I. Var. (édit. de ifiii) : Cornélius y ajoutoit
que les Boïes ayant passé le Pô * pour venir assister les Insubriens et les Cénomans contre lui , Minutius étoit allé ravager leurs terres , et par ce moyen les avoit contraints de s'en retourner clic/, eux, pour entendre à la défense de leurs maisons. Les tribuns avouoient bien à Cornélius qu'il avoit si dignement seivi, qu'il y avoit autant d'apparence de ne remercier pas les Dieux, que de ne lui accorder pas le triomphe. Mais ils disoient que jamais homme ayant obtenu le triomphe pour soi, n'avoit eu ni le pouvoir ni le crédit de l'obtenir pour son compagnon, et qui plus est, pour un homme à qui la seule effronterie donnoit la hardiesse de le demander; que les combats qu' avoit faits Minutius en la Ligurie n'étoient que simples rencontres, et encore si légères, qu'elles ne valoient pas en parler : qu'au contraire il avoit été rudement battu en la Lombardie , et y avoit perdu avec un grand nombre de soldats plusieurs vaillants hommes et même des hommes de qualité , entre lesquels ils nommoient deux maîtres de camp, Juventius et Cneius frère de Labéo; que si je ne sais combien de villettes et de bourgades s'étoient rendues à lui, il n'en avoit tiré ni otages ni aucune autre assurance ; de sorte qu'elles ctoient demeurées en état de se révolter toutes et quantes fois que bon leur sembleroit. Cette dispute entre les consuls et les tribuns dura deux jours.
XXIII. Enfin les tribuns gagnèrent leur cause, et fallut que les consuls fissent leur demande chacun à part. Cornélius d'un consentement universel emporta ce qu'il desiroit. Ceux de Plaisance et de Crémone le rendirent encore plus favorable, par l'obligation que publiquement ils déclarèrent lui avoir de ce qu'il avoit fait lever le siège de devant