‹ Œuvres complètesChapitre 193 sur 416 · LA VA RE MOURANT · texte numérisé non relu

LA VA RE MOURANT

Frtt-on du sang des dieux , savant comme Newton ,

Brave comme Bavard , et beau comme Narcisse;

Eùt-on le beau parler de défunt Cicéron ;

Un seul vice flétrit tous ces dons : l'avarice.

Couvrant d'un vieux manleaii son corps sec et hideux ,

L'avare est un voleur qui brave la justice.

Le voleur est souvent moins dur que malheureux.

Un de ces Ilarpajons de la très bonne école.

Qui, depuis soixante ans, entassait, entassait,

ECUS .sur vieux écus, pislolesur pislole.

Sur le lit de la mort à la fin s'éteignait.

Son neveu, dont le nom élait monsieur La Brichc,

Homme fort eslimé silôt qu'il devint riche,

Élait auprès du lit, accablé de douleur,

Ou du moins son visage en portail la couleur.

• Mou cher neveu , je touche j ma dernière veille ;

Oui, je finis; la mort me lire par l'ureille, ■

Lui dit le vieux avare en pleurant son trépas,

Ou plutôt son argent qu'il laissait ici bas.

«J'ai tait mon leslament la .semaine dernière ;

Vous êtes de mes biens unique h'galaire....

— Ah ! mon oncle , pourquoi ce funeste entretien ? Vous vous rétablirez , et dans peu, je l'espère....

— Non, d'sabu.sez-vous; enfin, écoulez-bie:i ; Mon testament se lait .sur l'arlirle des messes; Je n'en fais dire aucune, et pour cause vraiment.

— Ce soin m'esl dévolu, comptez sur mes promesses; Si j'avais le malheur.... — Non, je vous le délend, Les temps sont trop mauvais, épargnez mon argent. Si je vais au séjour des âmes cr.minelles.

Las! il faut y rester, dit-on, bon gré, mal gré;

Si c'est en paradis, à quoi serviront elles ?

Si t'est en purga'.oire.... eh bien ! soit , j'attendrai. »

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