LIVRE VII. CHAPITRE IV
s'ensuit donc qu'elles sont au sage, et que par conséquent il est maquereau. Par cette même raison, ils veulent dire que le sage ne peut rien acheter, et voici leur argument : Personne n'achète ce qui est sien. Tout est au sage. Le sage ne peut donc rien acheter. Ils passent plus outre, et disent qu'il ne peut rien emprunter, parce que personne ne paye intérêt de son argent. Et de cette façon, combien qu'ils entendent bien ce que nous voulons dire, ils nous proposent un nombre infini de calomnieuses* subtilités.
V. Quand je dis que tout est au sage, c'est en sorte que chacun ne laisse pas de demeurer maître du sien ; comme sous un bon règne le Prince a bien la jurisdiction sur toutes choses, mais les particuliers en retiennent la propriété. Ceci se pourra mieux prouver quelque autre fois plus à loisir. 11 suffira pour cette heure de dire que je puis donner au sage ce qui est d'une façon à lui, et de l'autre à moi. Ce n'est pas chose nouvelle, qu'on puisse donner une partie à celui à qui est le tout. Vous m'avez loué une maison. En cette maison il y a du vôtre et du mien. La chose est à vous, et l'usage de la chose est à moi. De même, s'il ne plaît à votre fermier, vous ne pourrez manger des fruits qui naîtront en votre jardin ; et qui! soit famine ou cherté,
Vous lui verrez en vain un grand monceau de blé^.
il aura crû dans votre champ, et sera serré dans votre grenier, et cependant vous n'y oserez toucher. Vous serez maître du logis que vous avez loué, et cependant vous n'y entrerez point. Si votre esclave est à mes gages, vous ne le pourrez emmener s'il ne me plaît. Si vous m'avez loué un coche, vous n'y pourrez avoir place que par ma cour-