A MONSIEUR COLLETET, SUR LA MORT DE SA SOEUR
liPIGIlA-iniE,
Publiée, pour la première fois, par Ménage. — Guillaume Colletet, membre de l'Académie française, né en i5g8, mourut en ifiSg. — On trouve, dans le second volume des Délices de la poésie française (1620), des vers adressés à Malherbe par Colletet, qui en a mis aussi quelques-uns en tète de la traduction des Epures de Sénèquc.
En vain, mon Colletet, tu conjures la Parque
De repasser ta sœur dans la fatale barque :
Elle ne rend jamais un trésor qu'elle a pris.
Ce que l'on dit d'Orphée est bien peu vérital)le.
Son chant n'a point forcé l'empire des Esprits, 5
Puisqu'on sait que l'arrêt en est irrévocable.
Certes, si les beaux vers faisoient ce bel effet,
Tu ferois mieux que lui ce qu'on dit qu'il a fait.
3. Malherbe a dit ailleurs (voyez pièce xcviii, vers 36), en parlant de Plulon :
Ce qu'une fois il tient, jamais il ne le rend-
:^oo POÉSIES, CXI.