ODE
O toi! l'unie de la naliu-e.
Source de délice el de pleurs, Vénus, venge-nioi d'un parjure, Frappe, partage mes. fureurs:
El vous, IVIégèrc, Tisiphone, Du Styx p,îles divinités, Sur le Iratlrc qui m'abandonne Lancez vos serpeus irrités !
Que le vautour de Promélhéc El ronge et dévore son cœur !
Et que iion ombre louinieulée Lasse l'enfer de sa douleur !
Hélas ! que dis-je I û Cjlhérée !
Non , non , épargne mon amant :
Par le désespoir égarée.
Je !(ï maudis eu le pleurant.
Qu'il vive heureux-, s'il esl possible,
S'il |)eul oublier nos amours;
Si du remords le cri terrible
Ne poursuil pas ses tristes jours !
Mais moi, grands dieux, dont l'existence Ressemble au jourd'uu sombre hiver, Oui devant moi vis l'espérance S'enfuir plus vite que l'éclair;
IVIoi, Hlle, amante infortunée.
Dans l'âge heureux du doux plaisir!
Par les dieux même abandonnée, Il ne me reste qu'à mourii'
Et loi mes amours, ô ma lyre , Douce compagne de mes jeux.
Repose-loi : ma muse expire ; Reçois ici mes longs adieux.
iVltiurons , allons au noir rivage:
Heureuse si , dans mou ennui , De Phaou emportant l'image, Je peux aux morts parler de liu.
La leclure achevée, nous montâmes au tombeau de celte infortunée ; nous y jelftmes des fleurs , finies des libations, adressâmes des prières à son ombre, et la recommandâmes aux dieux Mânes. Nous appriiues depuis que les Mitylénieu.s, ses compatnoles, avaient fait graver son portrait sur leurs monnaies. INous primes congé des deux Sicyoniens, qui nous quittèrent pour retourner dans leur patrie, guéris de leur passion, et sin-tout de l'envie de faire le saut de Leucade.