POUR ALCANDRE
Je ne pense pas que ces stances aient paru avant l'édition de i63o.
On sait que, malgré ses cinquante-six ans, Henri IV (voyez la notice de la pièce précédente) s'était épris de la passion la plus violente pour Charlotte-Marguerite de Montmorency, dont il rompit l'union projetée avec Bassompierre, et qu'il maria en mai 1609 à Henri de Bourbon, prince de Condé. Il espérait le trouver de facile composition; mais le prince, ennuyé des poursuites du Roi, quitta Fontainebleau au mois de juillet, fut obligé d'y revenir en septembre, et enfin, le 29 novembre, s'enfuit avec sa femme à Landrecies , d'où il gagna Bruxelles. — Sur les circonstances de cette fuite et les extravagances que la passion lit faire au Roi , voyez les Mémoires, pas toujours ti'èsexacts pour les dates, de Bassompierre, le Journal de l'Estoile, années 1609, 1610, et les Historiettes de Tallemant [Madame la Princesse, Henri IV, etc.).
Suivant un usage qui eut cours pendant tout le dix-septième siècle, et qui nous paraît bien singulier aujourd'hui, Henri IV, pour chanter son amour et ses peines, eut recours à autrui, a Le Roi, écrit Malherbe à Peiresc ( Chandeleur 1 609 ) , m'a entretenu de quelque autre galanterie dépendante du ballet qui étoit la vraie occasion pourquoi il m'a envoyé quérir exprès par un garçon de chambre , et le ballet n'a servi que de prétexte. » A sa demande ou, pour mieux dire, sur sa commande, le poëte comjiosa les pièces sui^-antes :