Var. cl et R^ : Dont ta vertu
POESIES, LUI. i85
Des images et des autels? 60
Que sauroit enseigner aux princes
Le grand Démon qui les instruit,
Dont ta sagesse en nos provinces
Chaque jour n'épande le fruit ?
Et qui justement ne peut dire, 6 5
A te voir régir cet empire ,
Que si ton heur étoit pareil
A tes admirables mérites ,
Tu ferois dedans ses limites
Ijcver et coucher le soleil ? 70
Le soin qui reste à nos pensées ,
O bel astre, c'est que toujours
Nos félicités commencées
Puissent continuer leur cours.
Tout nous rit , et notre navire 7 5
A la bonace qu'il désire;
Mais si quelque injure du sort
Provoquoit l'ire de Neptune,
Quel excès d'heureuse fortune
Nous garantiroit de la mort ? 80
Assez de funestes batailles
Et de carnages inhumains
Ont fait en nos propres entrailles
Rougir nos déloyales mains ;
Donne ordre que sous ton génie 8 5
Se termine cette manie;
Et que las de perpétuer
Une si longue malveillance ,
Nous employions notie vaillance
Ailleurs qu'à nous cntrc-tuer. 90
iSG POÉSIES, LUI.
La discorde aux crins de couleuvres ,
Peste fatale aux potentats,
Ne finit ses tragiques œuvres
Qu'en la fin même des Etats ;
D'elle naquit la frénésie 9 5
De la Grèce contre l'Asie ,
Et d'elle prirent le flambeau
Dont ils désolèrent leur terre ,
Les deux frères de qui la guerre
Ne cessa point dans le tombeau. i oo
C'est en la paix que toutes choses
Succèdent selon nos désirs ;
Comme au printemps naissent les roses ,
En la paix naissent les plaisirs;
Elle met les pompes aux villes , i o o
Donne aux champs les moissons fertiles ,
Et de la majesté des lois
Appuyant les pouvoirs suprêmes,
Fait demeurer les diadèmes
Fermes sur la tête des rois. 1 1 o
Ce sera dessous cette égide ,
Qu'invincible de tous côtés,
Tu verras ces peuples sans bride
Obéir à tes volontés ;
Et surmontant leur espérance , i i5
Remettras en telle assurance
Leur salut qui fut déploré ,