I. En latin : In meridianum ivcctaculum
fonneur, et en somme quelque passe-temps qui m'otât le goût des cruautés qui se font aux spectacles des gladiateurs. Au contraire, tout ce que j'avois jamais vu de combats n'étoit que miséricorde. On ne s'amuse plus à des bayes*; ce sont homicides et non autres choses. Ceux qui combattent n'ont rien que la chemise ; tout y est à découvert : aussi ne donnent-ils point de coups qui ne portent. 11 y en a beaucoup qui y trouvent plus de plaisir qu'aux ordinaires, ni qu'aux demandés; et certainement ils ont raison , car le fer entre partout. 11 ne se parle ni de casque ni de bouclier; aussi de quoi servent-ils, ni toute cette dextérité qu'on apprend à l'escrime, sinon de dilayer^ la mort de quelque moment? Au matin on fait combattre les hommes avec des lions et des ours : mais à midi on leur met leurs spectateurs en tête. Aussitôt qu'il y en a un qui a tué son homme, on le met aux mains avec un autre qui le tue ; et jamais on ne laisse le victorieux en repos, jusques à ce qu'un autre l'ait dépêché. Enfin le peuple ne s'en va point que tout ne soit mort : tout passe par le fer et par le feu; c'est ce qui se fait tandis que le théâtre n'est point empêché. Si quelqu'un a fait une volerie, on le pend. S'il a tué, on lui fait souffrir ce qu'il a fait. Mais toi, pauvre misérable, qu'as-tu fait qu'on t'ait condamné au spectacle de toutes ces inhumanités ? Tue, brûle, frappe. Pourquoi est-il si couard à s'enferrer? que n'estil plus hardi à tuer? que ne meurt-il plus volontiers? Ils reçoivent des coups s'ils refusent d'aller aux plaies, et faut que tous nus ils cherchent l'épée l'un de l'autre, et tâchent de la rencontrer. Le spectacle est-il cessé , pour faire toujours quelque chose on égorge des hommes; et cependant vous ne vous prenez pas garde que vous baillez un exemple qui peut tourner à votre préjudice. Vous avez