I. Terme d'escrime
a. Malherbe a suivi la seule leçon adoptée de son temps, damnatur, qui a ici peu de sens, et à laquelle Schweighîeuser, par une conjecture ingénieuse, a substitué dominatur.
pense toujours d'y ajouter; le soin de T accroissement lui Ole la mémoire de l'usage. Il ne bouge du Change* avec quelques marchands ; s'il est chez lui, c'est avec des jetons , quelque registre en la main ; et bref, de maître il devient son procureur et son facteur.
Arguaient. — I. L'étude et l'agitation modérée sont l'exercice de l'àme, comme courir, sauter, aller en carrosse, et parler haut, sont l'exercice du corps. — II. Comme il faut conduire la voix. — m. Celui qui se contente de sa condition est heureux. — IV. Les biens de fortune ne donnent point un parfait contentement, ils sont insidieux et peu solides.
I. Nos pères avoient une coutume que j'ai encore vu garder de mon temps, de mettre au commencement de leurs lettres : Si cous êtes sain, tout va bien. Nous pouvons dire tout de même : Si vous philosophez^ tout va bien; car en cela consiste la santé. Si vous ne philosophez, vous avez l'esprit malade, et votre corps, quelque vigoureux et valide qu'il soit, n'a rien que la force d'un frénétique, ou d'un i'urieux. Pensez donc à cette santé premièrement, et puis à l'autre. Vous en aurez bon marché, si vous avez seulement la volonté de vous bien porter. La souplesse des bras, la dilatation des épaules et raffermissement des reins, ne sont pas occupations d'une âme bien faite ; et un homme de lettres ne fait rien pour lui de s'y arrêter. Faites-vous si gras et si charnu que vous pourrez, un bœuf
I. En latin : Forum cunterit. C'était au forum que se tenaient les bantjuiers et les changeurs.
3i8 LES ÉPiTRES DE SÉÎSÈQUE.
Je sera toujours plus que vous. L'esprit qui porte un si pesant corps, est écorclié de sa charge, et perd beaucoup de sa disposition * ; et pour ce, pressez-vous le plus que vous pourrez le corps, et vous lâchez Fespril. La bonne chère a beaucoup d'incommodités : premièrement en l'exercice il se fait une dissipation d'esprit, qui rend l'homme inhabile à la méditation, où il est besoin de se bander ; davantage la replétion empêche la subtilité ; puis il y a certaine race de gens de néant, par qui nous nous laissons conduire : âmes nées à la servitude, qui toujours dans une étuve, ou dans un cabaret, pensent avoir fait une bonne journée, quand ils se sont fondus en sueur; et d'un repas à l'autre mettent si peu d'intervalle que pour se remplir ils ont lîien à peine loisii- de se vider. Boire et suer sont la vie d'un cardiaque ^ . Il y a des exercices qui ne sont ni longs ni pénibles, qui ouvrent incontinent les pores, tellement qu'il ne s'y perd guère de temps, qui est ce qu il faut principalement considérer : comme sont la course, le mouvement des bras en levant quelque chose de pesant en la main , et le saut en haut, ou en avant, ou bien le salien, autrement et plus injurieusement appelé le saut du foulon. Prenez celui que vous aimerez le mieux : il ne vous donnera point de peine, quand vous vous y serez accoutumé. Quoi que vous fassiez, ne sovez guère avec le corps, que vous ne reveniez incontinent à l'esprit. Passez le jour et la nuit à l'exercer ; c'est chose de peu de travail, que vous pourrez faire au froid et au chaud ; la caducité même de l'âge ne sauroit vous en empêcher. La sollicitude ne peut être infructueuse, et est un bien qui amende de vieillir* . Ce n'est pas que je veuille que vous ne soyez jamais sans un