C.heril encor l'heure ix mensonge
Doni la bercail nu doux .'OïDineil.
Ouvrez les yeux : non , la nature
IN'a pas perd.i de ses couleurs.
On voii encor sur la verdure
Briller l'émail des jeunes fleurs :
Celle naïade si chérie
Dans ce vallon se plaii toujour.s ;
Et sa fraîcheur, sur la prairie ,
Invile encore les amours;
Le ciel est pur. l'air est Iranquille,
Du rossignol leschanls légers,
Chacmeni encore cet asile,
Et du prinleuips le dieu facile,
Sourit eneoi e ii nos vergers.
L'Amour n'a poini quiité vos traces,
El malgré sa inobililé ,
Il est loujours auprès des Grâces.
Mais cet Amour, enfant gâté,
O.^e, dil-0!i , rire des belles.
Qui jurent de longues ardeurs :
Le pelit traiire n'a des ailis
Que pour voler \ers Ions les cœurs.
Vit-on jamais l'a inabic enfance
Suivre long-temps les mêmes jeux?
L'Amour , en ani capi icieux ,
S'endnri auprcsde la Constance.
Voyez ce berger forluué
Que le plaisir des fleurs du Gnide
Depuis Ion vlenips a ronronné :
Penche sur le sein de Zélide,
Il e.'l disirail, sombre, rêveur.
Le doux baisir quelle lui donne
Ranime à peine sa tiédeur;
Z lide mcuie, elle.s'élonne
De languir si prés du bonheur.
Mais regardez ces irails de flamme
Qui s'élaiiccnl des yeux d'Alis;
Quels Iraiisporls a,;i:enl .son âme,
Depuis deux jours qu'il voit Doris :
A .ses genoux il brille , il presse.
Il respire la volupté;
Son àme nage dans l'ivresse,
POESIES
Ail rang des dieux il est monté,
Heureux auiaus, fêlez b'cn vile
Le jeune Autour quand il sourit;
Ce dieu, souvent au uiènie yile,
Ne passe pas plus d'une nuit.
Bientôt le temps, par qui dut resse,
Va inoissonnei' et jeux et l'is,
Plus de désir , plus de caresse,
La inain de la Iroide vieillesse
Ferme le leniple de Cj pris.
Mais vous, quand Vénus refine encore ,
Qu'elle vous ouvre ses bo.^quels ,
Pourquoi dans le sein des rejrels
Laisser tléirir les dons de Flore?
Ces jours charnians vont expirer.
Sous ce berceau l'Amour t'appelle :
Viens, ma Zelis, viens me jurer
De ne jamais éire infidèle :
Viens, je recevrai !o . serment.
Et pui.sses-tn dans ce moment
Où s'éclipse l'âme enHaunuée,
Me presser sur Ion sein brillant ,
Et t'écriei- den.i pâmée :
Le bon billet qu'a mon amant!