CHAPITRE LIX
Description de la ville de Sparte. Ilabillemens , mœurs , gymnase , repas publics. Vol fait à Phanor.
Le lendemain nous parcouriimes la ville de Sparte , conduits par notre hôte (88). La forme de cette ville est ronde, et son terrain inégal et coupé par des collines : elle a quarante-huit stades de circuit ; grandeur bien différente de celle d'Alhènes, qui en a près de cent. Sparte, à cette époque, ne contenait que huit mille hounncs en état de porter les armes. Elle est sous la iirotectiou de Junou, ainsi que Samos , Argos et .Mycène ; Crète esl sous celle de Jupiter et de Diane; Chypre et Paphos sont consacrés à Véiius; Barchus est le dieu tutélaire de Naxos; Vulcain , de Lemnos ; Delphes et Rliodes sont protégées par Apollon.
Nous frtmes étonnés de ne trouver qu'un assemblage de maisons petites et basses. Arrivés à la place publique, ■ C'est ici , nous dit Démonax . que se tient le sénat des vieillards, au nombre de vingt-huit, et de nos cinq éphores. •
De là nous nous rendîmes au plus bel édifice de la ville , le portique des Perses, ainsi nonuné parce qu'il a été bâti de leurs dépouilles. Nous y vîmes quanlilé de statues de marbre blanc, posées sur des colonnes. « Ces statues, nous dit notre bote, représentent tous les chefs de l'armée barbare. Voici celle de Mardouius , qui perdit la bataille de Marathon et de Platée. Ici est celle de la reine Artémise, qLii combattit pour Xerxès avec tant de valeur à Salamine. »
Nous visitâmes ensuite plusieurs temples consacrés à la Terre, à Jupiter, à Minerve, Neptune, Junon et Apollon. Nous vîmes une grande statue ; Dénionax nous ap|)rit qu'elle représentait le peuple de Sparte. Un jjen plus loin était le temple des l'arques, auprès duquel on voyait le tombeau d'dreste.
Nous entrâmes dans le temple de Diane Corythalie, qui est hors de la ville; nous y vîmes entrer deux nourrices chargées de leurs nourrissons. Elles mirent sur l'aulel des vases de lait, des pains cuits au four; elles dansèrent, folâtrèrent autour de leurs enfans, agitant des grelots et lies masques gro.ssiers dont elles se couvraient le visage eu riant. Nous trouvâmes celte cérémonie plaisante, et Démonax nous dit qu'elle élait d'uu usage très ancien.
En sortant de la place, nous primes par la rue des Barrières, ainsi nommée parce qu'lcaiius , père de Pénélope, voulant la marier, la proposa pour prix à celui de ses amans qui surpasserait les autres à la course, qui se fit dans cette rue. Ulysse fut le vainqueur.
Nous aperçi^nies un vieux temple au haut d'une petite colline. ■ Il est dédié à Vénus, dit notre guide : sa forme est singulière; à ])ropremerU parler, ce sont deux temples l'im sur l'autre. Dans celui d'eu bas , on vient révérer
VOYAGES D'ANTÉNOR
Morplio' ou Vénus, déesse de la beauté; mais dans le temple supérieur , on adresse ses vœux à Vénus voilée et enchaînée, inia^e de la fidélité que les femmes doivent à leurs maris.
Démouax nous mena au Dronios , lieu destiné à la course de,s jeunes gens. 11 renferme deux jïymiiases. A quelques pas du Dromos, on voit une vieille statue d'Hercule, aux pieds de laquelle les jeunes Spartiates viennent offrir des sacrifices lorsqu'ils sortent de l'adolescence pour entrer dans la classe des hommes.
Au dehors du Dromos , et près de la statue , il nous montra une vieille maison qui avait appartenu àMénélas, mari trop malheureux de la belle Hélène. Sparte n'avait pas de citadelle, comme la Cadniée de Thèbes, ou Larissa à Argos; c'était la plus haute des collines qui en servait.
Les jeunes gens que nous rencontrions dans nos courses avaient une longue barbe, les cheveux flottans dans toute leur longueur, divisés eu deux ou trois tresses qui tombaient sur leurs épaules: des moustaches fort touffues descendaient jusque sur leur poitrine : au lieu du long manteau des Athéniens, ils couvrent leur tunique d'une casaque tort courte, rouge en temps de guerre, mais toujours très malpropre et déchirée : un philosophe la nommait le inantenii ilc l'orgueil. Pour souliers, ils ont des sandales ( autrefois une loi de Lycurgue les obligeait d'aller nu-pieds!, et pour coiffure un bonnet façonné en cône. Ils marchent en silence, les yeux baissés, les mains cachées sous leur manteau ; d'autres tiennent un bâton recourbé par le bout. Os jeunes gens se promenaient l'air fort désœuvré. J'en témoignai ma surprise à Démouax, qui me répondit : « ,\ .Sparte , le travail déshonore, et on l'abandonne aux Ilotes et aux Messéniens ; nos femmes même rougiiaient de s'occuper des travaux de leur sexe. — Elles doivent s'amuser beaucoup», lui dit Phanor.
Nous vîmes passer des enfans sans bas et saus souliers. • yuel contraste, dis-je à Phanor. entre l'élégance et le faste de la jeunesse d'Athènes , surtout de votre prêtre bapte, et la rusticité des Spartiates I — Mais aussi j'ai vigoureusement secoué ce coquin de bapte , et il ne serait pas aisé d'en faire autant à ces giands garçons. Cependant les Athéniens , quoique élevés avec plus de mollesse dans le sein des arts et de* plaisirs , sont tout aussi braves que les Lacédémoniens. «Dans ce moment, trois jeunes filles marchant d'un pas agile et ferme, brillantes de santé , d'une haute stature et faites à peindre, pas.sèrent aupré,s de nous ; elles avaient pour coiffure de \ astes chapeaux tissus des joncs de l'Eurotas ; leur vêlement très rourt laissait voir leurs jambes, qui sont fort belles. Je dis à Démouax ; «Voilà trois superbes femmes. Elles ne s'en doutent pas. — Mais bien moi , » s'écria Phanor. Notre hôte ajouta ; • Les Athéniennes .sont très jalouses des Lacédémoniennes, et se croient plus belles, parce qu'elles ont l'art de dérober- leurs défauts sous l'élégance de leur parure (89;. » Je lui flis que les vétemeus des Athéniennes étaient plus décens. " Nos filles, répliqua-t-il, sont voilées par la pudeur; leur vertu leur sert de vêtement. ,\ l'égard des fenmies, elles sont hal)illées avec la plus grande dérenee; mais, sous ces habits, nos jeunes personnes seraient gênées: il faut (|u'elles apprennent à danser, à lutter, à courir dans le Stade, à lancer le disque ou le javelot. Ou les habitue îl tous ces exercices pour fortifier leurs fibres,
^ ' Moi plio .siftnific rorine , c'est-i't-dire . belle par excellence.
développer leur corps, et les mettre en état de donner â la patrie des enfans sains et robustes. Nous avons même des fêtes solennelles où nos jeunes filles dansent toutes nues. — Pouvons-nous, demanda Phanor, assister à leurs exercices.-' — Oui, si vous êtes mariés. «J'allais dire que non ; mais Phanor me prévint, et assura que nous l'étions. « Eu ce cas, je vous mènerai demain à leur gymnase. •
Déinonax nous tint parole, et nous conduisit de grand matin au Plalanisie, qui est une plaine sur le bord de l'Eurotas , ombragée de superbes platanes , et entourée de l'Euripe. « C'est dans les prairies du Platanon , dit notre guide, qu'on cueillit autrefois les fleurs pour la guirlande dont la belle Hélène fut couronnée le jour de ses noces. La jeunesse s'y assemble pour ses exercices. On y arrive par deux avenues : au commencement de l'une est la statue d'Hercule ou de la Force, maitresse de tout; à l'entrée de l'autre est celle de Lycurgue ou de la loi, qui enchaîne les hommes. •
On nous fit asseoir sur des gradins de pierre. On donna le signal : nous voyons entrer dans le Stade quarante jeunes filles, d'une taille avantageuse et svelte, dont la tunique, ouverte des deux cotés , ne passait pas le genou. Leurs jambes, leurs bras étaient nus; une couronne de laurier retenait leurs cheveux sur leur tête. Elles s'avancèrent au milieu du Stade, se séparèrent ensuite en deux bandes. Au second signal, les deux troupes s'approchent fièrement l'une de l'autre, s'arrêtent; puis tout à coup chaque athlète s'élance sur son adversaire : elles se saisissent, s'entrelacent les bras, les jambes, s'ébranlent tour à tour : on les voyait se presser, reculer, avancer, chanceler, se remettre : la légère et courte tunique, à chaque mouiement, s'ouvrait, voltigeait et laissait à découvert les charmes les plus attrayans. Phanor, attentif, immobile, attachait ses regards sur les deux plus vigoureuses et les deux plus belles combattantes. « Que d'attraits ! me disait-il tout bas; quelles formes charmantes! que ces hommes sont froids ! quels automates ! Regardez-les , quelle apathie! — Vous n'êtes pas si calme? — Non, par Vénus! je suis tout en feu; j'étouffe. — Tâchez cependant de calmer ces vives émotions; imitez-moi.» Un moment après, il me lira par le bras en s'écriant; « Regardez, quel tableau ravis.>:ant, délicieux! ô mon ami! les belles formes!» Je regarde, je vois étendues sur l'arène les deux jeunes combattantes que nous avions observées jusqu'alors : elles i- i étaient l'une sur l'autre; celle qui avait le des-sus étalait à U | nos yeux des charmes aussi piquans que ceux de Vénus ' lorsqu'elle sortit du sein des eaux. . Ah ! disait Phanor en trépignant, que je voudrais bien être en troisième dans cette lutte! que de beautés! » Je le priai de se taire, on commençait à nous observer. Nous baissâmes aussitôt les yeux et reprimes notre gravité. Ce fut la belle Aspasie, celle qui nous offrait des contours si bien dessinés, qui renqiorta le prix ; elle méritait celui de la beauté. Je remarquai pendant cet exercice que ces jeunes filles agaçaient les jeunes hommes par des railleries, souvent par des épigrammes. D'autres donnaient des éloges à ceux qui leur plai.saient, récitaient des chansons en leur honneur; ( e qui cntlammait leur courage et excitait la jalousie de leurs camarades.
Après la lutte, ces jeunes filles se préparèrent pour la course à pied. Vingt d'entre elles se rangèrent sur la même ligne, que formait une corde tendue. Les instruiiicns de musique donnent le signal; la corde tombe, et nos héroïnes se précipitent dans la lice; la pous.sière s'é-
VOYAGKS D'ANTENOR.
lève; elles volent. Phaiior, ravi, exiasié, suivait dos yeux la légère Aspasie; il fait des \œa\ ardens pour elle ; ses vœux sont exaucés. Déji elle devance ses rivales ; auss' lé,",ère qu'Atalanle, ses pieds laissent à peine leur empreinte sur le sable; elle s'élanre , atteint le but la première, et de bruyans applaudis,seniens célèbrent sa victoire^ Un des épliores s'avance , lui met sur la léte une couroTine d'olivier sauvajje. Nous viines alors les joues fraîches de celle belle Aspasie se colorer du plus vif incarnai , la plus belle des couleurs quand c'est la pudeur qui la fait naître.
Ces jeux gymniques troublèrent la tète de Pbanor ; il en perdit le sommeil; il eut toute la nuit devant les yeux la taille, la légèreté, les appas de la superbe Aspasie; il m'avoua qu'il l'aimait déjà éperdument. Je lui rappela' alors la belle 'f héano d'Albènes , la charmante Théophanie de Milet. r Oh! s'écria-t-il , Théophanie et Thèano n'ont pas les belles formes de cette Spartiate !» Quelques jouis après, Démonax obliut la permission de diner avec nous et de nous mener ensuite à un des repas publics, nommés pintlitic.i. • Rois, éphores, citoyens, nous dit-il , mangent en communauté. Chacun apporte par mois un boisseau de farine, dix-huit mesures de vin, cinq livres de fro. mage, deux livres et demie de figues, et quelque peu de monnaie de fer pour acheter de la viande : cette portion est une partie de notre revenu.» Les repas se font dans de grandes salles, où sont dressées des tables de quinze couverts, A l'entrée de la salle nous trouvâmes un Spartiate: c'était le plus âgé; il avertissait les convives que rien de ce qu'ils allaient entendre ne devait sortir par-h'i , en désignant la porte.
Les convives d'une table ne .se mêlent point avec ceux d'une autre; on n'y peut être admis que de leur consentement ; le relus d'un seul suffit pour donner l'exclusion (90). Nous vimes entrer un jeune homme boiteux ; j'en fus étonné. Démonax me dit : " Il est seul , dans le pays, ainsi conformé; il a été ble.ssé dans un cond)at; et sa mère, pour le con.soler, lui dit : « Mon fils, lu ne peux faire un pas sans te ressouvenir de la valeur. » X ces repas, les Spartiates, contre l'usage des autres peuples, sont assis sur des bancs de bois ; on leiu' sert du brouet noir (91 ) , du porc bouilli, coupé en portions égales. Phanor me dit tout bas;« Voilà un méchant diner.— .^lais il est assaisonné par l'appétit; voyez comme les morceaux se succèdent. » Nous demandâmes à Démonax si c'était leur noin'rilure ordinaire. » Oui : cependant on nous donne parfois du j'.ibieret du poisson ^92;. » Au défaut de la bonne chère, le banquet était animé par la plaisanterie et la gaité. Connue j'en féliiitais Démonax, iline montra au milieu delasalle une statue consacrée au dieu du rire : > Lyciirgue l'a placée ici pour faire aux convives un jnécepte de l'enjouement. »
Je lui demandai si les Spartiates ne pouvaient jamais manger chez eux, « Dansilenx occasions ; lorsqu'ils re\ iennent de la chasse trop tard, et quand ils sacrifient aux dieux dans leurs maisons : alors ils peuvent envoyer aux convives de leur table une pièce de gibier de leur chasse, ou les prémices de leurs sacrifices. Le roi Agis, arrivant victorieux de l'armée, envoya demander sa portion pour .sou|)cr chez lui avec sa femme ; les polémarques la lui refusèrent. Agis, piqué, ne fit point le lendemain le sacrifice accoutumé ù l'issue d'une guerre heureuse: les polémarques le condamnèrent à l'amende. « Dans ce moment on introduisit deux Uoles : on leur apporta de grandes coupes de vin ; lorsqu'ils en eurent bu une certaine quantité, ils repoussèrent les coupes; mais les anciens de la
table les forcèrent k boire. Leur projet était de les enivrer, et ils V réussirent. Locsque ces malheureux furent échauffés des vapeurs de la boisson, que leurs pieds chancelaient, que l'absurdité et l'extravagance de leurs propos annonçaient le trouble de leur raison, on les promena autour de la salle. On lein- ordonna de chanter des scholies ob.scènes; c'élaienl les seules qu'on leur permettait: ensuite on les fil dan.ser, en les obligeant à prendre des attitudes indécentes. Ce spectacle, loin de nous amuser, excitait noire conunisération, .l'en parlai à Démonax. « Nous donnons, me dit-il, de temps en temps celte représentation ù uos jeunes gens, pour leur montrer la laideur et les tristes suiles de l'ivresse. — Par Bacchus! s'écria Phanor , buvez , enivrez-vous , vous en serez plus compatissans ! »
De jeunes élèves assistaient debout comme simples speclaleurs.ci Us viennent prendre leçon, nous dit Démonax , de plaisanterie et de sagesse. » Pendant qu'il parlait ainsi, Phanor aperçut l'un d'eux qui dérobait subtilement des fruitsqu'il mettait dans son sein, «Voyez, medil-il, counne ce petit fripon profite des exemples de sagessse, — Taisez-vous ; il ne faut pas le déshonorer et le perdre. ■ Il s'aperçoit alors qu'on lui avait volé dans sa poche deux excellentes perdrix qu'il avait achetées pour notre souper; car il n'aimait ni le brouet noir ni le porc bouilli. Peu de jours auparavant, on lui avait escamoté, au Gymnase, un levrautqu'il avait tué à la cha.sse, et qu'il portait sous son manleau. Dans le premier mouvement de dépit que lui causa la perte de ses perdrix, il s'en plaignit à Démonax, disant qu'il ne concevait pas que, dans une as.semblée de gensaus,si graves, aussi sages, il faillit garder ses poches et se méfier de ses voisins. Démonax , à ce propos, éclata de rire en s'écriant qu'il embrasserait de bon cn'ur l'auteur du vol des perdrix; qu'il gagerait que c'était le même qui lui avait si adroitement enlevé le levraut. « Vous le connaissez donc? répliqua Phanor. — Beaucoup. N'avez-vous pas vu ce grand jeune homme qui s'est placé entre vous et moi ? c'est mon ami , gar( on leste , adroit: il a régalé sa maîtresse de votre levraut , et vos perdrix, probablement, auront le même sort. — Et vous regardez cela comme une geutilles.se? Par Junon! je vous plains d'avoir un tel ami. — Counnenl donc? j'en fais gloire: c'est un brave et digne Spartiate, estimé de tout le monde. Vous ignorez peut-étreque ces sortes de larcins sont autorisés par une loi de Lycurgue, et qu'il est permis A nos jeunes gens, .soit à la ville, soit dans la campagne, lorsqu'ils vont à la chasse, d'enlever tout ce qui peut leur convenir. — Nous .sonnnes donc ici au milieu d'un bois' Par Hercule ! je prendrai ma rev anche, et je volerai aussi ! —Je vous conseille de dérobei\avecsublilité;car,lor.squ'(>n V ous prend sur le fait , on punit la maladresse. — Au surplus, que peut-on vous voler? des écnelles de bois, des sandales , quelques nlioles de fer.— Vous ne devez pas éti'C surpris du principe de cette loi: cela forme les jeunes gens. — A la maraude, au brigandage. — Point du tout ; à la vigilance et aux ruses de guerre. — Mon ami , me dit Phanor lorsque nous filmes seuls , celte superbe Sparte est un triste pays; on y fait très mauvaise chère, on est fort mal logé, ou nous vole tout vifs; l'ennui , le désa-nvrenient l'habitent ; les arus , les sciences en sont exilés ; l'idiome du pays est aussi âpre , aussi dur que les moeurs de ses habilans. Ces grands liadauds se promènent tout le jour sur la place sans penser à rien , ou plutôt ne s'occupantque de projets de domination et de guerre. Ils se
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rroient libres, et ils sont toujours surveillés par d'austères censeurs, et euchainés dés leur enfance par leurs coutumes et leur discipline. 11 n'y a que les belles formes des jeunes tilles qui mérilent l'atlcnlion des voyageurs; mais je li'aime point à être dupe; et si je puis me venger de ce ;';rand ami de Démonax qui mange mon gibier, je n'en laisserai pas écbapper l'occasion. ■