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CHAPITRE XXVUl

Usage des pythagoriciens au lever du soleil. Maximes de Pythagore.

Cependant , dès que le premier trait du jour blanchit les bords de l'horizon, nous vîmes arriver Xénophane; nous examinâmes sa marche. Il alla s'asseoir sur un banc de gazon , la face tournée à l'orient ; il prit sa harpe , et chanta des cantiques sacrés : dès qu'il aperçut le disque du soleil , il se prosterna devant lui et l'adora. Je l'abordai et lui demandai le motif d'une telle cérémonie. « C'est , me dit-il, un rite de la religion de Pythagore ; nous devons prévenir l'apparition du soleil, chanter ses louanges, et l'adorer dès qu'il parait ; nous devous aussi dans ce moment passer eu revue les actions de la veille, ensuite nous rendre aux temples, ou dans les lieux solitaires, pour nous y livrer à la méditation; après quoi nous allons converser avec nos ajnis et faire un repas très sobre, pendant lequel nous discutons quelque sujet de politique ou de philosophie ; nous donnons le reste du jour à la société. La soirée est employée, comme le malin , à la promenade, aux réflexions, et nous terminons la journée par un repas moins frugal que notre déjeuner ; car dans ce souper (luelques-uns de nous se permettent parfois un peu

de vin et de viande Mais je n'ai point oublié que je

vous ai promis quelques détails sur l'Egypte. Je vais vous conduire dans une petite chapelle que j'ai élevée à la déesse Isis, ou plutôt à la nature. Elle est dans le bois voisin; nous y jouirons de la fraîcheur et du silence. ■ Celle chapelle était ronde, revêtue de .stuc. Le jour y pénétrait par trois ouvertures ovales. La statue d'Isis était de porphyre ; elle occupait le centre. Sur son piédestal ou li.sait cette inscription :

".le siii.s tout ce qui a été , ce qui est , et qui sera ;i jamais. 1 1

• n'y a point encore d'homme mortel qui ait pu m'ùter le voile

• qui me cache. •

Sur les murs on avait gravé plusieurs maximes de Pythagore :

• Le plus beau présent que Dieu ait fait à l'homme , c'est de

• dire la vérité et de rendre de bons offices; ces deux choses «ressemblent aux œuvres de Dieu. ■

« Lisez , nous dit Xénophane , celle qui est en face ; elle me parait une des plus belles :

• N'ayez jamais besoin de sermens, ni d'appeler la Divinilé «en garantie de vos promesses; mais donnez une «i bonne

• opinion de votre probiti?, que vous soyezcru sur votre parole. »

— Celle-ci, m'écriai- je, me paraît bien touchante :

• Lorsque je suis avec mon ami, je ne suis pas seul, et nous «ne sommes pas deux. •

— Asseyons-nous sur ce banc, dit Xénophane, et prêtez-moi une oreille attentive

VOYAGES D'ANTÉNOR

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