‹ Œuvres complètes; (volume 3)Chapitre 246 sur 295 · Var, (édit. de i(i3o) : .Ni trop étendues · texte numérisé non relu

Var, (édit. de i(i3o) : .Ni trop étendues

trop de soin, ni tout à fait négligées, forment une certaine liarnionie, sans laquelle il n'y a point de pensées qui ne dégoûtent incontinent. Les deux premières perlections doivent se rencontrer également dans toutes sortes de discours. Mais pour ce qui regarde la dernière, elle change selon la nature des sujets qui sont traités; et quiconque n'observe ces différences, ne produiia jamais que des monstres. Car comme dans les républiques où la police est exacte, il nest pas permis aux personnes privées de porter des habits aussi riches que les magistrats, et que chacun a part aux honneurs selon le degré de sa naissance, ou à proportion de sa vertu, de même dans l'État de l'éloquence, où il ne faut simaginer aucune confusion, toutes les matières ne doivent pas paroître sous des ornements de pareil éclat. Chacune a son style, des figures, et des beautés qui lui répondent ; et il faut exactement considérer en quelle qualité on parle, quel est le sujet que l'on traite, quelles les personnes qui écoutent, qui délibèrent, ou qui jugent, afin que l'oraison ne soit pas grave quand elle doit être un peu libre*, ou véhémente quand il faut quelle imite plutôt le cours paisible d'une rivière que la force dun torrent qui se déborde. Or il n'y a point de doute que cette diversité ne naisse de ce que j'ai appelé nombre. En effet, selon que les paroles qui commencent ou finissent les périodes sont propres ou métaphoriques, brèves ou longues, composées de plusieurs svllabes ou de peu , elle est plus basse ou plus élevée, plus propre à émouvoir ou à instruire, plus remplie d'artifice ou plus naturelle. Et cette vérité a lieu non-seulement dans les trois genres qui marquent ces différences , mais encore dans les lettres, quoique ])ar la première division que j'ai faite il semble que je les aie voulu priver de toute sorte d'art et de règles. Les unes sont familières, par lesquelles nous avertissons nos amis, ou de notre santé, ou de nos affaires, ou de nouvelles qui les touchent, ou de ce qui se passe dans le monde; et les autres changeant leur nature ordinaire, servent tantôt pour expliquer quelque point de science, tantôt pour persuader quelque vertu*,

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