‹ Œuvres complètesChapitre 375 sur 416 · A MADAME LA PRINCESSE DE S · texte numérisé non relu

A MADAME LA PRINCESSE DE S

Ce malin j'ai frété la barque Que gouverne le vieux Caron , Et sitôt que la vieille Parque Aura filé mon peloton , Je descendrai sur le rivage Pour m'embarquer dans le bateau , Si ce n'est moi . c'est mon image Qui ne craint pas de passer l'eau.

Deva .t lejuge Rhadamante Et son cher collègue Minos , Je paraîtrai bouche béante Prêt â répondre , en f|uaire mots , A leur demande iinperl inente, Sur les péchés, petits ou gros.

Que ma nature pétulante Souvent commit mal â propos.

Je leur dirai sans verbiage ; " J'ai fait l'amoui' dans le bel âge Et mi^me encor dé'à barbon , Ce fut là mon péché mignon; Comme Zéphir, je fus volage.

Je fus tromp'^, je fus trompeur; Mais, hélas ! ma plu.s grande erreur, Ce fut d'avoir, sans feu, sans verve.

POÉSIES

La nuit , le jour , malgré Minerve , Osé rimer de médians vers, DonI je demande à l'iinMers, Si tant est poiirlanl qu'il me lise, Très humblement ici pardon.

Messieurs, je parle a\ec franchise El même aver eonlriiion. »

Puis, au sorlir de l'audience De ce Irilninal redouté , Jccouriai boire en dil'p.ence Un verre on deux d'eau du Léthé, Pour effacer avec celle onde.

De mon esprit, de mon cerveau.

Ce que j'ai vu dans ce bas monde.

HelasI j'ai vu sur niainl iraileau, Se démener dame .Nntii.se , Bien des enfans ù barbe i;rise, Des fous , des sols de tous pays , D'erreurs , de préjugés nourris ; Mais ce miraculeux breuvage.

Croyez-moi, jamais de mon cœur N'effacera l'heureuse iiiia;;e.

Le souvenir doux el flâneur De celle aimab'e Polymnie, Dont l'amitié , dont la bonté, Embellit ma pénible vie De jours pleins de félicité.

A M. L'ABBÉ A***, Rédacteur du Journal de V Empire.

Par Jupiler, sr^ce, mon cher censeur.

De meslalens jeconi:ais la la blesse; Si j'ose errer sur les bords du l'ermes.se, IS'accu.sez pas ma vaniié d'aulenr.

Je ven>; jouir de l'Ofic qui me presse, Ciie'Ilirsans bruil une inodcsle fleur.

Helas! ni vous, ni moi, veuillez m'en croire. Ne .sommes laits pour aller i la 'jloire ; Consolon.s-nons , marchcns loul doucement. Caches dans l'ombre, au leruie de la vie; Soyons humains M'iiomme dur, le méchant, EM un hibou qui vil bien tristement. Prenez uii peu de ma p'uilosnpliie ; Eh quoi! ce mol >cus fait jïriucer des dents! Cà , calmez-vous , el reprenez vos sens. De mes avis permellez la franchise ; Chacun vous dil vain . colère , envieux , C'est un 5rand ion dans un homme d'église; Eh bien . demain prenez une once ou deux De l'élixir nomm' philo-ophiqiie; Je vous réponds qu'avant le mois échu 'Vous deviendrez bénin el pacifique Comme un mou:on nonv.'llemenl londu.

Mais, las! lonjonrs le hibou, la corneille, Allrisieronl de leurs lu ;ubcis >ous; Toujours la gnépe insnlicra l'abeille, El chaque sicle aura (juelques l'"réi'on,s. Adieu, l'abbé, Ikrbèiedu l'ermesse, Je m'en vais lire et Candide ei Memnon; Si quelque jour vous red'ies la messe, Veuillez prier pour ma conversion.

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