I. En latin : quorum visus in prox'imo déficit
«Il oit inutile. Ce qui est trop grand est aussi difficile à comprendre comme ce qui est trop petit. On distingue un peuple en lignées, et une armée en compagnies. Depuis qu'une chose a quelque grandeur notable, on la connoît mieux, quand on la considère par ses parties, pourvu, comme j'ai dit, qu'on ne les fasse point si petites, que le nombre en soit infini. Autant vaudroit les laisser en leur entier, que d'en faire tant de parts, que ce ne fût jamais fait de les éplucher. Ce n'est que confusion que de les couper si menu,
I. Premièrement donc, si vous le trouvez bon, je vous dirai la différence d'entre la sagesse et la philosophie. La sagesse est la félicité parfaite de l'esprit de l'homme, la philosophie est l'amour et l'affection de l'acquérir : c'est elle qui montre le chemin d'aller à l'autre, et ne lui faut point d'autre témoignage. Le nom qu'elle porte est une marque qui la fait assez connoître. Il y en a qui l'ont définie une science des choses humaines et divines. Quelques-uns y ajoutent et de leurs causes; mais je jie trouve pas que cette addition v serve beaucoup, parce que les causes sont parties des choses. Il y en a d'autres qui Font appelée une étude de vertu, d'autres une étude de la correction de l'âme, et d'autres encore une affection de trouver ce qui justement est raisonnable. Pour la différence d'entre la philosophie et la sagesse, elle n'a presque jamais été contredite de personne. Aussi ne se peut-il faire que le désir et ce qui est désiré soient une même chose : la même différence qui est entre l'avarice et l'argent, est entre la philosophie et la sagesse. La sagesse est l'effet et la récompense de la philosophie : la philosophie marche vers la sagesse ; la sagesse attend de pied ferme qu'on vienne à elle. La sagesse est ce que les Grecs appellent sophie. Nous nous sommes autrefois servis de ce mot, comme nous faisons de celui de philoso-
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phie. Encore à cette heure, nos vieilles comédies le vous témoigneront, et l'inscription du monument de Dossennius : Passant, demeure et lis la sophie de Dossenniiis^ . 11 s'est pourtant trouvé quelques Stoïques qui, bien que la philosophie soit une étude de vertu, et que l'une recherche et l'autre soit recherchée, ont tenu cependant qu'il est impossible de les séparer et qu'il ne peut jamais être de vertu sans philosophie, ni de philosophie sans vertu. Si la philosophie est une étude de vertu, c est par le moyen de la vertu même : qui est vertueux ne peut n'étudier point à la vertu, et qui étudie à la vertu ne peut n'être point vertueux ; car il n'en est pas comme de ceux qui de loin visent à frapper quelque chose , où le tireur est en un endroit et le blanc en l'autre ; ni comme des chemins qui nous mènent aux villes et en sont dehors. On arrive à la vertu par la vertu même ; et par ainsi, la phdosophie et la vertu sont attachées l'une à l'autre. Il y a eu plusieurs grands personnages qui ont divisé la philosophie en trois parties : morale, naturelle et rationnelle. La première a pour sujet le règlement de l'âme ; la seconde recherche la nature des choses; la troisième examine la propriété des paroles, leur agencement et les arguments, afin qu'on ne nous surprenne par la supposition du mensonge en la place de la vérité. Il s'en est trouvé qui ne l'ont pas divisée en tant de parties, et d'autres qui l'ont divisée en davantage. Quelques-uns des Péripatétiques y ont mis la civile^ pour une quatrième, pource qu'il semble qu'elle ait son exercice et son occupation à part. Quelques autres y ont encore ajouté l'économique, qui est la science de
1. Il j a Possennius clans toutes nos éditions; mais c'est évidemment une faute des imprimeurs; dans l'épître suivante (chap. iv), ils ont de même changé en P le /) initial de Dcdalus. La vraie forme du nom est Dossennus.