‹ Œuvres complètes; (volume 3)Chapitre 119 sur 295 · A MADAME LA PRINCESSE DOUAIRIERE, CHARLOTTE DE LA TRIMOFILLE · texte numérisé non relu

A MADAME LA PRINCESSE DOUAIRIERE, CHARLOTTE DE LA TRIMOFILLE

Suivant Ménage, Malherbe fit ce sonnet en arrivant à la cour, c'est-à-dire en ifioS. Il l'envova à la princesse (Charlotte-Catherine de la Trémouille, veuve de Henri I"', prince de Condé), avec une lettre qui a été publiée, et où il lui dit : o Je vous apporte Toffrande d'un chétif sonnet que je fis tout aussitôt que je sus qu'au lieu de revenir par deçà, vous tourniez le visage vers la Provence. »

Ces vers furent imprimés pour la première fois, en 1620, dans les tomes I et II des Délices de la poésie francoise.

Quoi donc , grande Princesse en la terre adorée , Et que même le ciel est contraint d'admirer, Vous avez résolu de nous voir demeurer En une obscurité d'éternelle durée?

La flamme de vos yeux , dont la cour éclairée 5

A vos rares vertus ne peut rien préférer, Ne se lasse donc point de nous désespérer. Et d'abuser les vœux dont elle est désirée?

Vous êtes en des lieux, où les champs toujours verts, Pour ce qu'ils n'ont jamais qtie des tièdes hivers, i o

Semblent en apparence avoir quelque mérite.

Mais si c'est pour cela que vous causez nos pleurs , Comment faites-vous cas de chose si petite. Vous de qui chaque pas fait naître mille fleurs?

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