‹ Œuvres complètes; (volume 2)Chapitre 311 sur 332 · Sénèque dit : Quamcumqite fortitnam acceperit · texte numérisé non relu

Sénèque dit : Quamcumqite fortitnam acceperit

mette à genoux et ne maiche sur la coide, quand il lui commandera. Le sage a cette même industrie d'apprivoiser les incommodités. La douleur, la pauvreté, l'ignominie, la prison, l'exil, et toutes ces autres choses de qui la seule imagination nous fait horreur, se domestiquent aussitôt qu'elles sont arrivées entre ses mains.

EPITRE LXXXVL

Arguivient. — I. Qu'il faut plus chérir notre houneiir propre que l'obéissance que nous devons aux lois. — II. Contre les somptuosités des étuves et les dissolutions. — III. De la vie rustique et de la façon de planter les oliviers.

I. Je vous écris cette lettre de la maison qui lut à Scipion l'Africain. C^e n'est pas sans avoir adoi'é son ombre, et un autel sous lequel je me doute que ce grand personnage soit enterré. Pour son âme, je crois certainement que comme céleste elle s'en soit retournée au ciel ; non pour avoir mené de grandes armées, car Cambyse qui fiit un furieux et de qui la fureur ne manqua point de succès, avoit fait le même ^; mais pour sa modération et piété mémorable que plus glorieusement il témoigna quand il quitta sa patrie que quand il la défendit. Gomme il vit le peuple en cette opinion, qu'il falloit que Scipion ou la liberté sortissent de Rome, et qu'il étoit impossible de retenir l'un sans perdre l'autre : « Je ne veux point, dit-il, qu'en ma considération l'autorité des lois soit violée. 11 est raisonnable que ce qui est ordonné pour tous soit observé de tous. Usez sans moi, ma patrie, du bien que vous

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