‹ Œuvres complètes; (volume 2)Chapitre 243 sur 332 · I. Crassitude {crassitudo) , épaisseur · texte numérisé non relu

I. Crassitude {crassitudo) , épaisseur

■i. Divertissement, clétoumeinent. — Déjliuciou, fluxion.

3. On Vu Justement, au lieu de iitcnient, dans l'édition de i63y.

5o2 LES ÉPiTRF.S DE SE^ÈQLE.

les regarderons comme personnes vulgaires et ne ferons pas semblant de nous en émouvoir? Quant à moi, je proteste qu'ils me sont vénérables, et qu'on ne les nomme jamais en ma présence que je ne me lève pour leur faire honneur.

ARGiT'vrEM. — I. Combien il v a de principes des choses, suivant l'opinion de Platon , d'Aristote et des Stoïques. — II. Comment et pourquoi Dieu a créé le monde. — III. Que la méditation des premiers principes nous porte à la connoissance de Dieu et au désir ù'étre réunis à lui. — I\ . Nous devons plutôt penser au bien de l'àme qu'à celui du corps.

Hier au matin j'étois un peu mal fait* : toutefois après midi cela s' étant passé, je me mis à lire*, et par cet essai me trouvant assez en état de travailler, je voulus passer dIus outre. J'avois en main un sujet assez difficile et de quoi j'étois résolu de venir à bout. Je commençai d'en écrire quelque chose et de niv bander plus que je ne fais ordinairement Là -dessus il me survint quelques amis qui mutèrent de dessus la besogne, et me tancèrent comme un malade qui ne se garde pas, et qui ne fait point de cas de sa santé. Les discours furent mis en la place de l'écriture ; et sur ce que nous ne pûmes pas demeurer d'accord de tout ce qui fut mis en avant, vous fûtes nommé pour arbitre ; tellement que cest à cette heure à vous de nous appointer^. \ous avez plus de besogne que vous ne pensez : il \ a trois parties.

1 . Mal fait, mal portant. Hesternum diem dU'isi cum mala valetudine, dit le latin,

u. C'est-à-dire : de nous mettre d'accord.

EPITRE LXV. 5o3

I. Nos Stoïques, comme vous savez, font deux principes de toutes choses, la cause et la matière. La matière demeure oisive et ne fait qu'attendre qu'on la mette en œuvre: mais au reste elle ne bougera, si personne ne la bouge. Or la cause, c est-à-dii'e la raison, donne forme à la matière et la tourne comme bon lui semble : d'où vient toute cette diversité d'ouvrages que nous voyons. 11 faut donc qu'en une chose il y ait ce de quoi elle est faite, et ce qui la fait : l'un, la cause, et l'autre, la matière. Toute science est une imitation de la nature, et pour ce rapportons ce que j'ai dit de l'ouvrage de l'univers à ce qui est de l'opération particulière de l'homme. En une statue il a fallu qu'il y ait eu de la matière qui reçût l'artifice*, et un artisan qui donnât un visage à la matière. En la statue donc^ le bronze a été la matière, la cause, l'ouvrier. Toutes autres choses en sont de même. Elles sont composées de ce qui est fait et de ce qui fait. Les Stoïques ne reconnoissent point d'autre cause que ce qui fait. Aristote en met de trois sortes : la première, la matière, sans laquelle rien ne se fait; la seconde, l'ouvrier; et la troisième, la forme, qui est donnée aux ouvrages, comme à une statue, et l'appelle eiooç. 11 v ajoute encore une quatrième, qui est l'intention de l'ouvrage. Je m en vais vous dire ce que c'est. Le bronze est la première cause de la statue ; car pour la faire, il étoit nécessaire d'avoir ce de quoi elle de voit être faite. La seconde cause, c'est l'ouvrier; car ce bronze n'eût jamais été statue, sans la dextérité de quelque main capable de le

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