I. Jupiter Stator
Malhekiîe. Il
science viennent de lui. Tournez-vous de quelque côté que vous voudrez, vous le verrez se présenter à vous. Il est partout. Toute sa besogne est pleine de lui. Tu n'avances donc rien de dire que tu ne dois rien à Dieu, puisque tu te confesses obligé à la Nature. Elle n'est point sans lui, ni lui sans elle. L'un et l'autre ne sont qu'un. Il n'y a point de différence. Si Sénèque vous a prêté quelque chose, sachez-en gré à Annaeus ou àLucius', n'importe; c'est toujours un même créancier, encore que les noms soient différents. Nommez-le comme bon vous semblera, c'est toujours lui. Aussi dites Nature, Destin, Fortune : ce sont les noms d'un même Dieu , qui use diversement de son pouvoir. La justice, probité, prudence, valeur, et tempérance, sont toutes qualités qui se peuvent trouver en une seule âme. Aimez-en celle qu'il vous plaira : c'est l'âme que vous aimez.
IX. Mais afin que obliquement le discours ne m'emporte à une autre dispute , Dieu fait une infinité de grandes grâces à l'homme, sans espérance qu'il lui en revienne rien, parce que Dieu n'a point besoin qu'on lui donne, et aussi que l'homme n'est pas capable de rien donnera Dieu. Il s'ensuit donc que c'est chose désirable de soi que de faire plaisir. Toute l'utilité qu'il y faut considérer, c'est celle de celui qui reçoit; pour la nôtre, il la faut mettre à part. Vous dites que les laboureurs ne jettent pas leurs grains sur le sable, et que tout de même quand nous voulons donner, il faut prendre garde que ce soit en lieu qui le mérite. Quand nous faisons plaisir, nous avons la considération même que nous avons quand nous labourons et que nous semons; car ce n'est pas chose désirable de soi que de labourer ou de semer. Vous
I . Ce sont les trois noms de Sénèque ; il s'appelait Lucius Ânnxtis Seneca.