CHAPITRE LXXX
Réflexions d'Anténor. Arrivée à Babylone. Mœins de ses habitaus. Leur cosmogoine. Leurs temples.
Phanor , agile de l'impression récente du plaisir qu'il
venait de goûter, me quilla pour se promener dans ces bosquets solitaires, el moi je ui'a.ssis au nnlieu de la barque pour jouir de la beaulé de la nuit.
Dans aucun climat je n'en avais vu d'aussi belle. Ses ombres resseuiblaienl à nu voile transparent qui ne dé robe qu'à deuù la vue des objets; à travers l'azur le plus pur on apercevait l'éclat de la sciiitillalion des étoiles; elles me paraissaient plus grandes que dans les pays que j'avais parcourus. Je ne suis pas surpris que les Chaldcens aieiU élé les premiers astronomes : des bergers oisiset paisibles devaient, dans le calme et le silence des belles nuits, attacher leurs regards sur cette voûte magnifique, .suivre le cours des aslres, observer leurs phases , et par degrés dev iner leur théorie.
.le jouissais dans ce moment de la fraîcheur de l'air, de la vue et du bruit des floisqui se jouaient autour de ma barque, du brillant speclacle des cieux , et de celle solilude louchanle qui , cuchainanl tous les sens, nous ramène dans noire cœur, et nous fait exister avec nous-mêmes, •le m'abandonnai à des rétiexions tantôt irisles, tantôt consolantes. « Qui a créé celle immensité d'étoiles, de soleils, de planètes ? — C'est un dieu . — Quel est-il ? — Je
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ne le rnmpretids pas. — A-t-il crné la inaliiw? est-elle éternelle.' — le n'en sai.s litn. Et riioiimie, quel pro blême éloniiaiit ! il sou. fre. — Pourquoi? est-ce par sa faute? — IN'on , sans cloute; il est né avec des passions; ces passions l'enlraînent , le commandent. — Tout est-i| bien ici-bas ? — .^on , puisque l'homme souffre etoi'mil. Dans ce moment, je suis heureux, tout est donc bien : mais demain , Us jours suivans, sais-je ce qui m'attend? D'ailleurs que de malheurs m'entourent ! — Mais le malheur de riionmie est une suite de l'ordre, de l'impulsion donnée à l'univers ! — Ouoil celui qui a pu créer tant de soleils, tani de mondes, n'a pu créer qu'un ouvrage imparfait ; il n'a pu établir l'harmonie qu';'i mes dépens! Je ne le crois pas. — Nos vices, nos travers, notre orgueil .sont la cause de nos souffrances. —Me suis-je donné ces vices, cet orgueil ? ils nai.ssent au fond de mou Ame comme les vipères, les reptiles naissent au sein des marais. I.'existenre est-elle un bien ? Calculons les maux de l'enfance , les passions , les erreurs de la jeune.s,se, les infirmité.s, les douleurs de la caducité , les maladies, les soucis, les solliciludrs, les regrets qui nous suivent , nous assiègent dans tous les âges et puis la mort, dont l'idre seule nous lait frémir. Tel est le cercle fatal que nous devons parcourir en entrant dans la vie. Cependant à travers ces jours tristes et nébuleux brillent des niomeus de joie, des éclairs de plaisir, comme an milieu des frimas, des nuages de l'hiver, on \ oit hiiller parfois des jours purs et sereins qui consolent la naluie aifligée. » Ces réflexions enveloppaient mon âme d'un \oiie sombre : heureusement un doux souuiK il vint les lermiuer ; du moins je fus heureux en dormant, si c'est l'être que de ne sentir ni peine ni plaisir.
Eu eiurant dans Rabylone, nous filmes frappés d'élonncmeut. (Jnel ( onirasie de lachélive et triste Jéiusalem avec cette reine des cilés!
L'Euphrale la traverse, revêtu de quais magnifiques. ^'ous marchions so; s des tentes de pourpre ; nous voyions auprès des fontaines , sous dépais ombrages , des groupes d'hommes qui respiraient la fraîcheur et buvaient des li(pu'urs glacées.
Le reiios , la table , les fenunes , les spectacles publics occupeiU les loisirs des Bab\ Ioniens , et sont leur luiique affaire. Le sexe regarde la fidélité en amour comme un joug insupportable, (omme une loi contre nature. L'habillcmeul des l'ersans est une tunique de lin q i descend ju.squ'aux talons , el par-dessus ils en mettent une autre de laine, et ils s'enveloppent d'un petit manteau blanc. Ils laissent croit re leur cheveu N,secouvrenl la léle d'une mitre, el se frotlent tout le corps de parfums. Us ont elia<un un cachet et une canne Ma main, sur laquelle est une pou. me ou une rose , un lis ou quelque aulre figure; car il ne leur est pas permis de jiorler une canne sans ornement caractéristique. Les riches et les grands ont des habits tissus d'or, de pourpre et de .'oie : les femmes surloui éialcTU un luxe inouï ; elles laissent Hotler leurs cheveux eulrelacés de fleurs, de pierreries, el parluinés d'essences. Ou ne les \ oit jamais à pied dans les rues : elles ne peuvent marcher (lue sur des tapis; dans leurs jardins, les allées sont couvcrics du .sable le plus fin. Les honuues de disliuction u'oKcraient aller à pied.
J'examinais altentivemcut tous les passaus; 'en voyais qui, en se saluant, se baisaient a la bouche, d'autres ii la joue, d'autres qui se proteruaienl devant un hounue. (Xllc difléreuce dans les eéréiuoiiies excita ma curiosité.
,ie sus bientôt que le baiser sur la bouche ne Se donnait qu'entre égaux , celui sur la joue entre les personnes dont l'une avait un rang au-dessus de l'autre , et ([ue la prosternation était due par l'inférieur au supérieur.
Lii-age qui nous frappa le plus, c'était la foule de malades qu'on transportait dans les places publiques : ils y venaient consullerlcs pa.ssans, qui les examinaient et prescrivaient des remèdes , chacim selon ses lumières ou ses préjugés. Pbanor et moi fi'unes appelés par plusieurs malades; j'ordonnai à l'un d'eux, qui était chargé d'humeurs, d'aller boire pendant un mois, au point du jour, S pied , trois grands \ erres d'eau, à une fontaine qui était à cinquante stades de la ville. Je le revis quinze jours après, plein de santé, frais el >ermeil ; il me remercia beaucoup du conseil que je lui avais donné , attribuant à la vertu des eaux ce ciu'il ne devait qu'à l'exercice.
Nous nous informâmes de la raison de cet usage. On nous dit qu'à Babylone il n'existait point de médecins en titre, et cpie chacun a\ait le droit de guérir ou de tuer un malade selon .son bon plaisir ; cependant ce peuple n'a ni une \ie plu* courte, ni plus d'infirmilés que les aulres nations. Phanor, qui courait la ville du soir au matin, fit bientôt connaissance avec un des premiers satrapes , dont je portrait peut donner quelques notions des mœurs des .\ssyriens.
Il se nommait Arsanie: né avec de l'esprit, il jugeait mal de tout ; eulouié de maîtres dès son enfance, il ne savait rien; doué d'une figure charmante et d'un tempérament robuste, à Irente ans sa santé était délal)rée, son ^ isage flétri et .sa télé chauve , héritier d'une fortune immense, il était accablé de dettes; jadis passionné pourles femmes, il ne les aimait plus; avide de plaisirs, il en élait rassasié; amateur du faste, le faste l'excédait. La campagne était niouoione, la ville tuuudlueu.se et fatigante; les talens dégénéraient; dans les ouvrages du jour on ne trouvait que des imitations sans esprit , des plagiats uudadroits, des pensées rebattues; les spectacles élaicnt détestables, les hommes ennuyeux, les femmes sans grâce, sans attraits : cependant Arsame avait cinq à six maitresses, courait tous les spectacles, surchargeait son palais de vases et de tableau.v, possédait de superbes maisons de ville et de campagne; mais il jouissait de tout cela avec la même indif.éreuce, ou plutôt la même insensibilité dont la plupart des hommes jouissent, sous un beau ciel , de l'aspect du soleil.
Il nous |>ria à suuper chez Azéma , l'une de ses maitresses ; « Car, nous dit-il , nous ne sommes pas dans celle ville aussi sauvage que dans le reste de l'Asie. Les femmes vivent an milieu de nous , soupeut avec les étrangers. » En entranl chez Azéma, il demanda si elle élait seule. On répondit qu'elle était avec son maitre de umsique. Il sourit à cette réponse, el nous dit ; «Croiiiez-vous que ce nmsilien, haut de qnalre pieds, aussi laid qu'un singe, est. mon rival, el rival très heureux? Leur manège, leurs pelites ru.ses m'auuj.seni ; je feins d'être leur dupe pour u'aïoir pas la peine de me plaindieel défaire le jaloux. »
.\zéma était une petile brune, d'une physionomie exjjressive et animée ; ses yeux brillaieni du feu de la volupté et petillaicul d'esprit ; elle en avait , mais elle le .savait el en abusait ; elle parlait à tort et à travers des ouvrages de l'an et du génie; elle aijuait à couler, et contait avec agrément, quoiqu'elle n'eût pas loujoui'S le mol propre. Elle nous demanda si nous avions vu le icmplu de Bclus, la première divinité des Assyriens. « Oui,
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(iiidis-je, nous avons admiré l'immensité de ses iréfoi's, la statue colossale de Béins (|ui a r|uarante pieds de hauteur; nous avons parronru l'observaloiie placé au milieu du temple. J'ai oui parler, dit Arsame, d'un Jupiter fameux dans une ville de la Grèce; voulez-vous nous en faire la description? — Il est à l'Olympie; c'est l'ouvrafie de Phidias , un de nos plus habiles slaluaires. Sa hauteur, compris le trône sur lequel il est assis, est de soixante pieds, il louche presque au plancher. De manière, dit Arsame, que, s'il se levait, il emporterait la toiture. — Votre critique est juste. Phidias a placé au haut du troue, sur la tête du dieu, d'un coté les trois Grâces, et de l'autre les Heures, au nombre aussi de trois. Les Heures sont filles de Jupiter, et gardent les portes du ciel. Mur la base au-dessus des pieds de Jupiter, ou voit des lions dorés , et le combat de Thésée contre les Amazones. Le piédestal qui soutient toute cette masse est enrichi de divers orncmens. Ce savant artiste y a gravé sur l'or, d'un coté, le Soleil conduisant son char; de l'autre, Jupiter et Junon. Auprès de Jupiter est une desGrilces; après, vient Mercure, ensuite Vesta. Vénus parait sortir du sein de la mer; elle est reçue par l'Amour et couronnée parPilho, déesse de la persuasion , (|ui ajoute au.v charmes de la beauté. On voit aussi sur ce ba.s-relief Apollon, Eliaue, Minerve et Hercule.
• On assure que Phidias, après avoir mis la dernière main à .sou ouvrage, pria Jupiter de lui témoigner sou approbation par quelque léger signe, et qu'aus;-.itot le temple fut frappé de la foudre. Le piédestal est entouré d'un cercle en marbre noir, avec un rclmrd (|ui sert à I ontenir l'huile dont on ai rose continuellement le pavé du temple pour défendre l'ivoire de l'humidité. A Athènes au contraire, ou répand de l'eau dans le temple de Minerve, qui est dans un lieu lort sec et élevé, pour préserver l'ivoire de la sécheresse.
«Ce .liipiter est un chef-d'd'uvre et inie des merveilles du monde; lorsqu'on le regarde, on est saisi, ému, comme si on voyait le dieu lui-même. — Je veux vous apprendre, dit Arsame, noire co.suiogonie , la belle histoire de ce Bélus, dieu des (ihaldéens. On prétend que plusieurs animaux monstrueux avaient pris naissance dans le chaos, et avaient oliéi h une femme nommée Omcrça; que le dieu Bélus avait coupé cette fennne en deux parties, dont il avait créé le ciel et la terre; qu'en- .suite tous ces animaux étaient morts, et qtie Bélus, après avoir formé le monde et d'autres animaux , s'était fait c(niper la télé. Alors les autres dieux détrempèrent la Icrre ai ec le sang de sa blessure ; de là \ inrent les hommes doués d'intelligence et ayani luie portion de la Divinité. — Une chose qui vous étoiuiera, dit Azéma , c'est que ce dieu Bélus a été mon premier amant, il a eu ma virginité. » Je réiiliquai (jalamment qu'un trésor si précieux était fait pour im dieu , et non pour un simple mortel. «Mais, de grâce, comment est fait votre dieu? quelle forme prend-il pour cueillir une si belle fleur? INotre .lupiler, pour de telles aubaines, s'est métamorphosé en taureau, en cygne, en aigle, en pluie d'or. — Notre Bélus, dit Azéma, est moins changeant; il prend tout uniment la figure d'un honune; toutes les nuits il honore une vierge de sa couche. Heureuse celle, disent les prêtres, qui olilieni la prérérence! elle attire sur elle et sur sa famille la rosée céleste et la protection de cette divinité. Ma mère avaii vieilli dans ces préjugés; dès que ■j'eus donné les premiers signes de maturité , elle courut
au temple m'o'frir en sacrifice à ce dieu libertin. Trois vénérables in'olèrent mon voile, me legadèrent attentivement, puis allèrent te jeter au\ pieds de la statue de Bélus, et vinrent ensuite nous annoncer que mon offrande était acceptée. Quel bonheur pour ma mère! on lui dit de me ramener le tro sième jour de la lune, dès (pie la imit planerait sur Babylone. L'heure venue, je pris mes vélemens de fétc, j'ornai ma tête d'une couronne de fleurs, me parfumai d'e.vsence, et me rendis au temple avec ma mère. Un préire nous reçut, et nous fil monter dans la chapelle. Ma mère me plaça sur un lit magnifique, et, après quelcpics instructious, me laissa .siulc daus les ténèbres et palpitante de frayeur.
«Une dem -heure après son départ, la ehaudire fut inondée d'un parfum délicieux qui aiuionçait la pré.sence de Bélus; le plafond s'ouvrit : une clarté brillante frappa mes yeux. Bientôt mes rideaux se fermèrent d'euxmêmes , et tout à coitp la clarté disparut. J'entendis alors les pas du dieu : il s'approche, et se place près de moi. J'étais interdite et glacée Hélas! le pauvre dieu! comme il me tourmenta ! J'ai su depuis cpie c'était le doyen du collège qui avait joué le rôle de Bélus (118;.
«Le lendemain ma mère vint me chercher, et me demanda avec empressement si j'avais été honorée de la visite de Bélus. Ma réponse la mit au comble de la joie; elle me félicita de mon bonheur. Depuis cette aventure, j'ai conservé mie bien mauvaise idée des dieux eu fait d'amour. .. Plianor lui dit que , si les dieux ne devenaient pas des hommes dans ses bras, du moins les hommes y deviendraient des dieux. Ce propos galant fil faire la grimace au petit être harmonique.
Après ce rncit, on parla du culte du soleil, du grand Oromase, piincipe du biei^; et d'Arimane, cause et auteur des maux de la terre. Le premier est fils de la pure lumière, et l'autre des ténèbres. « \ oilà pourquoi , dit Arsame , nous adorons le soleil , la lune , les étoiles et le feu, comme une émanation dOromase. Ces deux principes se combattent sans cesse ; de là le mélange du bleu et du mal. Nos sages eu ti:ent la conséqueni e (|ue chaque homme a deux âmes, l'une bonne, émanée d'Oromase; l'autre mauvaise, qui vieut nécessairement du mauvais principe. Quand la bonne âme est la plus forte, elle fait le bien-, lor.«|ue l'autre triomphe, nos actions sont vicieuses. Ce système me parait Ires rai onnable; car , combien de fois ne soimne.s-nous pas agités par des désirs contraires! l'un qui nous porte à une bonne action , l'autre qui nous entraîne vers le crime. »
On nous apprit que la fête de Milyta, ou de Vénus, devait bientôt se célébrer. Je demandai à Azéma quelques détails sur cette fête. « Elle est célébrée , nous dit-elle, dans un temple noininé Socuth-Bonulh. On n'y immole point de victimes ; le sang ne coule jamais sur l'aulel; la déesse n'y respire que l'odeur de l'encens et des parfums; elle est représentée sur un char conduit par les Amours, et tiré par des cygnes ou des colombes. »
Arsame alors nous conta la manière dont se faisaient les mariages avant rélablisscment de la fêle de Milyta. Oa assemblait touîes les vierges dans un lieu public; les amateurs ou épouseurs les menaient aux enchères, il leur élait permis de les examiner avec la plus scrupuleuse exacliiude; et le crieur préposé les adjugeait an plus offraiil. Les idus belles passaient les premières, ensuite les autres, .selon le degré de leur beauté. . Cet usage, lui dis-je, était fort avanlageu.x aux jolies personnes; mais
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que faisiez -vous des laides? Les envoyiez - vous dans c|iiflque ile déserte?— Nous n'étions pas si barbares; on les mariait aussi.— Vous irou\iezdes acheleurs?— INon; mais on leur donnait une dot de l'argent qu'on relirait delà vente des belles, et le peuple ou les gens peu aisés les épousaient pour leur arfjen!. Depuis l'institution de la fête de Mil) ta, cette foutume est abolie; maisona imposé aux femmes une nouvelle espèce de tribut. Elles sont olilinées d'aller une foii dans leur vie au temple de Milyla pour s'abandonner aux étrangers; elles ne peuvent sans crime re user leurs faleurs et l'argent qu'on leur offre, quelt|ue modique que soit la sonune, car elle appartient à la déesse. Après ce sacrifice religieux, elles sont obligées de pas.ser le reste de leurs jours dans la continence. — Cette dernière loi, dit l'banor, g;Me tout , et me parait re qu'il y a de plus difficile à ob-erver dans ce \iku\ désonenient — \'ons vous trompez, reprit Ai-sarne; demandez ;'t Azéina, qui a passé par cette épreuve, si l'observance de cette loi coi'ite beaucoup; elle n'y a pas dérogé une seule fois. » LeThersite musicien voulut repousser cette ironie et défendre l'honneur d'Azéma. « .Mon cher Orphée , lui répliqua Arsame , j'ose doulcr quelquefois de la vertu des femmes ; mais je croirai imperturbablement à la vertu de celles qui auront pu vous résister. A propos de venu, -\zéma a un lonte favori dont il faut qu'elle régale nos convives ; la scène .s'est passée à la cour du roi Antiochus. Vous verrez que l'héroïsme de la vertu ne peut aller plus loin. » Azéma , qui ne demandait pas mieux que d'ofcuper la scène et de se faire écouter, nous fit le récit suivant.