‹ Œuvres complètes; (volume 2)Chapitre 306 sur 332 · I. C'est-à-dire : N'ont de hauteur que si on les regarde · texte numérisé non relu

I. C'est-à-dire : N'ont de hauteur que si on les regarde

ÉPiTRE LXXXV. 655

ce que les Stoïques en disent. Mais j'avois passé par-dessus ce qu'il y a de plus difficile. A cette heure-ci, comme vous desirez, jevoudrois ramasser toutes leurs raisons, et tout ce qu'on a depuis inventé sur leur tradition. Il faut' que je vous fasse un livre plutôt qu'une lettre. Je vous proteste, comme j'ai déjà fait plusieurs fois, que je ne me plais point en cette façon d argumenter. Je rougis de disputer la cause des Dieux et des hommes, avec une alêne à la main^. Qui est prudent est tempérant : qui est tempérant est constant : qui est constant est imperturbable : qui est imperturbable est sans tristesse : qui est sans tristesse est heureux. Il s'ensuit donc que qui est prudent est heureux, et que la prudence est suffisante à l'acquisition de la béatitude de la vie.

I. La réponse que font à cela quelques Péripatétiques. c'est que quand on dit qu'un homme est imperturbable, qu'il est constant, qu'il est sans tristesse, il ne s'entend pas que celui qu'on appelle imperturbable n'ait jamais de perturbations, mais qu'il en a peu, et que celles qu'il a sont modérées. Tout de même, quand on dit qu'un homme est sans tristesse, ce n'est pas qu'il ne se puisse quelquefois attrister; mais il n'y est ni fréquent ni excessif. Ils tiennent que de dire qu'un homme puisse être exempt de tristesse , c'est nier qu'il ait la nature d'un homme; et que certainement le sage ne souffre pas que les ennuis le surmontent, mais qu'il ne sauroit empêcher qu'ils ne le touchent. Ils amènent tout plein d'autres telles raisons, qui répondent à la doctrine de leur secte, et n'ôtent pas du tout les passions, mais les retranchent. Làdessus, je leur voudrois bien demanfk*r quelle gloire ils

I. Ne faut-il pas lire : a A cette heure, si, comme vous désirez,

je voulois il faut?... «

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