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vainquit son père , quand après avoir en une grande bataille défait ses ennemis, il le fit jouir de sa conquête, et lui remit le royaume de Syrie entre les mains. C'est vraiment être roi, que de le pouvoir être et ne le vouloir pas. Titus Manlius vainquit son père, quand pour la stupidité de son esprit ayant été par lui relégué aux champs pour un temps , il vint trouver un tribun du peuple , qui a voit mis son père en comparence* personnelle, et lui demanda le jour de l'assignation. Le tribun qui pensoit que ce jeune homme d'un côté voulût mal à son père, et de l'autre lui dût savoir bon gré, pource que sa relégation étoit un des principaux points qu'il lui mettoit sus, se laissa conduire sans y penser en un lieu fort écarté, où Titus Manlius se trouvant seul avec lui, lui mit la dague à la gorge, et lui dit que s'il ne lui juroit de quitter cette poursuite il lui alloit faire perdre la vie, et qu'il choisît de quelle façon il aimoit mieux que son père demeurât sans accusateur. Le tribun lui promit qu'il ne passeroit pas plus avant, et ne le trompa point; mais pour sa décharge déclara de\ant l'assemblée ce qui s' étoit passé. Je \ous laisse à penser si un autre que lui eût eu si bon marché de faire un affront à un tribun.
XXXVIIL Un exemple me fait souvenir d'un autre, de sorte que je n'aurois jamais fait si je voulois vous raconter ceux qui ont cherché leur péril pour le salut de leurs pères, ou qui, d'un lieu bas où la fortune les avoit fait naître parmi le peuple, leur ont donné les premières places au théâtre de la gloire. Aussi vraiment est-ce un ou \ rage louable au delà de toutes louanges , et recommandable par- dessus toute recommandation, de pouvoir dire : « J'ai obéi à mon père et à ma mère; je leur
I . Comparence, comparution ; mettre en compareiivc, ajourner à ronipariTÎtre.