Yayez ibidem, p
2. Le fait se passa à I^on où, à l'occasion de son mariage avec Marie de Médicis, le Koi séjourna du 9 décembre ifioo au 20 janvier 1601 . Ce fut seulement le 9 novembre suivant que Malherbe écrivit d'Aix à du Perron une lettre de remercimcnt dont voici le commencement : « Monsieur, il y a buit ou dix mois que je fus averti qu'au dernier vovage de Lvon, vous ti'ouvant un soir au souper du Roi, sur un discours qui se prJr i, vous prîtes occasion de me nommer à Sa Majesté, et le fîtes a\Cc des termes qui furent jugés de ceux qui les ouïrent ne pouvoir partir que d'une singulière et du tout extraordinaire affection en mon endroit. Ce rapport, qui me fut fait premièrement par un gentilhomme de mes amis, me fut, à ne mentir point, une merveille si grande que je ne pense jamais avoir rien ouï de quoi je demeurasse plus étonné.... Toutefois ce même
XXII ISOTICE BIOGRAPHIQUE
Henri IV garda le souvenir de celui que du Perron avait loué si magnifiquement devant lui, et il en parlait souvent à un compatriote du poëte, à Vauquelin des Yveteaux, poëte luimême et qui était alors précepteur de César de Vendôme. Des Yveteaux offrit plusieurs fois de le faire venir à la cour, mais le Roi, « qui étoit ménagei", » reculait toujours devant cette dépense : du moins Racan l'affirme. De son côté, Malherbe, qui était probablement prévenu de cette bonne volonté, chercha à ne point se laisser oublier; et la dernière année de son séjour à Aix, il composa pour un combat de barrière qui eut lieu à la cour, le i5 février i6o5, des strophes que l'on imprima quelque temps après, dans une relation de cette féte^ Lorsqu'au mois d'août suivant, il arriva à Paris, des Yveteaux s'empressa de prévenir le Roi, qui manda le poëte, et Malherbe, sans cramte d'être démenti, pouvait, le lo septembre 1625, écrire à Racan : « Si je n'ai autre avantage, pour le moins ai-je celui de n'être point venu à la cour demander si l'on avoit affaire de moi, comme la plupart de ceux qui y font aujourd'hui le plus de bruit. Il v a eu, en ce mois où nous sommes, vingt ans que le feu Roi menvova quérir par M. des Yveteaux, me commanda de me tenir près de lui et m'assura qu'il me feroit du bien *. » Le Roi partait alors pour aller tenir les grands jours en Limousin, et il lui commanda, pour cette circonstance, des vers que le poëte lui présenta à son retour *. C'est la belle ode
O Dieu, dont les bontés de nos larmes touchées.
Jamais, même aux plus beaux jours de l'Académie de Charles IX, le Louvre n'avait retenti d'une pareille poésie. Henri
avis m'ayant été confirraé par une infinité de personnes d'honneur qui se disoient y avoir été présentes, il faut que je le tienne pour véritable et que, contre ma coutume, je me lâche à quelque vanité »