I. J.ihéralité; en latin hencficcntïu
EPITRK XC. 711
Soloii fut celui ' des Athéniens, qui le mirent au nombre de ces sept de qui la prudence fut de son temps en si grande réputation. Si Lycurgus eût été du même siècle, il auroit été le huitième. Zaleucus et Charondas, qui n'avoient jamais vu ni barreaux, ni écoles, et ne savoient que ce que le saint et silencieux réduit de Pythagore leur avoit appris, policèrent de leurs belles ordonnances non-seulement la Sicile, alors fleurissante, mais toutes les villes que la Grèce avoit conquises en la côte d'Italie. Avec tout cela je m'accorde bien avec Posidonius ; mais je ne veux pas comme lui faire cet honneur aux arts mécaniques, que d'en attribuer l'invention à la pl\ilosophie.
IV. Il dit que du commencement, comme les hommes étoient épars, qui d'un côté, qui de l'autre, sans autre couvert que du creux d'un rocher ou d'un arbre, ou pour le mieux , de quelque chétive cabane , ce fut elle qui leur apprit à se loger dans des palais. Pour moi je ne crois non plus que tous ces bâtiments à tant d'étages, les uns sur les autres, et si spacieux que les villes leur sont trop étroites, soient de son invention, comme ^ ces réservoirs où les poissons sont enclos par troupes, et chacun selon leurs espèces ont leur quartier à part, afin que la friandise, quelque mauvais temps qu'il fasse sur la mer, ne soit jamais dépourvue, et sans danger puisse pécher quand il lui plaira. Penseriez-vous bien que la philosophie eût inventé les clefs et les serrures ? Ne seroit-ce pas comme qui l'accuseroit d'avoir mis l'avarice au monde ? Penseriez-vous que pour demeurer en une appréhension perpétuelle sous des bâtiments suspendus, elle eût dédaigné tant d'agréables retraites, que sans art et sans difficulté la nature lui présentoit? Croyez-moi : ces premiers siècles où la vie
I. C/'cst-à-dirc : le premier auteur des lois d'Atlièues. En latin : So/on, gui Atlicnas xquo jure Jundav'it.,.. 1. Aon plus — comme, pas ])lus que.
étoit si heureuse n'avoient point darcliitectes- et tous les artifices d'escarrer - les poutres, et de conduire la scie dans une ligne, sans varier ni d'un côté ni d'autre, sont venus au monde quand et le luxe :
Car le bois au vieux temps de coins étoit fendu *.
Ces salles à festin, qu'on fait aujourd'hui si grandes que toute une ville y mangeroit, étoient alors inconnues. On ne voyoit point un nombre infini de charrettes, chargées de pins et de sapins, pour faire des lambrissures dorées, se suivre queue à queue dans les rues et les faire trembler sous leur pesanteur. Deux pieux fourchus soutenoient les deux côtés de leurs loges. Les couvertures en étoient de ramée, qu'ils entrelaçoient lune l'autre % et faisoient descendre en talus si proprement qu'il ne pouvoit faire de pluie si longue ni si violente qui neùt moyen de s'égoutter.
V, Là dedans ils se tenoient assez forts pour ne rien craindre. La liberté les accompagnoit sous le chaume. C'est dans les murailles de marbre et sous les planchers dorés qu'habite la servitude. Je ne suis pas aussi de son avis, en ce qu il croit que les sages soient inventeurs de tous ces outils dont se servent les artisans \ car, à son compte, il faudroit dire que les mêmes sages eussent les premiers trouvé la manière de chasser :
Tt///c laqueis, etc. *,
qui sont toutes inventions de l'industrie et sagacité des