A UN MAGISTRAT
O V ous qui tenez dans vos mains De Tliémis l'austère balance ; Dont l'équité, chère aux humains.
Pèse leurs droits avec prudence ; El qui, de plus tou;ours épris Des fleurs des ri\es du Permesse, Les cultivez avec sagesse , Et les semez dans vos écrits ,
POÉSIES
Veuillez accueillir cVun souris Ma requête 1res peu fi'ivole.
Le dieu des vers nravail promis, En se disanl de vos amis, De m'inspirer ce que j'écris ; L'ingrat m 'a manqué de parole.
Mais , pour alircger votre ennui , J'oserai commencer sans lui.
Un mien neveu, jadis chanoine.
Chantait déji très bien au chœur.
Et vivait heureux comme un moine , Sous les portiques du Seigneur. ' Quatre lustres formaient .son âge, Alors que le vent de l'orage Vint déloger notre docleiir , Qui n'emporta dans sa douleur Que son bréviaire pour bagage.
Plus à plaindre dans son malheur , Que feu Marius à Carthage , Le pauvret était sans ducats ; Et sans argent on devient blême , On fête mal le mardi gras.
Et l'on est toujours en carême ; Et mon neveu très délicat.
Qui n'a plus d'offices à dire.
Voudrait du moins servir l'État.
Quoi(|ue chanoine, il sait écrire ; Veuilles donc d'un ccrur indulgent.
Par un emploi le melire à même De faire briller son talent ; Et nous prirons l'Élre .suprême De vous loger en paradis.
Un jour, après votre centaine, Non près d'Ignace et de Denis , Mais à côté de Madeleine.