EPITAPHE DE FEU MONSEIGNEUR LE DUC D ORLEANS
IV. de France, duc d'Orléans, second fils de Henri IV, né à Fontainebleau le 16 avril 1607, mort le 17 novembre 161 1, sans avoir été nommé.
L'épitaphe parut, en 1620, dans les tomes I et II des Délices de la poésie française.
« M. de Segrais m'a dit, rapporte Ménage, qu'il avoit ouï dire autrefois à feu M. le duc d'Orléans, Gaston de France, que les religieux de Saint-Denis en France avoient refusé de mettre dans leur église où ce petit duc d'Orléans est enterré, ce sonnet de Malberbe, quoique parfaitement beau, à cause du vers où il est parlé de Mars, et de celui où il est parlé de la Parque , qui sont des divinités païennes. »
Plus Mars que Mars de la Thrace , Mon père victorieux Aux rois les plus glorieux Ota la première place.
Ma mère vient d'une race Si fertile en demi-dieux, Que son éclat radieux Toutes lumières eJBface.
Je suis poudre toutefois ; Tant la Parque a fait ses lois Egales et nécessaires ;
Rien ne m'en a su parer;
igo POÉSIES, LIV.
Apprenez, âmes vulgaires, A mourir sans murmurer.
12-14. Imitation des vers suivants de Jean Second dans son épitaphe de Marguerite d'Autriche, fille de l'empereur Maximilien I^r :
At vos plebeio geniti de sanguine, quando Ferrea nec nobis didicerunt fata nec iiUis Parcere nominibiis, patientius ite sub umbras.
A LA REINE, MERE DU ROI, SUR LA MORT DE MONSEIGNEUR LE DUC d'oRLÉANS.
Imprimé pour la première fois dans l'édition de i63o. Le tome I des Délices de la poésie française , édition de 1620, contient de Colomby, l'un des disciples de Malherbe, une pièce sur le même sujet et qui commence ainsi :
Consolez-vous, Madame; essuyez votre face.
Consolez-vous , Madame , apaisez votre plainte ; La France , à qui vos yeux tiennent lieu de soleil , Ne dormira jamais d'un paisible sommeil Tant que sur votre front la douleur sera peinte.
Rendez-vous à vous-même , assurez votre crainte , f;
Et de votre vertu recevez ce conseil ,
Que souffrir sans murmure est le seul appareil
Qui peut guérir Teimui dont vous êtes atteinte.
Le ciel , en qui votre âme a borné ses amours ,
Etoit bien oblige de vous donner des jours r o
Qui fussent sans orage, et qui n'eussent point d'ombre.
Mais ayant de vos fils les grands cœurs découverts , N'a-t-il pas moins failli d'en otcr un du nombre, Que d'en partager trois en un seul univers?