‹ Œuvres complètes; (volume 3)Chapitre 210 sur 295 · Ce n'est pas le seul hiatus de l'ode. Voy. v. fi · texte numérisé non relu

Ce n'est pas le seul hiatus de l'ode. Voy. v. fi

Captivent les affections

Des cœurs, clés yeux et des oreilles;

Forçant les personnes tVhonneur lo

De te souhaiter tout bonheur

Pour tes qualités nonpareilles.

Tu sais bien que je suis de ceux

Qui ne sont jamais paresseux

A louer les vertus des hommes; 1 5

Et dans Paris en mes vieux ans

Je passe en ce devoir mon temps,

Au malheureux siècle où nous sommes.

Mais, las! la perte de mon fils.

Ses assassins d'orgaieil bouffis, 20

Ont toute ma vigueur ravie ',

L'in^atitude et peu de soin

Que monti'ent les grands au besoin,

De douleur accablent ma vie.

Je ne désiste pas pourtant 2 5

D'être dans moi-même content

D'avoir bien vécu dans le monde,

Prisé (quoique vieil abattu)

Des gens de bien et de vertu :

Et voilà le bien qui m 'abonde. So

Nos jours passent comme le veut; Les plaisirs nous vont décevant ; Et toutes les faveurs humaines Sont bémérocalles d'un jour;

34. Il V a ici pléonasme, ctiv lienitiocalles signifie a licantés d un jour. »

POÉSIES, CV. a87

Grandeurs, richesses et Faniour 3 5

Sont fleurs périssables et vaines.

Nous avons tant perdu d'amis,

Et de biens, par le sort transmis

Au pouvoir de nos adversaires ;

Néanmoins nous voyons du port 4 o

D autrui le débris et la mort ,

En nous éloignant des corsaires.

Ainsi puissions-nous voir longtemps

Nos esprits libres et contents,

Sous rinfluence d'un bon astre. 4 5

Que vive et meure qui voudra !

La constance nous résoudra

Contre Teffort de tout désastre.

Le soldat remis par son chef,

Pour se garantir de méchef, 5o

En état de faire sa garde,

N'oseroit pas en déloger

Sans congé, pour se soulager.

Nonobstant que trop il lui tarde;

Car s'il procédoit autrement, 5 5

Il seroit puni promptement,

Aux dépens de sa propre vie.

Le parfait chrétien tout ainsi ,

Créé pour obéir ici,

Y tient sa fortune asservie, <>"

11 ne doit pas quitter le lieu Ordonné par la loi de Dieu ; Car rfmif qui lui est commise,

i8S POÉSIES, CV.

Félonne ne doit pas fuir

Pour sa damnation n'encourir, 65

Et n'être en l'Erèbe remise.

Désolé je tiens ce propos,

Voyant approcher Atropos

Pour couper le nœud de ma trame ;

Et ne puis ni veux l'éviter, 7 o

Moins aussi la précipiter ;

Car Dieu seul commande en mon âme.

Non, Malherbe n'est pas de ceux

Que l'esprit d'enfer a déceus

Pour acquérir la renommée 7 5

De s'être affranchis de prison

Par une lame, ou par poison,

Ou par une rage animée.

Au seul point que Dieu prescrira.

Mon âme du corps partira 8 o

Sans contrainte ni violence ;

De l'enfer les tentations,

Ni toutes mes afflictions

Ne forceront point ma constance.

Mais, la Garde, voyez comment 8 5

On se divague doucement,

Et comme notre esprit agrée

De s'entretenir piès et loin ,

Encor qu'il n'en soit pas besoin ,

Avec l'objet qui le récrée. 90

fiS. Damnation devrait avoir ici quatre syllabes, comme tentation et affliction, qui se trouvent un peu plus loin (v. 8a et 83). 74- Déceus, déçus.

J 'a vois mis ma plume à la main ,

Avec riionorable dessein

De louer votre sainte Histoire ;

Mais l'amitié que je vous dois,

Par delà ce que je voulois 95

A fait débaucher ma mémoire.

Vous m'étiez présent en l'esprit,

En voulant tracer cet écrit ',

Et me sembloit vous voir paroître

Brave et galant en cette cour, 100

Où les plus huppés à leur tour

Tâchoient de vous voir et connoître.

Mais ores à moi revenu ,

Comme d'un doux songe advenu

Qui tous nos sentiments cajole ; 1 o 5

Je veux vous dire franchement ,

Et de ma façon librement ,

Que votre Histoire est une école.

Pour moi, en ce que j'en ai veu

J'assure qu'elle aura l'aveu i i o

De tout excellent personnage ;

Et puisque Malherbe le dit ,

Cela sera sans contredit,

Car c'est un très-juste présage.

Toute la France sait fort bien i i 5

Que je n'estime ou reprends rien

Que par raison et par bon titre ,

Et que les doctes de mon temps

Ont toujours été très-contents

De m'élire pour leur arbitre. i ?.»

lAI.HEKIir.. I 19

ago POÉSIES, CV.

La Garde, vous m'en croirez donc,

Que si Gentilhomme fut onc

Digne d'éternelle mémoire.

Par vos vertus vous le serez,

Et votre los lehausserez 125

Par votre docte et sainte Histoire.

POÉSIES, CVI. agi

GVI

A MONSIEUR DE LÀ MORELLE , SUR LA PASTORALE DE l'amour CONTRAIRE.

SOJ«VKT.

Je dois à l'oliligeaiice de M. Marty Laveaux d'avoir pu retrouver ce sonnet, oublié jusqu'ici, et qui est placé en tète de PitUine ou t Amour contraire, Pastoralle, par le sieur de la IMorelle, Paris, ifiSo, in-8°. Le libraire, dans VAvis au lecteur, dit que cette pièce a été représentée bien des fois sur le théâtre de l'hôtel de Bourgogne et dans les meilleures maisons de la France, et que ce sont des amis de l'auteur et entre autres Malherbe qui l'ont invité à la publier. — La Morelle est encore l'auteur d'iw^V'wiort, tragi-comédie, Paris, 169.7.

Si Ton peut acquérir par la plume la gloire D'un des plus beaux esprits qui soit en Tunivers, Je veux laisser juger aux filles de mémoire La grâce et le parler de tes amoureux vers :

Il semble en les voyant que Ton lise une histoire 5

Traversée en amour d'accidents tous divers, Dont le discours parfait à tout chacun fait croire Que la prose n'est rien au prix de tes beaux vers.

Quand elles auront vu ce sujet qui ravi

Si doctement dépeint, si dignement suivi , i o

Sans doute elles diront, ainsi que je le pense,

Que pour favoriser les hommes et les Dieux

Et purger d'ignorants tout ce qu'on voit des cieux,

il te faut marier avecque l'éloquence.

PIECES

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