciel la nuit se précipite , Et sur la terre étend son noir rideau. L'air s'épaissit, surchargé de l'orage ; La foudre gronde, éclate dans les airs, Et le vaisseau marche au feu des éclairs : Pâles, tremblans, le nocher, l'équipage Criaient, juraient, priaient saint .Nicolas. Alix mourante au ciel tendait les bras; Et par la peur son âme consternée , De ses péchés roulant le souvenir , Elle voulut, devant Dieu prosternée, Les effacer des eaux du repentir.

Au troubadour alors elle s'adre.ssc , Et s'agenouille, et tout bas se confesse, Fait humblement l'aveu de ses erreurs : Ce qu'elle dit est pour nous lettre close ; Ne troublons pas le mystère des cœurs.

Si par hasard j'en savais quelque chose. Je le tairais ; je hais trop les parleurs. Mais en contant ses fautes et ses peines , Alix , dit-on , hésitait , rougissait ; Sire Budel aussi se colorait , En l'écoutant , et sentait dans .ses veines Que le démon , malgré lui , .se glissait. Je le crois bien : telle est notre faiblesse; C'est par un fil qu'on tient â la sagesse. Mais gardons-nous de crier au malheur; Trop de vertus est peut-être une erreur.

Alix , après cette touchante scène ,

Ayant reçu son absolution ,

Forma le vœu , jura par Madeleine,

C'était sa sainte, elle portait son nom.

De vivre, hélas! sans nœud, sanshyraénée,

Sans bon ami , si la mer déchaînée

N'engloutit pas le malheureux vaisseau.

Serment cruel , et surtout au bel âge !

Alix , de plus, pour conjurer l'orage.

Promit d'aller visiter l'ermitage

Où de la sainte existait le tombeau.

Le troubadour fit les mêmes vœux qu'elle;

Et soit hasard , ou l'effet du .serment ,

L'air s'éclaircit ; suspendu sur son aile,

Un vent plus doux porta, sans accident,

Près de Toulon , le navire flottant.

On doit savoir que Marthe et Madeleine,

Avec leur frère échappé du tombeau ,

A maints périls arrachés, non sans peine.

Partis d'Alepsur un petit vaisseau,

Manquant de tout , voguant au gré de l'eau

Furent jetés dans le port de Marseille.

Tout étonnés d'une telle merveille.

Les habitans , très neufs en pareil cas ,

Criaient miracle, et ne se trompaient pas.

-arrivés là , Marthe, dans la semaine,

A Tarascon , seule , à pied s'en alla.

Le bon Lazare à Marseille resta.

Et fut évêque; et quanta Madeleine,

Elle voulut , loin d'un monde pervers ,

Vivre pour Dieu , seule dans l'univers.

Au haut d'un mont, nommé la Sainte-Beaume,

Mont hérissé de rocs et de forêts.

Parmi les loups bien moins méchans que l'homme

La sainte alla se cacher pour jamais;

Elle y vécut dans une sainte vie.

De ses vertus embauma ces déserts.

Et puis mourut d'une douce agonie,

Et fit après cent miracles divers.

C'est IJ qu'Alix, à sou serment fidèle.

En débarquant, se rendit sans valet.

Sans suite, à pied. Épris d'un pareil zèle.

Le troubadour pas à pas la suivait.

Baissait les yeux , plus .sojvent les levait.

Une caverne aussi vaste qu'obscure.

Était l'église où la sainte dormait.

Sous le rocher était la sépulture.

Que le rayon d'une lampe éclairait.

Nos pèlerins , parvenus dans l'enceinte.

En longs soupirs exhalent leur ferveur,

Et fout serment , aux genoux de la sainte.

De conserver, loin d'un monde imposteur.

Les chastes lois de l'austère pudeur.

Après ce vœu, dont sourit Madeleine,

Ils vont s'as.seoir à l'ombre d'un vieux chêne,

Près d'un ruisseau ((ui , bruyant et fougueux ,

De bonds en bonds rou!e en flots écumeux.

La faim , la soif pressant ce couple aimable.

Le déjeuner fut apprêté soudain.

Sur le gazon Budel dresse la table;

11 la couvrit d'un vieux flacon de vin ,

Du lait durci, de la datte étrangère;

Et du raisin que Corinthe séchait :

Repas chariuaut que Crésus envierait,

CONTES

Le Sage aussi ! Le dieu de la lumière, Plus doux, plus pur, versTliétis déclinait. L'oiseau clianlail snus l'ombre solitaire, El mille fleurs, Iclliym, le .serpolet, Parfumaient l'air d'une vapeur légère.

Chez les mortels, du moins pour l'ordinaire,

Le sommeil suit l'appélil .satisfait.

Nos pèlerins, accablés par Morphée,

Ne parlaient plus, déjà fermaient les yeux.

D'herbes, de Heurs , la terre était jonchée ,

Le lit dressé, l'endroit silencieux :

Or les voilà qui s'endorment tous deux.

Le doux sommeil est le père des son,r;es.

En nous trompant par de rians [iien-onges ,

De l'Elysée il ouvre le séjour ,

Et rend la nuit bien préférable au jour.

Sire Budel et son aimable dame

Firent tous deux un.songt des plus doux :

Budel rêva qu'Alix était sa femme;

Alix rêva qu'il élait son époux.

Songe char,i ant , bienfait de Madeleine

Qui de li-haut souriant à leurs vœux ,

Par les détours d'une roule iiircrlaine.

Au port d'Hymen mena ce couple heureuï.

Un chœur d'oiseaux chanta l'épitlialame.

Et ces époux, pour témoins de leur flamme,

Eurent les prés, et la sainte, et lescieux.

On a .TOUvnit dit d'un très beau génie.

Celait Décarie; Aucun jusqu'aujourd'hui

N'a mieux rêvé. J'en appelle, et le nie.

Car, n'en déplaise 5 la philosophie,

Mon troubadour a mieux rêvé que lui.

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