‹ Œuvres complètes; (volume 3)Chapitre 287 sur 295 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

I. Venons à cette heure à notre discours, et voyons ce que nous peut apprendre la philosophie touchant les feux que l'on voit traverser l'air. Leurs démarches obliques et leur promptitude impétueuse nous font juger qu'ils sont poussés avec une grande violence. Vous diriez qu'ils ne vont pas, mais plutôt qu'ils sont jetés. Ils ont plusieurs formes, qui toutes sont différentes l'une de l'autre. Il y en a qu'Aristote appelle chèvres. Si vous me demandez pourquoi, je vous demanderai que premièrement vous me rendiez raison pourquoi vous les voudriez appeler boucs*. Mais si, pour avoir plus tôt fait, nous nous voulons accorder de ne nous faire point ces questions inutiles, enquérons-nous de la chose même, sans nous étonner pour quelle occasion Aristote a donné le nom de chèvre à ce globe de feu. On en vit un de cette forme, et de la grandeur d'une lune, au temps de la guerre que fit Paulus à Perséus, roi de Macédoine. Et nous-mêmes avons vu plus d'une fois paroître une flamme en forme d'une grande pile^, puis tout aussitôt s'évanouir au milieu de sa course. Un semblable prodige apparut environ vers le trépas d'Auguste de divine mémoire; un autre en la mort de Séjanus; et de même façon aussi nous fut dénoncé le trépas de Germanicus. Vous me direz : Vous êtes donc si malavisé de croire que les Dieux prennent

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