‹ Œuvres complètesChapitre 407 sur 416 · C. tait Iris, fille de la lumière · texte numérisé non relu

C. tait Iris, fille de la lumière

• Va. cours, dit-elle, avec rapdité

De vers la lene, et, parmi trois mortelles

Choisis, pour moi, trois vierges des plus belles;

Je veux , surtout , qu'aux traits de la beauté,

Chacune unisse une sagesse extrême,

Et de l'allas l'austère chasteté;

J'en veux orner ma cour, et le ciel même. »

Iris partit à cet ordre suprême.

Et dans les airs déployant ses couleurs ,

Promet la paix, les beaux jours aux pasteurs;

Elle traverse une î;raiide comète ,

Marseï la Lune autour de nous roulant;

Al rive lot sur notre humble planrte.

Cherche par tout, du Gange à l'Fridan,

Et trouve enfi-i, dans le fond d'un village ,

Les trois beau:é< que dé.sirait Junon ,

Toutes les trois d'humeur un peu sauvage,

Et pour Venus plci/ns il'tiirr^ioii;

Belles, d'ailleurs, à la tleurdu bel âge.

Elle retourne aux célestes lambris.

«Cjuni! di Junon . 1111 sont donc ces trois belles?

Te voili seule, aiu'i tu m'ubris?

Quoi I tu n'as pu me trouver trois mortelles

Héuni^-saiil et sagesse el beat lé?...

— l'ard'mnez-moi; dans un bourg écarté.

Sons l'humble toit d'une retraite obscure. J'en ai vu liois de charmante figure , D'humeur sévère, et, regardant l'Amour Comme l'riignc icgnrtie le vanttmr; Mais je n'ai pu , malgré ma bonne envie. Les amener. — Et pourquoi , je te prie ?...

— i\tercure. hélas! toujours leste et fripon. M'a précédée et me les a ravies.

— l'iuton!... quel conte! et pour quelle raison ? (Jnt veut il faiiT , aux bords de l'Achéron ,

De ces beautés laioucbes? — Des Furies. •

MES SOUVEMKS.

Je m'en souviens, jeune, j'aimais la gloire. L'habit guerrier, la cocarde au chai)eau ,

PIÈCES FUGITIAES.

El ne rCvant que balaille et vicloire , Sous-lieuieuani , je joignis mon drapeau.

Déjà j'((aisou Villars, i n Tnrenne; Mon nom fi-appail les oreilles du loi : Je eouiliallis, espérance II op vaine!

Aucun journal ne lui parla de moi.

Un Ira'l d'amour, l'iiiver, blessa mon âme,

II me pi(|uail pour la première fois.

Connue j'aimais! quels Iran-ports! ruelle flamme!

O jour heureux ! j'étais le roi des roi.s.

Dans l'univers quelle mélamorphose !

Éfilé pour moi lui la diunilé :

L'éflat du lis, la Iraîtheur de la rose, Toul pilissail auprès de .'a beaulé.

Ce bel amour finit sans récompense ; Un jeune époux fut par elle avoué.

Je le maudis; anjoind'hui quand j'y pense, Je lui sais gré du tour qu'il ma joué.

Dans les filets d'une .Tutrc Cylhfrre; Je retombai ; je connus le plaisir.

Mais ma Vénus voulait être adorée Trop vivement : Je faillis d'en mourir.

Heureusement la trompette gui rrirre Sous les drapeaux alors me rappela ; Des pleurs amers bai;;nt''renl ma paupière, Bien pluscncor ma belle Iris pleura.

Mars apaisé, la paix douce et riante Du haut du ciel ramena les amours ; Je pars, je vole aux pieds de mon amante, Je vois de loin renaître mes beaux jours.

Mais mon Iris, fille de la Prudence, Pour occuper le vide de son crrur, A mon emploi, pendant ma lon;;ue absence, Avait nommé mon heureux successeur.

Pour me venger de ce .sexe infidèle, A deux beautés j'adres.sai iiioi) encens. L'une des deux , hélas ! me fut ci uelle; Tel cas arrive à maints honnêtes gens.

Mais un beau jour, une triste manie Vint me saisir dans le .sei'i du repos; Et malgré moi, tourmenté par Thalie.

Je fis un drame en vers très inégaux.

Le drame fait, haletant pour la gloire. Je le portai chez l'acteur Dorival , Qui le garda trois mois dans .son armoire, Auprès d'un pot de rouge vé;;étal.

Enfin brilla lejour deramlienre;

Au grand tripot , tremblant , j'ai comparu :

On m'écoula d'un airde ^apience,

Et l'on me dit : votre drame est reçu.

Me voilà donc , de général d'armée , De maréchal devenu mince auieur.

Espoir, projets! vous n'éies que fumée, Et l'avenir est un livre trompeur.

Après trois ans d'une pénible attente, Et de longs vœux , météore nou\ eau , Je m'élevai sur la .scène bruyante; Aucun sifflet ne troubla mon cerveau.

Le cœur sédnil par ce rayon de gloire. Je m'avisai de produii'e .'/nlciior.

Et monsieur A. , tous les j urs après boire, Me maudissait , moi, mon auvreesl Phanor

Pour adoucir les doien'es piqi'i.es, les coups de bec de i e bon monsieur A , Mon cirur brûlant des flainires les plus pures, Au dieu d'hiincn doucement s'adressa.

J'offris ma main J la belle Amarante, Qui , l'acreplaiit , de son ca-iir me fit don. Hymen ! je bus dans ta coupe riante, Où l'époux boit sans perdre la raison.

Mais le soleil , â peine sur la terre, Avait deux lois ramené les i rimas, Qu'il me Fallut d'une épouse si chère Ouvrir la tombe, el pleurer lu trépas.

La cour enfin , d'une croix militaire Récompensa mon ser\ireet ii:es vœux; Helas! bientôt la horde populaire Me la ravit.... L'honneur blessait ses yeux.

Ainsi tout pase. el la gloire elle-même S'evano il ; Inul est songe ici-bas.

Jusqu'au moii.eiit de noire heure suprême, IVous rêvons tous, sujets et potentats

Plus sage enfin , dans un réduit champêtre, Je vais jouir de mon obscurité.

J'y graverai ces mois d'un très grand maître : • Toute.^t, hélas! .sottise el vanile.»

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