LA FÉE ET SA FILLEULE
ÇMe\ malheur d'i^lre nédansces jours de ddire, On liiicrcduliie, friiil airer du savoir, Éle dsur ma pa.rieuii trop funesle empire! Ah! quel démon sur nous exerce ton pouvoir! Au vieux temps exisiaieni esprits), fee et fieliie, B eiifaileurs des humains, coni;!a'ilioiis de leur Vte. On le cidvait du moinv, el citiire c'elail voir.
!\1a s aujourd'hui. Tirâce à nos mouis nouvelles, Les tcmn es nit'nie osent douler; Beverrans cl torders sont des fables polir elles. Biei.tol on les (eria ha'diitieil conlesler, Nier que dans Eodor jadis la Pvlhoiiisje Rappela du lombeau l'tmrbi e de Samuel , De quoi Sool lonr;-temps a r;aide la jaunisfe. «El qui l'a \u. dit on?— Qui? nous, tout Israël, Deux cents pet ils fîanons, et leuissaursel leurs mères, Qui l'ont vil deliurs yeux on par (eux des témoins. »
Hu demeurant, il ne m'importe guëres;
Croyez , ne croyez pas; mcls écoulez t'u moins Ce coule inicrpssai.t ; il s'a,',it d'une fée
tl de lob et qu'elle chcril.
La fée au monde vint le mcm- jour qu'Orphée, Pour ravir Eurydice, aux tnfers descendit.
On la nonnnail bonne Lu' ène.
Attachée anx humains, ele les piotégaitî De la jeune Zelmis elle éiail la mariai.ie :
Pri/bablemenl alors on baplisail.
Elle l'aima. I l>eaii!0up, et lui laissait à peine Le lemps de des rer. Voulait-elle des Heurs, Des perles, des rubans, une robe n uvelle? Aussilot loiiiba'enl deiai.l elle Robes, bioux, rubans de vin;it louleurs. Quand /elmiseui aiieini ces beaux jon.s delà Tie Ou le be.MHii d'aimer aille no re coeur, L'Aitiouriui picsenla sa coupe d'anibroi,sie; Elle y bul i lonj;s li'ails la divine liqueur. Elle aina lendruneni. ZTbin l'aima de même. Ah! qu'ils eiaienl lieiireux ! Pour eux quel avenir! Point de Irisies peuser.> ! l.e prcsenl , quand on aime , E:t i rîani , ti doux, qu'on nesa l que jouir. Mai» le i iel le plus pur a pai lois .ses uuaijes.
Zi. bin de d I erens nie.ssafies Pour la cour d un ^ullan fui cbar;;é par son roi. L'ordre eiait im| orlanl II s'ar,issail , je croi, Pour éviur la ficerre el calmer les alarmes. D'un vieux villa, ;e assi.; enire les deux États. De à des deux coles lout le peuple esl en armes; Tout respire le sanj;, la mort et les combats.
Ciel ! que de soupirs et de larmes Ver.^erent les air.ans d ns leurs Irisies adieux. Achille pleura moins son ami malheureux.
Entin. le iem|is qui marche avec des ailes Finit leurs maux. Zi. bin ani.onca son cetoUf. Quels tureiil, o Zelmi-.! à i es douces liou.illeS) Tes lrans|)nris de oie el d'amour!
Mais qui pouirail piindre le cara Irpe) L'humeur de ce sexecha inant?
Arisloie, Socrale et l'Iiiie, plussavantj rs'oiil jamais de son ritur pcnriré le myslcrd. Soit par l'exiés d'un amour trop ardent , On peiil-elie roquei erii , Qui dans le> eux d'amour se mêle as<'ez souvent,
Zelmis vonlul.qnoi ne jeune el jolie, Par,iilr< encor plus belle anx yeux de son amaui. Pouroblenic une laveur si chère, A sa inarraii^e elle eul recours , lui conrta ses voux La fée à ce discours Lui dit, tout donnée :« Eh qu i! quelle chimère! D'nu vient re vain dé.su'? — (.'est pour plaiie .i Zifbin. — Vous lui plai.sez dijà,— ,1e pla'iai davaulaiïe,
— Vous vous (rompez, mais j'excuse voire âne: Que voulez-vous de p us? j'ailtz - Un plus beau teint, Des veux plus jjrands, la IwuL-lie plus petite, L'iiciaille plus haiile. - Ens'jile?
— Enfin tous les appas que l'on donne h Cypris. — Mon en ani , j'ai pilie de voln^ erreur extrême:
Sachez q l'un amant bien épris Chérit jusqu'aux deiauls du jeune objet qu'il aimé. Cependant, pour vois plaire, à vos vœux je souscris, .le n'ai pas le pouvoir de vous rendie plus belle, Mais je puis fasciner les yeuv de votre amant; Et vous lui paraîtrez, par mou ail tout puissant.
CO.NTKS.
;gfl
Une Vénus, une beauté nwivelle. »
A ce discours, dans un espoii flalleur, Zt'linis allend Zirbiu : il vieiU, voie cliez elle. D'un œil avide il cherche : 6 Micpri e! o douleur! Il ne recoiMiail pas la ■ eaute(|u'il adore-
Il i-ef;arde , regarde encore :
«Je nie trompe, dil-il , el je vois mon crrenr : Vous n'eies pas /eluiis, l'idole de mon lœur. —Quel laiii;a;',e! oui, je suis la /elniis, Icnanianle: Écoule, cher / rbin, el reconnais ma voix. — Oui , c'est ta voix, la voix douce el louchante; Mais ce n'est pas Zcln:is fini p: rie.f uc'e vois: Vous êtes, j'en conviens, plus biil.anie, plus belle;
Je rends usine ,\ vos appas; Mais si je vous aimais , je sei ais infidèle Et le pliii r,r, nd , le plus noir des in :,rats. • Après (es mots, il s'enfuit 'i jvajids pas. Zcluiis vivement le rappi Ile ; Il fuit en 'ore plus proinpienient.
Conl'n-e alors, el ledcur- repentant.
Elle ini| lore à j;enonx sa genéreu e amie, Lui <onfessesa taule, liundili ment la supplie De rétablir les veux de fon anianl.
• Je savais, ma chère enaiit, I ni dit l.niene, peu : m piise, Que vous lai-iiz une sottise; Mais, à \o reâ;je, il faut souvent Qu'A vos dépens un vous iustiuise; Mais e prends en piie voue sort malheureux. D'un peu de vanité j'excu.se la fjibhs.se; Mon art à votre auiaii' reialil ra les yeux; Il vous reconnaîtra, re|. rendra >a tendres.»e. Hcii.a n, qiiand le .soicil br iitr.) d.;iis lescieux, Trouvez vous au I azi.r ou Zirbin do l .se itndie. Sitôt cju'il vous vei-ra, toujours bdMeel tendre. Plein d'aniouret dCjO'e, il voje.a ve.s \ous. . Ali! (|U heunureesi la luiil, qiijnii l.i noir elle aurore IVous proiiiei un beau oui', un .-oUn des plu.-, doux ! Aussitôt ([ue Fhrbus eut biai» hi le l,o>pho.e, iJeliiiis conn an bazar. iMoinenl deliciuix!
/irbin la voit, la reconnaît, .s'écrie:
• Je le reliouve enfin, ma chère el di:;ne amie!
Quel dieu n.a'.in , quel es;iiii envieux Avait dpfi;iure ton annabe vi.a je.
Charge tes t aiis? • A i e touchant lanya^e Zelinis nmijii , bai.-sa le< veux.
Avoua son ei-reui-'O beauté iiUe j'adore, Apprends que mon (aur amoureux , Avec bien n.oinsd'ap; as, te voit pins belle encore, Conserve-u.oi ton cœnr, jiarde tes traits cheri.s, Et lu seras poui moi plus beiie que Cvpris. •
Jeunes beautés ()ui voulez plaire, K'emprunlez pas d autrui la fijiuie étrangère;
Soyez vous- nif" mes, croyez-moi; Croyez surioiit Hoileau, ce cri.ique sévère;
• Chacun, dil-il, est a„rcable en soi; Ce n'est que l'air d auti ui qui peut depiaire en moi. >
LE CADl ET LE DERViCIIE.
11 est an ciel une jeune immortelle Dont cha pie peuple aime cl pri.se les lois. Qu'on voudiaii voir, loiijOurs (hasie et fidèle, tl sous le tbaunie et dans la cour des rois.
Vous désirez, messieurs de l'audience.
Savoir quelle est cette fille descieux?
Elle a , dit-on un bandeau sur les yeux Et dans ses inain« un ijlaive, une balaiSce: A ce tableau re<onnai.s^ez lliéniis.
Qui , des mortels redoutant la licence, A dans le ciel fixé sa résidence:
Mais qui par loi* quitte ces b; aux lambri* l'our noH-i prêter un inrinent sa balancé. Si vous doutez, écoulez sans ennui, Si vous pouvez, cette jetiie hi^toiie:
D'un moine !;rec. pre.sent à ma mémoire. Je liens le fait : po r vous plaire, aujourd'hui Je l'ai paré d'un vei'uis poétique:
Or vous savez que sons ce beau vernis On laii passer, comme dans la nmsif ue, Mainîe so'lisc el maints pauvres écrits... C'esi dans Ba;('a(l, ville qui dans l'Asie Levait un fr.nl suierbeet i;l licuXj Qu'est ariive le fait que je publie.
Cn .Musulman, boii:u.e simple et pieux, ^■ouiant bicnlot, sdou un saint usaf,e.
Faire ."i la Meiqiieun Innj; pelerinaje, Alla trouver un sa-nl de la ciié.
Un vieux dervis, de qui la pieté tnibaïunait lair de loul le voisiiia,';e; En l'al)orelant , il liii dit . ■ !■ ils d'Allah , loi que te ciel couvit de son oinbrajje, Je pais demain , i I» Mecque ^e va Fa're un pieux et peu ble voya e.
Enfin je viens c'é n er dans les n ains Ce petit sac. on .sont deux retris sefinins. Les fruits heur, ux de inon économie; Lu Iravaillani toujours l'homuie sensé Sur l'aveuii- doit avoir 1 œil fixé Et des f( urini.s iuiiier le j;eijlB; Carie nii i bien e e ; éruie ama.sé.
— Oui, chtr (i^-inin! dans un ( o'fre dé chéM Double de er, je vais l'tn.-evelir.
Ah! qn' I e.-il beau le zèle (pr t'cntraine! De q el bonheui'. Osiiiin, ui vas jouir ( uand lu verras celle viPe sacrée, Dn monde en ier des an;;es révéï'ée, Vil'edU lia init le père des cioyans. Envi oune de lorrens de lumière i »
O min quitta ce pieux .soliiaire, .In veux de voir sa 'or: une lé.iere D.iiis un lion port à l'abri desaulans. Le .'eiidenain, le Koia-i jimir b,){;a;;e. Sur son ch me, u pour lu irîecque i! p rtit An point du jour. Pend '.il tout le voyage, F'i'ii , jeOna , de pain sec .se nourrit : Oi est plus chaste el plus libre d'esprit Quand l'estoin c a peu de i ouri iture. Lorsijne la v ille ii ses rep;: rds s'of r t. D'amour, di- joie et decra nie interdit. Il de.-^cendit soudjin de sa iiKUilnre, Se pros'erna trois loscn gémissant, Fr.qvpadu front celle lerre immortfile Et dans l;i Mecque entra d'un pied tremblant. Le jour d'après, qcand 1 1 urore nouve.le D'un irait du jour éclaiiait i'orienl.
Il fit sept fois le toirde la ch pelie, La Kacba , si chère au vi ai fidèle ;
CO-NTKS.
Puis, tout vêtu, se jeta daus un puits,
Ce puils qu'un ange avait montré jadis
A celle Agar, épouse débissée
Par Abraham et de son lit chassée:
Ensuite Osmin , de plus en plus ardent ,
Alla baiser la pierre soulerraine.
Blanche aulrefois comme un cyjne éclatant;
Mais aujourd'hui , |)ar le baiser tréqueut
Des fils d'Ali, noire comme lebene;
Tel autrefois, par l'ordre d'Apollon,
Le corbeau bl.inc comme un lis près d'éclore
Devint sur l'heure aussi noir qu'un charbon,
Tel qu'en nos liois nous le voyons encore.
Après avoir ainsi, soir et matin,
Pendant huit jours, jeûné, fait sa prière,
Lavéses bras, bai.sé la sainte pierre,
Osniin nionia sur son fjrjnd dromadaire
Et retourna par le même chemin.
Sitôt qu'il fut reniré dans sa patrie,
Qu'il eut de cœur embrassé ses amis,
Sa bonue femme et sa fille chérie.
Vite il courut au logis du dervis
Pour retirer sou or, sa douce joie.
Il le trouva le Koran à la main,
Le méditant ; sitôt qu'il vil Osmin,
Il s'écria, d'un ar doux et serein:
«Ah! cher ami I quel bon au;;e t'envoie?
— Je viens, dervis, i étirer lessequlus,
Qu'à mon départ je remis eu tes mains.
—Tu vas mener et douce et sainte vie,
Et puis un jour dans le beau paradis
Tu jouiras des baisers des houris.
— C'est mon espoir; mais rends-moi, je te prie,
Jles beaux seqnius, le dépôt qu'en partant
Je le remis. —A moi! sur ma parole,
Daus ma maison je n'ai pas une obole:
Pour secourir le pauvre .Musulman,
Chacun ici m'api orle son argent:
Pris d'une main , de i'aulre je le donne.
Ah ! cher Osmin , quelle (fuvre que l'aumône!
Qu'on est heureux de iaire un peu de bien!
Je me crois riche alors que je n'ai rien. •
Osmin eut beau prier cet hypocrite.
Il répondu : ■ Je remplis mon devoir ;
Par .Mahoini't l'aumoue m'est prescrite. »