‹ Œuvres complètes; (volume 3)Chapitre 230 sur 295 · Voyez la Notice biograpliique · texte numérisé non relu

Voyez la Notice biograpliique

35o APPENDICE.

une méchanceté, et la commettre, sont actions qui partent presque d'une môme source : et qui fait l'un, Sire, feroit l'autre, s'il en espéroit la même impunité. Puis quand il se trouveroit des âmes assez perdues pour l'assister, sur quelles apparences, s'ils ont quelque lumière de bon sens, sauroient-ils fonder leur intercession ? Si par les qualités mes parties se pensent rendre considérables à mon préjudice , qui est-ce qui ne sait point qu'un nombre infini de personnes vivent encore à Marseille, qui ont vu arriver le père et l'oncle de Cauvet, et là, petits mai'chandots, avec des balles de cannelle, poivre, gingembre, raisins et autres telles denrées, commencer leur trafic, qui, de deux ou trois mille livres qu'ils pouvoient avoir alors, est abouti à près de deux raillions , que tout le monde croit qu'ils aient cejourd'hui? Je n'ai parlé que du père et de l'oncle ; mais Cauvet, tout hardi qu'il est, oseroit-il nier qu'il n'ait fait le métier lui-même, et qu'assez de fois son nom n'ait été écrit au livre de l'écrivain du vaisseau ? Quant à Piles, si un secrétaire d'État, appuyé d'une personne (pii pcuvoit tout auprès di feu Roi votre père, ne lui eût fait donner la chetive capitainerie du château d'If, vacante par la mort d'un valet de chambre d'Henri troisième , ensuite de laquelle il a fait depuis quelques autres petites grivelées^, ne seroit-il pas à cette heure ou à Carpentras ou en Avignon, caché parmi ses parents dans les ordures de la honteuse condition où il est né? Pour ce qui est de moi. Sire, il est bien vrai que la maison des Malherbes de Saint- Agnan , dont je suis , et dont je porte le nom, est depuis deux cents ans en si mauvais termes qu'elle ne sauroit être pis, si elle n'étoit ruinée entièrement. Et quand je dis cela, je ne pense laisser rien à dire à mes ennemis. 3Iais il est vrai aussi que non-seulement dans l'histoire de jNormandie, mais en la voix commune de tout le pays, elle est tenue pour l'une de celles qui suivirent il y a six cents ans le duc Guillaume à la conquête d'Angleterre, et que pour le justifier, 1 écusson de leurs armes est encore aujourd'hui parmi trente ou quarante des principales du temps, en l'abbaye de Saint- Etienne de Caen, dans une salle que la fortune, plutôt qu'autre chose, exempta du ravage que fit la fureur des premiers troubles

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