LIVRE IV. CHAPITRE VI
lait aux enfants, que la puberté quand nous commençons à nous fortifier, et que les dernières dents qui nous viennent quand nous sommes arrivés jusques où nous devons croître , pour nous avertir d'être préparés à nous en retourner. Nous avons en nous les semences de tout âgfe et de toute science, et Dieu comme souverain ouvrier s'est réservé l'autorité de les faire sortir comme il lui plaît.
VII. Vous direz que ce sont choses qui viennent de Nature. Ne voyez-vous pas qu'en disant cela vous ne faites que changer le nom à Dieu? Que pensez-vous que ce soit que Nature , sinon Dieu même , et sa providence infuse au monde, et distribuée à toutes ses parties.^ Vous le pouvez nommer de telle autre façon qu'il vous plaira, Jupiter très-bon, très-grand, tonnant, et arrêteur *; non, comme disent nos histoires , pource qu'après un vœu qui lui fut fait, l'armée des Romains qui étoit en fuite s'arrêta , mais pource que par lui toutes choses s'arrêtent et s'affermissent. Si vous le voulez appeler Destin , vous le pouvez faire , et ne mentir point ; car puisque le Destin n'est autre chose qu'une enfilure de causes accrochées l'une à l'autre, il faut qu'il soit le Destin, puisqu'il est la première cause à laquelle toutes les autres causes sont attachées. Il n'v a point de nom propre à signifier quelque effet ou quelque vertu céleste qui ne lui puisse être approprié. Autant qu'il fait de sortes de bien, autant il peut avoir de sortes de noms.
VIII. A Rome nous l'appelons le père Liber, Hercule et Mercure. Père laber, pour l'invention des semences et réparation de la nature avec plaisir. Hercule, pource qu'il n'y a rien de plus fort que lui , et qu'après s'être lassé des ouvrages du monde, on tient qu'il se doit résoudre en feu. Mercure, pource que la raison, le nombre, l'ordre et la