CHAPITRE LV
De l'Oracle de Delphes. Description de la ville et du temple. Prodiges. Histoire.
La ville de Delphes, située .sur le penchant du mont Paruasse, se présente en amphiihéâire. On distingue de loin le temple d'Apollon Pythien , bâti sin- une montagne couverte de statues de bronze . la plupart revêtues de lames d'or, dont l'éclat nous éblouissait; la montagne étincelait de feux. JNous apprîmes que la Pythie ne prophétisait qu'une fois le mois, à certains jours appelés heureux 78 .
Nous logeâmes chez le nommé Amynior, lionune très pieux , et non moins crédule 11 adressait des prières aux dieux , au coucher et au lever du soleil et de la lune. 11 assurait (|uelesoracles d'Apollon étaient infaillibles. Ilnoiis conta que Crésus , roi de Lydie , avait envoyé des députés à Delphes, avec ordre de demander à la Pythie ce qu'il faisait à Sardes tel jour et à telle heure. L'oracle répondit en vers ; Je connais les graini de sable et les bornes de la mer. Je comprends le langage du muet. J'entends la voix de celui qui ne parle point. Mes sens sont frappes de l'odeur d'une tortue qu'on fait cuire atecde la chair d'agneau dans une chaudière d'airain. Les Lydiens rapportèrent cette réponse au roi Crésus , qui , frappé d'étonnement et de respect, avoua qu'au jom' convenu . pour embarrasser l'oracle , il a\ ait imaginé de faire coniM-r en morceaux une tortue et un agneau , et de les faire cuire dans un vase d'airain. Une autre fois ce roi consulta l'oracle pour son fîls , jeune homme orné d'heureuses (lualités, mais nmet de naissance. La Pythie lui répondit ; Jnscnsc Crésus, ne souhaite pas d'entendre la voix de ton fils : il commencera de parler le jour oit commenceront tes malheurs. Cet oracle ne fut qite trop ^ rai. Le jour de la prise de Sardes , un soldat fondait l'èpée à la main sur Crésus, qui , la.ssé de la vie, n'opposait aucune défense. Le jeune prince , à cet aspect , saisi d'effroi , fit mi tel effort , que l'organe de sa voix se d: veloppa tout à couj) : • Soldat , s'écria-t-il . ne tue pas Crésus ! » Tels furent ses premiers mots; et il conserva la faculté de parler le reste de sa vie. Mais le miracle le plus étonnant d'.Vpollon est celui qui détruisit l'armée des Gaulois, commandée par Brennus. C^ chef barbare fit une irruption dans la Phoride, et, après avoir baitu le Phocéens, marcha droit à
Delphes. Les habitans, consternés, consultèrent le dieu , qui leur déclara qu'ils n'avaient rien à craindre. En effet , les Delphiens, ayant reçu des secours, présentèrent la bataille à leurs ennemis. Dans ce moment , Apollon manifesta sa colère contre les barbares : la terre trembla sous leurs pas ; leur camp ébranlé menaçait de les engloutir : les éclairs embrasaient l'atmosphère; les tonnerres multipliés roulaicut avec uu fracas épouvantable; a foudre tomba fréquemment sur eux , et une exhalaison enflammée dévorait les soldats et leurs armes. On voyait dans les airs les anciens héros de la Grèce animer les Delphiens et combattre les Gaulois. La nuit leiu- fut encore plus fatale : il tomba des torrens de neige tpii causèrent un froid des plus rigoureux; et comme si tous les élémens avaient conjuré leur perte , de grosses pierres , des rochers entiers, détachés du mont Parnasse , roulaient dans leur camp, et écrasaient treute ou quarante hommes à la fois. Les Phocéens, profitant de ce désordre, les attaquèrent et les mirent aisément en fuite.
Amyntor était si convaincu de la vérité de ces prodiges , que le moindre doute de notre part l'aurait offensé. Le leudeuiain de notre arrivée , il nous conduisit au temple '. 11 nous apprit en chemin que la première chapelle du dieu fut faite avec des branches de laurier coupées à Tempe. Ce temple était d'abord une espèce de cabane ; on prétend qu'il fut ensuite bâti en cuivre , que la terre s'ouvrit et l'engloutit. Enfin les amphictyons l'édifièrent eu pierres , tel qu'on le voit aujourd'hui. On monte par quatre avenues bordées de platanes. Le nombre des statues est iuunense : on y voit tous les héros , les dieux, les demi-dieux de la Grèce, exécutés par les plus grands maitre.s. Des athlètes, des chevaux, des victoires, achèvent de remplir cette vaste enceinte. Entre autres statues, nous révérâmes celles de Codrus et de iMiltiade. L'édifice du temple est carré, bâti d'une très belle pierre. Dans l'ime des quatre faces est le logement des prêtres : la statue d'Apollon s'élève au milieu de l'enceinte intérieure. Le frnntisiiice est de marbre de Paros. On y lit cette inscription du sage Chilon qu'on y a gravée : Connais-toi toi-même.
On trou\e à l'entrée deux fontaines de marbre, dont l'une s'appelle Castalie; .ses eaux fraîches et pures roulent en cascade sur la pente de la montagne. Ces deux fontaines remplissent de grands bassins , où les prêtres et ceux qui veuleiu consulter l'oracle vont se purifier. Le vestibule est décoré des tableaux les plus précieux. On y voit une Infinité de va.ses de toutes les formes ; les unes contiennent l'eau lustrale, et les autres uu mélange d'eau et de \in pour les libations. Le pieux Amyntor nous fit remarquer plusieurs sentences écrites sur les colonnes, entre autres :
Personne n'entre ici , s'il n'a les mains pures.
. Ou ■> voulu dite pleines ■• , me dit tout bas Phanor.
Comme il était encore de trèsgraud matin, nous trouvâmes le temple désert ; un seul prêtre le gardait , et le balayait avec uu rameau de laurier, coupé auprès de la foutaiue de Castalie. • Un des prêtres, nous dit Amyntor, se lève tous les jours avec le soleil pour remplir ce uiims-
' Les temples des anciens étaient une vaste enceinte entourée de murs qui renfermaient des cours, un bocage , des pièces d'eau . quelquefois des logemens pour les prêtres , et le sane Inaii-e ou temple, où ks prêtres seuls pouvaient entrer.
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tére : suivons-le. Regardez : il attache des eoiiroiines de laurier sur les portes, sur les uuu-ailles: il eu met sur les autels, autour des trépieds : il va niaiuleuant puiser de l'eau avec des vases d'or dans la foutaiue de Casialie. Le voilà qui revient ; il asperge avec cette ui^uie hranclie le pavé, les murs, les portes du temple. » Lorsqu'il eut achevé ces divers exercices, il prit un arc, des Hèches, pour chasser les oiseaux qui s'arrêtaient sur les toits et sur les statues.
Dans ce moiuent un des prêtres nous aborda pour nous offrir ses .services ; nous le remei-ciàmes. Mais Amyntor nous dit à l'oreille qu'il ne faisait que sou devoir, et que c'était uu des ministres ehaii;és de montrer aux étrangers les beautés de la ville et du temple. Les trésor.s de celui-ci sont incalculables. Les rois, les particuliers qui sollicitent des réponses de l'oracle, envoient de toutes parts des vases, des trépieds ', des fioles, des statues, des cratères et des lingots d'or. Phanor, en voyain cette profusion de i-ichesses , ne put s'empêcher de me dire tout has ; . Le beau coup de tilet qu'on pourrait faire ici ! Les dieux u'oul besoin ni d'or ni d'argent; il ne leur faut que de la fumée. — Mais les prêtres, répondis-je , ne vivent pas de fumée; 79;. »
Celui d'Apollon nous fit remarquer sur le fronton du temple les figures de (.atone, de Diane , d'Apollon, des Muses , du Soleil couchant , de Bacchus et des Tyades. On voyait aux chapiteaux des colonnes des boucliers d'oisuspendus, monumens glorieux de la victoire de Marathon. « Ce trépied d'or soiUcnu par im dragon de fer, nous dit le prêtre, fut consacré à Apollon par tous les Grecs réunis, après la bataille de Platée. Ce loup de bronze qui est auprès du grand autel est une offrande des habilans de Delphes. Un scélérat pilla le trésor du temple, et alla se cacher dans l'endroit le plus obscur du mont Parnasse; il s'y endormit. Un loup le mit en pièies; cet animal, depuis, entrait toutes les nuits dans la ville, et la remplis.sait de hnrlemens. Cette apparition assidue parut surnaturelle; on le suivit, et on retrouva le trésor. Enménioire de cet événement, cet animal, figure eu bronze, fut consacré à Apollon.
• Voilà, continua le prêlre, les statues de Biton et de Cléobis, fameux par leui- piélé filiale et leur force prodigieuse. Voici leur histoire. On i-élèbre tous les ans, à Argos , une fête en l'honneiu- de .hinon. Une procession brillaïue et nombreuse, précédée de cent bœufs parés de guu-landes, destinés aux sacrifices et aux repas des assislans, marche solennellement depuis la ville jusqu'au temple de la déesse ; de jeunes Argiens , couverts d'armes étincelantes, suivent et protègent cette pompe; en ari-ivanl, ils déposent leurs armes sur l'autel. La grandeprêtresse ferme la marche . montée sur un char attelé de deux boHifs superbes et éblouissaus de blancheur.
■Cy<lippe, mère de Biton cl de Cléobis, alors grandeprêtres,se, avait vu défiler la procession, et les bn-ufs qui devaient la traîner étaient encore aux champs L'heure pres,sait, la prêtresse se dé,s<ilait. Les deux frères, énnis de sa douleur, s'attellent eux-mêmes au char, et le traînent jusqu'au tenqile, distant de quarante-cinq stades -. Cydippe y arriva Irioniphante, au milieu des cri.s, des trans-
' Le trépied était un vase i trois pieds. Il y en avait de deux sortes : les uns .senaieni aux festins , dans lesquels on niêlange.nl rean et le vui ; dans les autres im faisait chauffer l'eau.
- Vue iii'ue cl trois quarts.
ports de joie et d'admiration qu'excitaient la piété des deux frères et le bonheur de la mère d'avoir de tels enfans. Celle-ci, pleurant de tendresse et de joie, debout aux pieds de la statue de Junon , la pria d'accorder à ses fils la plus grande félicité que pût obtenir un mortel. Après le sacrifice et le festin , les deux jeunes gens s'endoriuii-cnt dans le temple , et ne se réveillèrent plus. Les dieux prouvèrent par cet événement que la mort est le terme fortuné de la vie. Les Argiens, regardant Biton et Cléobis comme les favoris des dieuï , firent élever leurs statues dans ce temple. •
Amyntor et le prêtre, en nous montrant les statues, nous racoul aient plusieurs de leurs miracles. Celle-ci avait roulé les yeux ; celle-là avait parlé; cette antre avait fait un .signe de tête; une autre, assise, s'était tenue debout pendant ime heure. J'en vis une autre sans yeux. «C'est, me dit le prêtre, celle d'un Spartiate; les yeux lui tombèrent deux ou trois jours avant sa mort. Tous ces prodiges, affirmait-il, sont de la plus grande autheutieité ; mille témoins les ont vus. » Ce qii'-Vniyutor appuyait de toute sa persuasion.
Nous examinâmes la statue d'Apollon; el était d.or, et le travail .sur))a.s.sait la matière. Le prêtre nous apprit l'origine de l'oracle. « Des chèvres errantes sur le mont Parnasse approchèrent d'un soiqiirail d'où s'exhalaient des vapeurs méphitiques; elles eurent des convulsions, se mirent à sauter, à danser avec l'air de l'ivresse. Ou s'apercul de ce prodige; des hommes voulurent eu faire l'essai. On les vit aussitôt sauter, caracoler, faire des contorsions; ils proférèrent des paroles vagues et sans suite: ou les recueillit. On trouva que c'élaient des prédictions, et l'on ctuiclutque les vapeurs de l'antre étaient le souffle prophétique des dieux. On édifia le temple sous le .soupirail qui est placé au loud du sanctuaire ; et c'est sur cette ouverture qu'on met le trépied ou la cortine sur laquelle moule la P\thie.
« Venez voir, nous dit-il, la roche d'Hyampéia, d'où fui précipité É,sope, si renommé pour ses fables. Crésus l'avait envoyé ici , chargé d'or, pour offrir lui sacrifice magnifique à Apollon, el distribuer quatre mines à chaque Delphien. É.sopc, méconteni d'eux, fit le sacrifice, et renvoya l'argent à Sardes. LesDelphicus, irrités, l'aceuscrcnt de sacrilège, el le condamnèrent à ce supplice. »
La veille du jour que l'oracle devait parler, toule la ville, peudaiu la nuit, retentit de chant-s, de cris d'allégresse, et du concert des inslrumeius. 11 fut ordonné que le lendemain ou ne mangerait que du fromage et des gâteaux de fleur de froment.
Dès le jjraiid matin, couronnés de lauriers, et tenant dans les mains un rameau enlouré d'une bandelette de laine blanche, nous montâmes au Icmple avec une foule immense : les uns venaient cnnsuller le dieu ; les autres étaient enirainés par la curiosilé ou la dévotion. Chacun des cousultans faisait conduire ses victimes, des chèvres, des brebis, des génisses; la notre était un jeune taureau. Nous vîmes trembler le laurier qui est devant la porte; le temple même fut agité jusqu'en .ses fondemens : ces signes annonçaient la présence du dieu.
A la pnrie , un prêtre nous purifia avec l'eau lustrale. Nous lui donnâmes nos questions par écrit , et nous présentâmes notre victime. Les sacrificateurs, ornés de bandelettes et de couronnes, les pieds nus, les cheveux épars, la robe déployée et sans ceinture, la firent tomber sous le couteau sacré, consultèrent religieusement .ses entrailles
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{làlpitantes, et dëdarèrenl les augures favora))les. Alors OH nous introduisit dans une cliapelle : Vodeiir suave des parfums qui se répandit tout à coup nous aiuionra la faveur du dieu : ses ministres nous assurèrent que personne ue savait l'instant oii l'odeur devait se rt^pandre. Cependaul nous voyions arri\er les Delpliiens. La plupait entraient avec reiueillenieul, les yeux baissés; les uns priaient debout, d'autres à genoux. Amyntor s'était prosterné et baisait la terre. Ceux-ci tenaient iks rameaux qu'ils élevaient au ciel, et d'autres étendaient leurs mains vers la statue du dieu. Amyntor nous apprit que, lorsqu'on adressait son lioinmaye anx dieux des enfers, on frappait la terre avec les pieds ou avec les mains , pour les avertir.
Un prêtre nous conduisit dans le sanctuaire , on plutôt dans la caverne d'oi'i s'exlialait la vapeur ; tout le pourtour était si chargé d'offrandes, le jour si obscurci par la fumée des parfums, de l'euceiis, et par les émanations de la caverne , que nous ue pouvions rien discernei-, I.e trépied même était caclié par des branches de laurier et la peau du .serpent Python. Cependant la Pythie s'était préparée pendant trois jours par des purifications , des jertnes et des sacrifices. Ce matin elle .se baigna dans la fontaine de flastalie , se lava les pieds et les mains , but une certaine quantité d'eau, et mâcha des feuilles de laurier cueillies auprès de la fontaine. Ces rites terminés , elle entra accompa-^née de deux prêtres et des saints. INous vimes une petite fennue mai;;re , sèche, hâve, mal vêtue, l'air triste , morne , âgée d'environ soixante ans , le front ceint d'un bandeau . et la tête couronnée de laurier : elle eu jeta sur le feu sacre quelques feuilles, mêlées avec de la farine d'orge. Après a\oir bu tl'une eau qui dévoile l'avenir, elle s'approcha du trépied; mais elle refusa avec oh.stination d'y monter. Les prêtres usèrent de menaces et de violence pour la forcer d'obéir 80!. Elle s'assit siu- l'orifice d,i so!i|)irail , et laissa pénétrer la vapeur prophétique dans sou sein. INous la vimes bientôt s'agiter, rougir, é<umer; sa poitrine s'eufla; elle poussa des cris plaintifs, d'affreux gémis.semens ; et, ne pouvant résister an dieu qui l'obsédait , elle voulut descendre du trépied ; mais les deux prêtres la retinrent de force. Alors elle déchira son voile, .son bandeau , et , poussant des hiirlcniens Icrrililes , elle prononça du creux de la poitrine , car les Pythies sont ventriloques , quelques paroles que les prêtres se hâtèrent de reeueillii'. Elle descendit ensuite , éptiisée et presque mourante (81 ).
Les sacrificateurs nous donnèrent ])ar écrit la réponse de l'oracle. . Sortons , me dit Phanor, j'ai le cœur navré ; ces prêtres sont des barbares. Celle malhetu'euse Pythie est la victime de leur avarice. » Amynior nous félicita de la faveur des dieux , nous disant que les entrailles des victimes étaient très saines. •■ Tant mieux pour les ministres, répliqua Piiauiu'. ils en souperont mieux '82). »
Dès qu'Amvntor nous eut quilles, nous Irtnies nos réponses. J'a\ais demandé dans mon billet si je vivrais long-temps. La réponse était :
On cueille le raisin avant l'olive.
Phanor \oulail savoir s'il .serait heureux en mariage. L'oracle répoudit :
Mon^ils, les boeufs ail clés ouvrent la terre afin que les campagnes produisent des fruits.
rs'ous cherchâmes long-temps le sens de ces rnigmes:
mais Apollon les couvrit d'une nuit mystérieuse '. Nous comprimes que les prêtres ne compromettaient pas la prévision du dieu par de pareilles prophéties.
En desrendant du temple , nous rencontrâmes deux jeunes amans qui y monlaienl: tous deux étaiint dans leur adolescence, et d'une figure heurense et intéressante. La jeune fille conduisait une chèiTe, et l'amant une brebis. Nous leur demandâmes sur quel objet ilsallaientconsulter l'oracle : ' Pour savoir, dit le jeune homme, si nous ferons bien de nous marier ensemble. — Vous vous aimez sans doute? — Oui , beaucoup , répondirent-ils à l'unisson. — Et poiuqiioi donc craignez-vous de vous unir? — Parce que nous sommes pauvres. — Mais quand vous aurez donné votre chèvre et votre brebis, vous serez encore plus pauvres. — Il est vrai. — Eh bien ! gardez vos présens pour votre ménage ; et puisque vous vous aimez , ue consultez que le dieu de l'amour, qui favorise les mariages formés sons ses auspices. » Nous ajoutâmes â ces sage* conseils quelques dons pécimiaires. Ils s'en tinrent à notre oracle, et nous promirent de .se marier dès le lendemaiu (83'.