‹ Œuvres complètesChapitre 203 sur 416 · L.^, commercans, beaux-e.spriis, g and.s seif^ieurs · texte numérisé non relu

L.^, commercans, beaux-e.spriis, g and.s seif^ieurs

Les fils de Mars, les eufans du Permesse ,

Vous comblerom et de gloire el d'honneurs.

Surtout comptez sur le cour el le zèle

D'un sexe aimable, !i vos luis très fidèle.

Qui du mensonge abhorrejiis u'au nom.

Adieu, vo'ez, partez en dil genre,

Je vais pour vous me meure en oraKson. »

La Vérité, toujours sans défiance

( Dans un cirur noble elle n'entre jamais ) ,

Lui rendit g' âee et par; il .sans délais.

En traversant un très joli village,

Elle enlendit un haulbois, un tambour;

Les ris, la daii.se el Bacchus tour à tour,

Avtc Iracas fêtaient un mariage.

L'hymen était d'accord avec l'amour.

La Vérité, fille de l'Innocence,

Aima ton ours la joie el le plaisir.

Sous les beiieaux soudain elle s'avance.

Se mêle au bal , el chacun d'applaudir.

Oui , c'est ici , dans ces douces retraites ,

Dit -elle alors, que je dois demeurer ,

Ces villageois sont comme leurs muselles.

Simples el doux ; ils doivent in'adorer.

Sans hésiter, sans crainte, elle se nomme;

Et va bientôt, hélas! s'en repentir.

A sou nom seul , on voit trembler, rou.Tiir

La jeune épouse : i l'instant un ton homme.

En cheveux blanr» , le bonnet ^ la main , CoiM'banI son fronl, abonle 1 1 déesse, Lui dil loui bas : ■ l'ai'il muez ma faiblesse, La mariée, épouse fie /,ub n.

Est mon en'ani : elle esi douie, elle est sage, El reiiendanl si vous resllez i i, ^ousen aurions Vraimenl ben du souci; [Nous sav.)ns lous que pi is d'un mariaje A ch viré par \o:ie j;i-and pa 1er :

La Véiilp ne vain r en en iiiéii3;;e.

Ha ■ amilip veuillez vo is en aller. • La deite soinil .\ ce lan ;a ic, SoPiil du cercle ei marcha ver^ Paris.

En arrivant , assez peu ''o niali te, Elle UDUla dans le premier lo,;is.

Mais par malheur , un fameux journaliste, yui ba bouillait uji m chant pa,)ier{;ris, •Soir et matin, poursuivante la piste.

Les dits, les faits , les nii.eres du jour, Était du lieu le premier localaire.

Sitoi (|u il vil celle belle eii'an;;ére. Et qu'il apprit son nom et >oii séjour, Le pâle e:froi .se {',li<sa dans son âme; Il s'écria : «.So lez, sortez, madame.

Je ne saurais chez moi vous re( evoir; Il faut un ordre, allez à la Police, Un ordre exprès ; tel esl noire deroir. Vous m'expoez. » Encore un peu novice, La Vei i|é crut cet homme un peu lou , Et s'él.)iî;na marchant sans savoir où, Mais so^uiemie en or par l'Esppr.ince.

Elle aperiul dans lequarlier voisin.

Sur l'écritea.i d'un riche nia.iasin , En lettres d'or ; hnrenn de (■oiifi/inre. « Ah ! dil -elle , oui, \oil.i le ulte heureux Qui me convient, où je suis nvérée »

El sur-le-champ d'un pied leste et joyeux Du ma.;a-in elle franchit l'entrée En la voyant , le inaiire rad eux Crut voir entrer la fortune avec elle : Bien vite il of re avec gr^ce, avec zèle, Kauieuils, bureaux , ,so as et < hi fonniers. Tous d'acajou . d'une forme nouvelle, Soi'tis des mains des meilleurs ouv lers. La jeune vicrjje ouvrant un iiil céleste, Lui répondit : «je suis la Verilé, Je ne veux rien que l'hospitalité; Un cabinet mesuflîia de reste.

— Je voudrais bien , cill inini.^ieur Ronnefoi, Vous accueillir, vous leli.eichez moi ; Mais votre aspect nuirai! à mes affaires, Et mon exemple, au coinnierce fatal , Serait blâmé, siffle par mes confrères, Et je niourrais, ma laine i l'iiopilal. Mais croyez-m'en , allez au vois nage.

Dans cet hbtel demeure un procmtnr.

Il vous verra tris \olonlicrs, le fiaje; De vous toujours il parle qvec honneur; Dan« ses écrits à vous toujours fidèle. Par vous il jure, à vous il en appelle : Vous n'avez pas de plus sincère ami. • La Vérité, que cet avis enchante.

Sans diftérer se présente chez lui ; Frappe à la porte : une vieille servante

CONTES. n^

Ouvre et demande avec l'air aigre-douy Ce qu'elle veut. ■ Parler à \olre ma Ire.

— Vous connalt-il ? comment vous noinmez-vous?

— La Vérité : monsieur doit me cnnnarlre.

— Je n'en crois rien ; jamais je qe v nus \ is Da s la maison , et cependant j'y suis Depuis tienic ans; mais mon-ieur Rojnervjlje Est dans .'on bain, et je \ais l'avertir.» Lors d'un pas lent s'e' for>,ant de courif. Alla, revint celle antique sibylle, Et dil : . Mon maiire en est au dé espoir, Dansée moinent il ne saurait lous voir. Pour un procès il ne cesse d'ccrire ; D'un lim;; travail , de so'ns il est charinjé; A son bon droit lotre aspect pourrait liifir^; Vous reviendrez quand II sera ju ;■■. ■ Dans la m iso i lo icail inon.^ieiir Guillaume, Du dieu des vers disciple Ires a dciil ; La Verilé voulut voir ce (jiand lionime; Mais il ne put l'admetlre eu ce uioinent ; Il travaillait une ode pinda. ique.

Pour célébrer un monarque vivafil , Ses hauts exploits, sa valeur lieroufiiç. La deite ne pouvait concevoir De ces refui les causes in:iu!es.

Elle y rêvait alors que, sur le S'ir, El e arriva devers les Tuileries.

Abliés, inaiihands, hommes de qualiU), Y jouissaient de leur osiveié.

Mais au.ssiioi que la belle inconnue Fut au milieu de l'immense cnlme De ces oisifs ; ■ Ilicux ! quel troqble ! quel brui( ! • Ou l'environne, on l'obscde, on la suit; Chac un , siirpi is de sa rare to.irnure, Va demandant d' ù sort cetie fijjure, De quel de-crl .' Nul ne la coniiai.s.sait, Et cependant toujours on la suivait.

La Vérité, de ce fracas troubire.

Veut .s'évader, court d'allée en allée.

Et vient, revient, le front teint cte rougeup, Mais vainement ; enfin celle rumeur De [lUn en plus a.jiianl tout ce monde, On députa certain ambassadeur.

C'eiaii un Suis.seà face rubiconde, <^'ui vient, souffla t, direâ la Verilé: > Vous le voyez , votre air de nouviaulé Déplaît ici, retirez-' ous, madame.

Sans diffé er. Quelle diable de femme!

Elle nietlrait le trouble en paradis. » La deilé, qu'allrisiait celle scène.

Veut .t jamais s'éloijjuer de Paris ; Mais, (n mari hant sur les bords de la Seine, Elle enlendii trente voix, tour â tour, Criant , b U|;lant ; A .Saint-tiloud ! A Lucienijel A Saint-Ge.niai.i ! A Ver.-aille! i la cour! Ce mol de cour chatouilla son oreille; Avec l'espo rson âme :e réveille.

Là , disait-elle , avec l'urbanité , Kefiueni l'esprit et la .incirilé.

Oui , ' ni , c'est l.\ , j'en crois la Renommée , C'est à lacourquejed;)isélre aimce.

Elle dit , monte avec un aii- discret Dans un vieux char qu'un long ehevïl Iraluak. D^s le palais , ajors ja Flânerie ,

COISTES.

Au regard doux , â l'air de bonne foi,

Et le Mensonge armé d'effrnnl ei ie ,

Monlaient la garde à la porte du roi.

La Vérité se présenle à leur vue,

Leur d t son nom, et, toujours ingénue.

Demande à voir le grand roi de Paris.

A son aspect , le Mensonge surpris

Baisse les yeux et fronce les soucils;

La Flatterie, aux paroles dorées ,

Lui dit : ■ Ici vous avez vus entrées,

Tendre, sincère, et semblable à l'Amour,

Vous êtes née, on le voit, pour la cour.

Pour lembellir, et le roi, notre maître.

Le plus grand roi qui jamais vit le jour,

Sera charmé, ravi de vous connaître.»

Dans l'instant même, une dame , d'un rang

Très distingué, la plus riche des Gaules,

Survient, la voit, regaide en clignotant.

Apprend son nom , lui trouve un air plaisant,

Et tôt s'éloigne en haussant les épaules.

Cn vieux seigneur qui la lorgne en courant.

Dit . • Elle est bien , un peu gauche pourtant ;

Mais à la cour l'esprit vient promptement. »

Le duc d'Albain, alors premier ministre.

Vieux courtisan très expérimenté,

Ayant appris la nouvelle sinistre,

Que dans Versaille était la Vérité,

Pâlit d'effroi. Telle une bonne femme.

Qui dans la nuit croit voir un revenant ,

Tremble de peur, et gèle au fond de l'âme.

Mais mon.seigneur, de courage s'armant

Expédia soudain l'ordre sévère.

Qui de la cour exilait à jamais.

De par le roi , cette jeune étrangère.

Certain exempt, vieilli dans le palais,

Tout glorieux le porta sans délais.

«Quoi! s'écria cette aimable déesse.

L'homme me hait! Être des plus ingrats,

Il me dédaigne et rit de ma tendresse. ■

Ainsi parlant, et marchant â {;rands pas,

Elle aperçut sous un épais feuillage,

Un solitaire un gros livie à la main ,

Modestement vêtu, le front serein,

L'air attentif, l'œil fixé sur la page.

Sur le penchant d'un fertile coteau,

Ce philosophe avait une chaumière,

Où le tilleul, le platane et l'ormeau

Lui présentaient une ombre hospitalière.

Là, loin du bruit, loin d'un monde oublié,

Dans la .saison oii l'arbre se couronne

Des dons de Flore et de ceux de Pomone,

Il cultivait les arts et l'amilié.

Dès que ce sage aperçut la déesse ,

Au-devant d'elle il courut sur-le-champ;

Émerveillé de son air de sagesse

Et de candeur, il lui dit galamment :

«Ou je me trompe, ou vos attraits, madame,

Ne me sont pas tout-à-fail inconnus;

Je ne sais quoi me parle au fond de l'âme.

Et in'eniraiuant, m'attache à vos vertus.

^D'après ces nioLs, un peu flatteurs pent-élre,

11 m'est bien doux de me faire connaître :

A vos regards j'offre la Vérité.

—Vous ? Quel bonheur I — Hélas ! j'ai tout quitté ,

Mes bois , mes fleurs, ma douce solitude,

Pour les humains, pour leur félicité :

Je n'ai trouvé partout qu'ingratitude.

— Ce procédé doit vous ouvrir les yeux;

L'homme vous craint ; il craint votre langage,

Comme une fenniie au déclin de son âge.

Craint d'un miroir le reflet odieux.

Moi-même ici, lorsque j'écris l'histoire,

Je suis forcé d'échapper à vos lois;

Il faut souvent pour plaire aux grands, aux rois.

Faire mentir les filles de Mémoire.

Oui , la Raison vous parle par ma voix ;

Si vous voulez aux humains être utile.

Voilez vos traits, essayez le détour,

Et delà Fable empruntez quelque atour;

L'esprit humain est comme un œil débile.

Que par degrés on accoutume au jour. »

La Vérité de qui l'âme était pure.

Comme un rayon d'un beau soleil naissant.

Ne put goiMer un avis si prudent.

«Qui? moi tromper, care.sser l'Imposture!

Moi qui toujours ai nourri dans mon cœur

Pour le mensonge une secrète horreur!

Fuyons plutôt : sur une terre obscure.

Allons rlicrcher de plus heureux climats.»

Elle partit- Depuis on ne sait pas

Quel est son sort , ce qu'elle est devenue :

Plusieurs savans ont pourtant décidé

Qu'elle est au loin dans une ile inconnue,

Où La l'érouse eùl peut-être abordé

S'il n'ei'it péri. Quelle heureuse journée!

Peut-être, hélas! il l'aurait ramenée.

Si j'étais roi , loin d'armer cent vaisseaux,

Pour insulter et les vents et les Ilots,

Et pour porter, armés de mon loimerre.

Dans vingt climats l'avarice et la guerre,

De mâts altiers je chargerais les mers ,

Pour découvrir cette lie solitaire.

Où vit l'objet que célèbrent mes vers.

Il reviendra, je le crois, je l'espère,

.\u premier jour, quand l'abbé de Saint-Pierre

Aura signé la paix de l'univers.

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