CHAPITRE LXll
Trahison et mort de Pausanias. Fêle de Diane. FlaRellalion des enfans. Bonne forhmc d'Anlénor. Vains efforts de Phanor pour eu avoir.
> Ce roi , aussi grand capitaine qu'habile politique , qui s'était inunortalisé à Platée par ses victoires sur les Perses, osa aspirer à la tyrannie ; la mort fut le prix de sa trahison. Les dieux sans doute le précipitèrent à sa perte pour venger le sang innocent qu'il venait de verser aux bords de l'Hellespont , où il commandait notre armée navale. Il méditait de trahir sa patrie, lorsqu'il devint amoureux d'une jeune fille de Byzance, nommée Cléonice. Il donna ordre qu'on l'amenât dans sa chambre à l'entrée de la nuit. L'ordre fut exécuté; mais Pausanias s'était endormi. Cléonice, en s'appBOchant doucement de son lit, renversa par mégarde une lampe allumée. Le bruit é\ eilla Pausanias , qui , agité des craintes et des terreurs qui poursuivent les traîtres, se lève, prend son cimeterre, fi-appe l'infortunée Cléonice , et la jette morte à ses pieds. Troublé par ses remords, il a voulu être purifié de son crime; n.ais il a été repoussé de tous les temples et par tous les dieux , et sa mort seule a satisfait leur vengeance. En voici les détails. Pour entretenir ses intelligences avec le roi de Perse, il envoyait ses lettres par des émissaires qui ne reparaissaient plus. Le dernier qu'il fit partir élait un jeune Thessalicn qui lui avait prostitué sa pudeur ; celui-ci , qui n'avait jamais vu revenir aucun de ses prédéces.seurs, se méfiant du messaj'.e, rompit les liens et le cachet de la lettre, vit le plan d'une conjuration, et sa |ifrle certaine, s'il eiil rempli sa mission. Épouvaulé de
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cette décomerie, il coiirl 1 Sparte, et remet la lettre aux éphores. Je dois ici louer la justice et la prudence de ces graves iiiasislrals : ils ne voulurent point faire arr<*ter leur roi sans avoir entendu de sa bouche l'aveu de son crime.
« Il y a au promontoire de Ténare un templede Neptune, regardé par les Grecs comme un asile inviolable. Les éphores ordonnèrent au Thessallen de s'y réfugier; ils firent creuser un souterrain auprès de l'autel , d'où l'on pouvait entendre tout ce que l'on disait : trois d'entre eux s'y renfermèrent. Dès que Pausanias apprit que son émissaire était dans ce temple, il y courut tout trouble : il volt ce jeune homme qui embrassait l'autel d'un air suppliant et effrayé. Il lui demande quelle cause, quel crime l'amènent dans cet asile. Le Thessalien avoue qu'il avait ouvert sa lettre. A cet aveu , ce roi, frappé de terreur, le conjure de ne point divulguer son secret, et lui promet des tré.sors, si, au lieu de le dénoncer, il l'aide à se tirer d'affaire.
« Les éphores, ayant tout entendu , reprirent le chemin de Sparte , décides à faire arrêter le coupable. Le roi rassuré par la promesse du Thessalien , rencontre les éphores près du temple de Minerve. Un d'eux, qui voulait le sauver, l'avertit par des signes du péril où il était ; Pausanias, qui les comprit, s'y réfugia soudain. Les éphores aussitôt en firent découvrir les toit.s et murer les portes. (Jn dit que sa mère, quoique chargée d'un grand âge, apportait des pierres et aidait les ouvriers. Après quelques jours de cruelles souffrances, ce malheureux, près d'expirer, fut I raine hors de l'enceinte, et finit sa déplorable vie. Ainsi ce loi , grand par son courage et ses lalens , flétrit sa gloire et ses lauriers par son ambition et une mort honteuse. •
IVous rentrâmes à Sparte pour assister le lendemain à la fête annuelle de Diane Orthia. Son temple est dans la rue Lymnée; la statue de la déesse nous parut bien chétive. « Il est vrai, nous dit Démonax , elle n'est que de bois et de petite taille; mais c'est la même qu'Orcste, un de nos rois, et Iphigpnie sa sœur, enlevèrent dans la Tauride. Oresie l'apporta ici et nous en fit pré.sent. Long-temps, sur la foi d'un oracle, on a arrosé son autel de sang humain ; mais Lycurgue a substitué ^ cette barbare coutume la flagellation des enfans. • Phanor chercha dans le temple la belle Aspasie , et eut le bonheur de se trouver vis-à-vis d'elle.
Les prêtres s'avancèrent auprès de l'autel; un des ministres cria ; • Faisons des libatinns et prions. • Un autre dit ensuite ; « Qui sont ceux qui composent cette assemblée ? » Nous répondîmes tous de concert : « Des gens honnêtes. — Faites donc silence. • Alors on récita la prière d'usage, qui est dans le style laconique ; ils demandent aux dieux de pouvoir unir la gloire à la vertu '. C'est là tout ce qu'ils attendent de la bonté céleste , et en deux mots toute la morale des philosophes grecs. La prière finie, on amena les victimes; c'étaient deux btt'ufs et deux cerfs ; les prêtres mirent sur leurs fronts un gâteau pétri avec de la farine d'orge et du sel; ils répandirent du vin sur leurs têtes. On brilla sur l'autel du bois de figuier et de myrte : on arracha le poil du front des victimes, on le jeta dans le feu , cl elles tombèrent sous le couteau sacré : ensuite on en bri'ila les cuisses avec du bois fendu. Les victimes furent partagées entre les dieux,
' V/ pulchra bonis addcniU.
les prêtres et ceux qui les avaient présentées; la porltun des dieux fut consumée par les flammes.
Après cette cérémonie, on fit avancer les enfans qui étaient les héros et les victimes de la fête; ils étaient au nombre de vingt, tout nus, âgés d'environ sept ans; vingt esclaves les suivaient , armés de verges. Cette troupe se plaça au milieu du temple. Une prêtresse s'en approcha, tenant dans ses mains la statue de Diane ; elle l'éleva le plus haut quelle put. A ce signal , les exécuteurs frappent les enfans de leurs verges; les coups multipliés tombaient avec force. Ces petits êtres intéressans les recevaient sans sourciller, sans le moindre murmure; lesparens, par des signes, des menaces, des paroles, les exhortaient à la constance , à se laisser déchirer sans se plaindre. Le sang ruisselait, les coups redoublaient; les spectateurs , hommes et femmes, graves et immobiles, jouissaient de cette barbarie comme d'un spectacle agréable. Phanor, quoique distrait par les beaux yeux d'Aspasie, gémissait, s'attendri.ssail; il me dit tout bas : « Qu'ont donc fait ces petits malheureux pour être ainsi déchirés? Us appellent ceci une fête, c'est la fête des Euménides! » Quoique aussi énmque lui, je le priai de se taire, et même d'applaudir (97).
Cependant l'ardeur des bourreaux commençait à se ralentir : la prêtresse, qui s'en aperçut, s'écria qu'elle ne pouvait plus soutenir la statue. A ce cri , qui était un cri de reproche aux esclaves, de leur tiédeur et de leur mollesse, ils se raniment; les coups se succèdent plus forts et plus pressés. Nous voyons ces teudres et innoceules victimes, le corps déchiré, tout sanglant, qui affectaient de mépriser la douleur et de sourire à chaque lambeau de chair que la verge leur emportait. « Ah! s'écria Phanor à haute voix , voilà un enfant qui expire! » Il avait en effet .succombé, et, presque mourant, il s'était couché parterre; on l'enleva soudain. Mais l'exclainatioji de Phanor fit nuirmurer les Spartiates, qui jetèrent sur nous des regards foudroyans; nous baissâmes les yeux, et gardâmes un profond silence.
Eu sortant , je demandai à Démonax quel crime avait mérité à ces enfans un si cruel châtiment. « Us sont très innocens; mais nous voulons les accoutumer à la peine et à la douleur, — Pourquoi ne leur cassez-vous pas une jambe, pour les habituer à marcher avecune seule? — Je conviens que l'épreuve est un peu rude; mais aussi nous avons une jeunesse intrépide, qui s'expose hardiment.'! tous les dangers, — Je .serais bien étonné que >os jeunes gens craignissent la mort, attendu l'insipidité et la tri,stes,se de leur ^ le. — Les Spartiates, dit Démonax , ne connaissent d'antre besoin que relui de la gloire des armes, et d'autre ambition que celle de rendre Sparte supérieure à tous les peuples de la terre. — Qui ne vit , lui dis-je , que pour la guerre et par la guerre périra par la guerre. — Dans les camps, reprit Démonax, notre discipline est moins austère, nos exercices .sont plus doux, moins pénibles, notre nourriture plus abondante. On nous permet d'arranger nos cheveux que nous négligeons en temps de paix. Avant la bataille, nous nous oignons d'huile de senteur; le roi sacrifie aux Muses, pour nous rappeler notre courage, les intérêts de la patrie, et nous engager à faire des actions digues de mémoire. Lorsque nous sommes à la vue de l'ennemi, on sacrifie une chevreaux dieux, et l'on nous ordonne de mettre une couronne de fleurs sur la tête, et aux joueurs de HiUc de jouer et de chanter la chanson de Castoi- : nous marchous à l'ennemi eu cadence, au son de celte musique. »
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Le soir de cette journée, je me promenais seul auPlataniste. Un homme d'environ soixante ans, qui m'observait depuis r|uel(|ue lenips, in'aljorda d'un air affectueux, en me disant qu'il venait me demander un important service pour la république et pour lui. «S'il dépend de moi, je suis trop heureux; veuillez vous expliquer. — Vous êtes jeune, grand, bien fait, pleiu de vijjueur; et moi, j'entre dans la vieillesse, je décline sensiblement. » J'attendais avec impatience la péroraison de ce discours. «J'ai reçu un affront que vous pouvez faire cesser. Hier, lorsque j'entrai dans noire assemljlce. Ions les jeunes gens se levèrent ; un seni ne daigna pas faire cet honneur à mon â.';e. Je lui en demandai la raison : • Parce que , me répondit-il, tu n'as point engendré d'enfant qui puisse m'honorer à mon tour dans ma vieillesse. Je suis désespéré! j'ai épousé il y a ([ualre ans une femme jeune et belle. — Je vous en félicite; vous devez être fort heureux! — Oui, je le suis; mais le vase d'amertume est souvent auprès de celui du plaisir. J'ai la plus grande envie de donner un ciloyen à ma patrie; mais les dieux trompent mes vœux , et c'est à vous que je m'adresse. Je veux vous prêter ma feunue pour une nutl, liés persuadé que vous enrichirez la république d'un pelit Hercule (08;. » J'étais si élonné, si confondu de la proposiiion, que je ne savais que répondre. Voyant mou silence, il ajouta : «Peut-être - vous avez appris qu'une des principales peines pour un Spartiate flétri par la loi , est de ne pouvoir prêter sa femme, ni posséder celle d'un autre, et de n'être jamais dans sa maison qu'avec des vierges ; mais je n'ai point démérité de ma pairie, et je puis dispo.serde ma femme à mon gré. — Je n'en doute pas, lui dis-je, revenu de ma surprise ; aussi n'est-il rien que je ne fasse pour vous et pour la ville de Sparte. — Pouvez-vous me donner lelle nuit? — Ordonnez; déji^ je suis impalient de vous obliger. — En ce cas, suivez-moi; vous souperez avec nous. » Dans ce moment j'aperçus Phanor, je courus à lui pour Uii dire que je ne rentrerais pas celle nuit au logis; que la république avait besoin de mes talens, et que j'allais lui consacrer mes veilles. «Je ne vous comprends pas, expliquez-vous mieux. — Dormez en paix, et jouissez d'un repos dont cerlainement je serai privé. Adieu, je suis pressé. »
Le moment où je parle est déji loin de moi.
Je réjoignis Antiphon ; ainsi se nommait cet honnête mari. 11 me conduisit J l'apparlement de sa femme, et me j)ré.senta en lui disant ; Voici un jeune homme de bonne mine, qui sera votre époux pour celle nuit, et qui, plus heureux que moi sans doute, vous rendra mère. Voyez si vous vous convenez. » \ ces mots, il lui enleva son voile, et me découvrit une beaulé piquaule qui, en rougi.ssani, baissa deux grands yeux noirs, ornés de longs cils et de deux .sourcils bien arqués : sa figui e me rav il, et mes sens, séduits par l'espérance, .s'enflammérenl anssilot. Je voulus louer .ses allrails, mais mon Irouble dm lui paraître plus l'atleur que mes expressions. Cependanl, après avoir jeté lui regard furtif sur moi, elle répondit à son mari «que lui et la pairie pouvaient tout exiger de son zèle et de son civisme. » Je dissimulai la joie que me causait celle réponse; je voulais avoir l'air d'accorder une faveur , et non de la recevoir. IN'ous allâmes souper; c'est alors que je connus Kmt le prix de ma boime forUnie ; cette beauté déploya en se levant une taille majestueuse, une démarche noble et décente. Pendant le repas, elle parla peu, hararda de
temps en temps quelques regards modestes sur moi ; et quand ses yeux rencontraient les miens, son front se colorait d'un vermillon chariiiaiil. Pour moi, mes regards étaient rares, et je couvrais la vivacité de mes désirs d'un voile de modestie. Antiphon élait radieux. H paraissait se féliciler de sa bonne fortune. Il soupait de bonne grâce et m'engagail à l'imiter. «Un bon athlèle, me disait-il, doit prendre des forces avant d'euirer dans le Stade. » Je .souriais modestement à ses plaisanteries, et j'y répondis par l'aclivilé de mon appétit, quoique mon cher hôte ne m'ertl donné qu'un .souper d'amis, c'est-à-dire dubrouet noire! du porc bouilli.
A la fin du repas, Thargélie disparut, et son mari m'annonça qu'elle allail m'atlendre. « Comment la trouvezvous? — Très-belle; son aimable modestie relevé encore l'éclat de sa beauté. Je pense que le sacrifice qu'elle va vous faire lui coûtera peu ; elle aime beaucoup sa patrie, et elle doit se flatler d'avoir de vous un enfant forlenienl constitué. » Je l'assurai du désir que j'avais de répondre à leur confiance et à leurs éloges. Il me conduisit alors dans la chambre de la belle Thargélie , qui , connue une victime , attendait déjà dans .son lit l'instant du sacrifice ; il l'embrassa en nous souhaitant une bonne unit. Je lus bientôt dans la couche nuptiale, où l'Hymen et l'Amour ni'ein\rcrent à l'envi de leurs faveurs. J'aurais voulu, comme Jupiter, arrêter la marche du soleil , et prolonger cette nuit fortunée; mais l'Amore, peu .sensible à mes vœux , ouvrit bientôt les porles du jour.
A peine il commençait à poindre , que le vigilant Antiphon \iul ni'annoncer l'heure de la retraite. Je trouvai ce mari bien malineux, et ce congé très dur. Épris de ma nouvelle épouse , j'hésitai à la quitter; mais elle s'échappa de mes bras , et les amours et les plaisirs s'enfuirent avec elle. Antiphon, en me reconduisant, me fit ses remerciinens. Je lui offris de revenir , s'il doutait du succès de celle première épreuve. « Je vous rends grâces. J'espère qu'avec un homme tel que vous , un rendez-vous suffira. » Nous nous séparâmes ainsi , enchantés l'un de l'autre. Depuis ce zélé citoyen me fit de v ives amitiés , mais sans m'inviler à la même fête. A l'égard de sa femme , quand je la rencontrais, elle baissait les yeux, et ne daignait pas même m'honorer d'un regard (99;.
Phanor était loin de soupçonner celle douce aventure. Mon absence, au contraire, l'iuquiélail beaucoup, et sa tendre amitié ne fut rassurée qu'à mon retour. Mais quel fut sou étonnemeni quand je lui raconiai le service important que je venais de rendre à la ville de Sparte , pendant que lui, grand imilile, s'abandonnait à l'oi.siveté et au sommeil! Pour jeter plus d'iiUérêt dans mon récit, je n'omis aucun détail. Je lui p( ignis avec feu les attraits de ma Vénus , et les plaisirs eni vrans que j'avais gortiés dans ses bras. Il s'écriait à chaque coup de pinceau : • Cela n'est pas croyable ! que vous êtes heureux ! Cependant ce pays adubon. 'Ivaut mieux prêlersa femme, élaler les formes des jeunes filles, que de déchirer les enfans avec des verges , les précipiter dans un gouffre, ou voler dans les poches. Si la république daijjne melire en œn\re mes talens, je lui pardonne le vol de mon gibier , et je promets de l'enrichir d'un superbe citoyen. — Allez, lui dis-je, vous proposer à quelque Spartiate zélé pour le suppléer dans ses fonctions marilales, et lui donner un bel enfant de votre façon. Ici cela se |)ralique souvent , et cet usage est d'autant plus licile, que lesenfans n'appartiennent point au père, mais à la république. — Oui, par Vénus! me
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dit-il , j'aime lant la répuljliqiie, f(iie je veux me sacrifier pour elle. » Le même joui', dans l'espoir d'élic empli>>é , affiililé d'un large manteau, marchant suc la pointe du pied pour rcliaiissec sa taille qui était médiocre, il se promena suc la place, au portique des Perses, au Plataniste. Il affectait une voix forte, abordait les vieillards, leur vantait son admiration et sou attachement pour Sparte. Il répéta ce manège pendant quinze jours; mais aucun ■Spartiate n'eut l'hotniélelé de lui offrir sa femme pour avoir de lui une belle pi'oj;énitui'e : il était outré.
Déinonax nous invita ù une cérémonie : ' Elle vous amusera, dit-il; mais vous la trouverez bizarre; car ce qui uV.t pas dans nos mœurs , ce que l'habitude n'a pas familiarisé à nos yeux nous étonne toujours. » INous entrions alors dans le temple de .Tiinon. Nous vîmes devant l'autel un grand homme de quarante ans , tout nu , entoure de cinq à six femmes qui lézardaient. Tout ii coup cet hoininc se mita courir autour de l'autel. Les femmes le pou;\suivaient avec des verges, et le frappaient de toutes leurs forces. Phanor et moi en rimes de tout notre cœur. Lorsque le patient eut fait un certain nombre de tours, il .s'arrêta, et la flagellation finit. Je demandai à Dénionax l'explication d'une pareille scène. "C'est un juste châtiment qu'on inflige aux célibataire?. Le mariage est un devoir chez nous, et les infracteurs de cette loi sont punis par des verges, dont les frappent des femmes mariées. Les hommes même qui .se marient trop tard sont soumis à des pe'ines, »
Deux jours'après , il y eut une fêle publique. Les Spartiates formèrent trois troupes pour la danse : celle des vieillards, celle des hommes , et celle des enfans. Chacune de ces troupes en dansant chantait alternativement. Les vieillards commencèreut par ces paroles :
Nous avons été jadis Jeunes, vaillans et hardis.
Les honnnes suivaient et chantaient :
Nous le sonnne.'î inaintciiaul , A l'épreuve à tout veuaul.
Les enfans venaient après , et répondaient :
Et nous un jour le serons , Qui bien vous surpasserons.
Quelques jours après , nous vîmes une autre danse nommée Hcnnus, composée de filles et de garçons ; ini jeune homme menait la danse, et prenait des altitud(-s Ulules et belliqueuses ; ime danseuse le suivait avec des pas plus doux et plus modestes, comme pour représenter l'accord et l'harmonie de la force avec la tempérance.