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Dieux! que les destinées
Les plus obstinées Tournent de mal eu l/iei! !
POÉSIES, XLVI. i65
Mon soin n'est point de l'aire
En l'autre hémisphère 5 o
Voir mes actes guerriers ; Et jusqu'aux bords de l'ontle
Où finit le monde , Acquérir des lauriers.
Deux beaux yeux sont l'empire 5 5
Pour qui je soupire ; Sans eux rien ne m'est doux ; Donnez-moi cette joie
(^ue je les revoie , Je suis Dieu connue vous. «io
i66 POÉSIES, XLVII.
Publiée pour la première fois en ifiii, dans le Temple d'Apollon, cette pièce a été placée par Saint- Marc en tête de celles que Malherbe composa pour les amours de Henri IV. J'ai cru, d'après les raisons rapportées plus haut (xi.ni, notice), pouvoir la mettre la dernière. Elle me semble, en outre, respirer un certain air guerrier s'accordant très-bien avec les préparatifs militaires du Roi, qui avait déclaré vouloir prêter cinquante mille hommes à son compère ( le maréchal de Montmorency) , pour aller chercher sa fille en Flandre.
Donc cette merveille des cieux ,
Pour ce qu'elle est chère à mes yeux ,
En sera toujours éloignée;
Et mon impatiente amour ,
Par tant de larmes témoignée , 5
N'obtiendra jamais son retour?
Mes vœux donc ne servent de rien ;
Les Dieux , ennemis de mon bien ,
Ne veulent plus que je la voie ;
Et semble que les rechercher i o
De me permettre cette joie,
Les invite à me l'empêcher.
O beauté, reine des beautés,
a. Vak. (P) : Parce qu'elle.
10, II. Vak (N et P) :
Et semble que de rechercher
Qu'ils me permettent cette joie.
Seule de qui les volontés
Président à ma destinée , 1 5
Pourquoi n'est comme la toison
Votre conquête abandonnée
A l'efTort de quelque Jason?
Quels feux, quels dragons, quels taureaux, Quelle horreur de monstres nouveaux , 1 n
Et quelle puissance de charmes , Garderoit que jusqu'aux enfers Je n'allasse avecque les armes Rompre vos chaînes et vos fers ?
N'ai-je pas le cœur aussi haut , 2 s
Et pour oser tout ce qu'il faut
Un aussi grand désir de gloire ,
Que j'avois lorsque je couvri
D'exploits d'éternelle mémoire
Les plaines d'Arqués et d'Ivri? 3o
Mais quoil* ces lois dont la rigueur
Tiennent mes souhaits en langueur
Régnent avec un tel empire ,
Que si le ciel ne les dissout ,
Pour pouvoir ce que je désire 3 5