‹ Œuvres complètes; (volume 2)Chapitre 230 sur 332 · C'est un vers de Varron, surnommé Atacinus · texte numérisé non relu

C'est un vers de Varron, surnommé Atacinus

chose qui les trouble, ils soient parmi les sollicitudes* dans leur lit, où ils se tournent tantôt sur un côté, tantôt sur l'autre, et ne dormant que des yeux se font croire d'ouïr ce qu'ils n'ont point ouï^. Que pensez-vous qui en soit cause? Le bruit est dans leur âme. C'est là qu'il faut mettre la paix, et faire cesser la sédition. Elle ne dort pas toujours quand le corps est assoupi : le repos est quelquefois ce qui la travaille.

III. C'est pourquoi quand nous sentons que la fainéantise, impatiente de soi-même, nous donne de mauvaises intentions, il faut chercher de l'exercice, et s'occuper à quelque chose de louable. Les grands capitaines n'ont point de meilleur remède à la désobéissance des soldats que de les tenir continuellement employés. Ceux qui ont tache n'ont jamais loisir de faire les fols. L'occupation est une médecine indubitable aux maux de l'oisiveté.

IV. Ce n'est pas toujours le désordre des affaires publiques qui nous convie à la retraite. Quelque bonne mine que nous fassions, il y a bien souvent du dégoût ou de la peur plus que d'autre chose. C'est pourquoi l'ambition, qui n est pas morte, mais seulement lassée, ou désespérée de quelque mauvais succès, nous vient retreuver en la solitude et nous tourmente en notre maison comme à la cour. J'en dis de même de la luxure : il semble quelquefois qu'elle se soit retirée, et cependant en cette profession de frugalité même et au milieu de l'épargne, montrant qu'elle n'avoit pas condamné les voluptés, mais seulement s'en étoit ennuvée, elle les redemande, et s'y replonge autant plus hardiment que jamais % parce qu'elle pense le faire plus secrètement. Les

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