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L'INFLUENCE DES CLIMATS

Des sages , des docteurs , des gens â grands cerveaux, Cens mûris par l'élude el par l'expérience. Sur tout ce qui végète, homme, plante, animaux , Ont de l'air , des climats , reconnu l'influence.

7âS

CONTES

L'habitant basane qui vil ?ous lYqualeur, Celui qui prps du pile est loi^é ^ous la lerre, Difffrenl |'ar les iraiis, la forme , la hauteur : L'habil de l'ours blanchit sous IVloile polaire,

Sous mitre zone il (;ârde .'■a couleur , El si j'eH trois un Grec, dnneur en médecine,

L'âme est ^oumi^eau rlimai qui domine.

■ Ainsi, monsieur, selon vos almaiiarhs, ^"os \ i es , nos vertus . dépendent des clin ats ? — Je ne dis pas cela , vous aVei un peu vi.e : Consultez là-dessus Môlina le jésuite.

Arnaud lejansénisie, Aujusiin, saint Thomas, Et »ous .saurez , monsieur , ce que je ne sais pas. »

Mais écarloDS ce sublime myslé.e.

Je vaisTou- raonlfr. dans Tespoir de vous plaire,

l'ne ane(di)ie ,^ re sujet.

On la dit d Hippuraie. un Grec me rassurait. Mais je n'en rep- nds pas; >o'ci donc mon histoire. Si jeliinnche en cheni ii , excusez ma mémoire, Eulre nous . je suis vieux , laut soit peu radoteur

J^ dix dégrés lie réquateur.

Dans lés mers ou le Ganj;e , avec un long murmure , le ses Rots irrlés porte le va^le amas,

Au sein d'une Ile ou la nature Prodi.jue, en sturiant , ses plus riches appas, Yi»ail un ptuple heuieux elsaje, En paix à l'ombre de ses bois, Satisfail de scn sort , d'un inode.''le héritage. Libre sans frénésie , et respeclam les lois; Ses mciurs de l'âge d'oi- rappelaient l'mnocence. Mai* de l'air, des clin, ats, o itriible intluence!

Pauvres huina us ,^ quoi tient la raison? Qui dé vous repondrait du lerieau le (a;on? Ln été dévorant , ^a s pluie el sans rosée. Un oleil qui bri.la cette lerre épuis e. Changea ce lieu charmant en un ti i le séjour ; Tout souffrait , languis.sait , jaune éiait la prairie , La naïade pleurait sui- son urne tarie : Les oi.^eàuv s'exilaient. plu.> de chants, plus d'amour; Pour (Onible d lU) u:allirur qui nous étonne encore, Pe.s so'.eils sans nuage, enflammés des I aurore. Frappant sur le rcrieau de ces bons babiians, Dérangèrent l'organe oU sifge le bon sens;

Ou, pour pai-ler sans amphibologie,

•Toul le pays fut frappe de lolie ,

Jeunes et ieu\, niaijistrals et savans, Etceqiii paraîtra peut-être iiinins croyable,

Chaque insinsé se croyait ra sonnable.

J'ai connu de ces loiisque je ne noiniiie pas.

t'n homme seul un sa(;e, honneur de ces cllmaL^, Avait eu le bonheur de .sauver «a cervelle :

Au iremierihant dePhilninéle.

Ce sage fiait al é sur les bords de l'Iiidus Pour obM rver les mie rrs , les vices , les vèHutf De ce \3s\t pays, on la lei re féconde Vil le piemier soleil se riir du ^ein de l'onde.

Ce sage .se noinmail Emma.

Il voulait consulter les prêtres de Brama, Elles inicrroyer sur leurs rues, leurs rodes; Il bul de l'eau du Gange, enira dans les pajnde*. Et quand la canicule eut amorti ses feux. Qoe l'automne approchait , de Pomone suivie, buuaa ehargé de» fraits d'un travail précieux ,

Retourna , plein d'amour , dans son Ile ch^rîê. Quelle fut ta surpn.-e, ou plutôt ta douleur,

Osage Emma . quand tu vis la fol e Au .son de ses grelots a.;i!er ta patrie , La discorde y .semer le trouble et la rumeur!

L'un , n't^couiaiil qu'un aveugle caprice. Voulait vivre sans mailie, el sans frein et .sans lois; Ceu\-ci, trompant le peuple a\ec plus d'artifice,

Voulaient s'as: eoii- sur le trône des rois. Chacun , en fait de culte, adoptait un systéibe; L'un adorait la lune el le -oleil naiv-ai.t , Cet autre une pagode , ou renom e elephani ; Ceux-ci prenaient pour dieux le boeufet/c c/in/m^me... .Malheur au philo-^ophe, ;m lâché, au scélérat Qui, devant une femme, eill frappé. son dieu chat.

Une dc\o!e étouffa l de colère , Pour avoir vu tuer, par un monstre inhumain,

Un malheuitux lapin, Dans lequel se trouvait l'âme de .sa grand'mèfe. Emma riait loul bas, d'un i ire saiduuien.

Un grand jeune homme , aim, b!e épicurien ,

De l'aven r méprisant la chimère, Dissipait tout son bien , courait à la misère, l'our fêter le plaisir, et Bacchus et r.imonr.

.Son compagnon , d'une humeur plus bizarre, Vivait peliten.ent, chaque jour plus avare. Pour voir son iher treso! s'enUtr dejour en joilr. Ce qui d'Emma surtout indigna la g ande âme. Ce fut de voir d'li\ meii le bel ai bre fleiri ; Ami du changement, l'époux trompait sa femme,

La femme trompait son mari De ces nou' elles moeurs , tnima tout ébahi. De .ses roni iioyens , a» ec force et courage. Blâma les faux plaisirs, les prrjuges pe- vers, Leur démoirira l'erreur de Uuisiullesd vers. Enfin de la rai.soii leur parla le langage.

Qu'iri iva-t-il ,' Je n'exageie pas :

Il fut lui luéme an usé de olie; Les dames du pays le traité eut d'impie, Et le peuple surtout , ce g'aiit !> cent bras, Voulut le lapider cnnune peste publique,

Cx)mmes vaut , et parlant hrré.ii;ue.

Le phiioso; l:e Eu:ma pé issail .sans retour. Il allait e.ssu;ei- le destin de.-ocia e; Il jugea plus sensé de par.tr pour Surate. Auprès de (eite «ilie il fixa sou séjour,

Dans un i iani et paiible ermi a.;e : LS , solitaii e heureux . il espérait qu'un jour L'astre de la raison , ec^riant tout nuage. Sur ce i;lol>e aplati . brille, ail .^ son tour.

S'il l'a rêvé, c'est lerive d'un .sage.

niNF.n Dt: .m. bo.nnkt

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