‹ Œuvres complètes; (volume 3)Chapitre 212 sur 295 · POUR LA GUERISON DE CHRYSANTHE · texte numérisé non relu

POUR LA GUERISON DE CHRYSANTHE

Chrysanthe, c'est-à-dire Anne d'Autriche , est le nom de l'héroïne des deux pièces précédentes. Le même nom désigne-t-il ici la même personne? cela est possihle, mais c'est tout ce que j'en puis dire. — Ces stances ont été imprimées pour la première fois dans l'édition de i63o.

Les destins sont vaincus, et le flttx de mes larmes De leur main insolente a fait tomber les armes ; Amour en ce combat a reconnu ma foi; Lauriers, couronnez- moi

Quel penser agréable a soulagé mes plaintes , Quelle heure de repos a diverti mes craintes , Tant que du cher objet en mon âme adoré Le péril a duré?

J'ai toujours vu ma dame avoir toutes les marques De n'être point sujette à l'outrage des Parques; Mais quel espoir de bien en l'excès de ma peur N'estimois-je trompeur?

Aujourd'hui c'en est fait, elle est toute guérie, Et les soleils d'avril peignant une prairie,

4. Ite triomphales circum mea tempora, lauri, a dit Ovide {Âm., II, xii, i).

ay8 POÉSIES, CIX.

En leurs tapis de fleurs n'ont jamais égalé i 5

Son teint renouvelé.

Je ne la vis jamais si fraîche, ui si belle; Jamais de si bon cœur je ne brûlai pour elle •, Et ne pense jamais avoir tant de raison

De bénir ma prison. 2 <>

Dieux, dont la providence et les mains souveraines, Terminant sa langueur, ont mis fin à mes peines, Vous saurois-je payer avec assez d'encens L'aise que je ressens?

Après une faveur si visible et si grande , 2 5

Je n'ai plus à vous faire aucune autre demande; Vous m'avez tout donné, redonnant à mes yeux Ce chef-d'œuvre des cieux.

Certes vous êtes bons, et combien que nos crimes Vous donnent quelquefois des courroux légitimes, 3» Quand des cœurs bien touchés vous demandent secours , Ils l'obtiennent toujours.

Continuez, grands Dieux, et ne faites pas dire, Ou que rien ici-bas ne connoît votre empire, Ou qu'aux occasions les plus dignes de soins, 3 5

Vous en avez le moins.

Donnez-nous tous les ans des moissons redoublées, Soient toujours de nectar nos rivières comblées; Si Chrysanthe ne vit, et ne se porte bien,

Nous ne vous devons rien . 4 o

POÉSIES, ex.

ex

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