SCÈNE III
RICHARD , MELCOEDR.
Pardon , mon cher Melcœur :
Je demande une grâce ; elle me sera chère, Et je laileuds de vous.
UELCOEGR.
Vous comblez mon espoir .
Lié par vos bienfaits...
RICHARD
Ah I supprimons ce style; Votre femme est ma nièce, et j ai fait mon devoir En vous offrant ii a maison pour asile.
UELCOKUR.
Les soiiîSjla générosité...
RICHAKD.
Vous n'étiez pas heureux : je ne pouvais mieux faire. Mais laissons ce discours. Votre fille m'est chère : Ses grâces, son e.'^pril , son ingénuité
Se déployani avec son â;;e, lies charmes les plus doiix ont parc sa beauté.
lUMCOIl'R.
File (st l>ien , on le dit; mais ce frêle avantage...
RICHARD
Écoulez un projet cjui me parait très sage:
Je veux, par un li\nun(|ni doit flatter son cnur,
Couronner ses venus et hâter son bonheur.
UELCOEIIR.
Je vous réponds de sa reconnaissance.
Mais quel est cet époux que vous avez choisi ?
RICHARD
C'est un sujet d'une haute espérance.
Que j'estime, que j'aime; en un mot, c'est Dolcy.
lUELCOEUR.
Qui, cet Italien?
RICHARD
Lui-même.
Mon conseil , mon ami.
MEICOECR.
Ma f urprise est extrême !
RICHARD
Pourquoi cela ?
MELCOFUR.
Cet honime-lii n"a rien ; Vous l'avez accueilli et logé , c'est fort bien.
Il se mêle de vos affaires; Je ne sais pas pourquoi.
RICHARD
Pour m'obliger.
tlELCOEUR.
Oui-dà!
RICHARD
Vous connaissez d'ailleurs ses talens, ses lumières, Son zèle, sa douceur; avec ces moyens-là Au-dessus de sa sphère on s'cleve hien vile. Je vous réponds qu'il parviendra.
UELCOEUR.
Cela se pourrait ; mais..
RICHARD
De plus, à son mérite 11 joint de la naissance : on connaît les Dolcys ; Et quant à sa fortune, au moins en apparence, H n'est pas sans moyens; tou.ours paré, bien mis...
MUCOEl'R.
C'est iJ vraiment ce dont je suis surpris. Ce n'est pas que je veuille , épris de l'opulence, Ke calculer que l'or dans le choix d'un parti. Non : la vertu, les iniiurs, voilà pour ma Sophie Les titres que je veux. A l'égard de Dolcy, Je vois entre i.ous deux nés peu d'analogie; Son esprit , son langage est toujours apprêté.
RICHARD
Son esprit est orné par la philosophie.
lUEICOErR.
Il est flatteur : signe de fausseté.
RICHARD
Vous êtes prévenu ; croyez-le, je vous prie, Car depuis quinze mois qu'ici je l'éludie. Je n'ai pas reconnu qu'il m'ait encor flatté.
F.E FLATTEUR
MELCO!'.! K.
Il me traite vraimenl avec plus d'indulgence; Il me faligue h force de fadeur.