‹ Œuvres complètes; (volume 2)Chapitre 204 sur 332 · Et n^ est pas, c'est-à-dire ; et il n'est pas · texte numérisé non relu

Et n^ est pas, c'est-à-dire ; et il n'est pas

ÉPÎTRE XLI. 4i3

elle tient à son origine et ne s'en détache point. Elle y est suspendue, elle y tourne les yeux et s'y appuie. Ce qu'elle est parmi nous, c'est pour être notre guide, et comme plus judicieuse, assister à nos actions et nous apprendre à les gouverner.

IL Mais comme la connoîtrez-vous? quand vous la verrez ne se parer d'autre chose que du sien ; car est-il rien de si hors de propos que de louer un homme pour des choses qui ne sont pas à lui? N'est-ce pas n'avoir point de sens, que d'admirer ce qui d'un moment à l'autre peut changer de possesseur? La selle de velours et le mors doré ne font point la bonté d'un cheval. Voyez un lion que le commerce des hommes ait réduit à se laisser dorer le crin et recevoir les embellissements qu'il plaît à son gouverneur de lui donner j et en voyez un autre qui ferme, nerveux, et d'une haleine entière*, n'a pour ornement que cette hideur effroyable avec laquelle la nature l'a fait naître dans les déserts; je ne doute point que vous ne trouviez cettui-ci de meilleure grâce que l'autre, à qui par un long apprivoisement vous verrez souffiir des choses si éloignées de son impérieux et magnanime naturel. C'est une folie à un homme de se glorifier de ce qui n'est pointa lui. Le nombre des raisins, et la pesanteur des grappes qui font ployer les échalas, est la louange d'une vigne : quand elle est fertile, elle est belle. En un homme il faut louer ce qui est sien, et non autre chose. 11 a de beaux enfants, une belle maison, beaucoup de terres labourables, et force argent en rente; tout cela est près de lui, je l'avoue; mais dans lui il n'y en a rien. Donnez-lui des louanges des choses qu'on ne lui peut ôter ni donner, et qui proprement appartiennent à l'homme. Demandez-vous que c'est? L'esprit, et en cet

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