‹ Œuvres complètes; (volume 3)Chapitre 36 sur 295 · Voyez plus loin, p. 349 ^^ suivantes · texte numérisé non relu

Voyez plus loin, p. 349 ^^ suivantes

3. Voyez la lettre que Malherbe lui adresse, en date du 3 janvier 1628.

4- A Balzac et à François de Porchères, sieur d'Arbaud. Il leur disait aussi qu'il voulait se battre contre de Piles, et répondait aux objections qu'ils lui faisaient comme il répondit à Racan , en pareille circonstance , au camp de la Rochelle. Voyez plus loin ,

p. LXVIII.

1>. Virgile, Enéide, liv. XI, v. 62, 63.

fi. OEuvres de /?«/îac, édition de i(S65,in-f°, tome II, p. fi83. Dissertation xxviir. A Monsieur de Plassac-Méré. De Malherbe. — Ce récit de Balzac est reproduit presque textuellement par Tallemant des Beaux. Il faut , disons-le en passant, lire avec méfiance ce qu'en divers ])assages de ses écrits Balzac a rapporté du bonhomme Malherbe qu'il

SUR MALHERBE. xli

Je ne sais ce qui fit manquer ce projet d'accommodement; mais au mois de juillet i6a8, Malherbe, craignant probablement que ses adversaires n'obtinssent des lettres de {,'ràce, quitia Paris pour aller trouver le Roi devant la Rochelle ^ Ce voyage, qui devait lui être si fatal , paraît avoir été assez inutile , d'après ce qu'on lit dans une lettre du i4 septembre 1628, la dernière que l'on connaisse de lui : « On m'écrit de Provence que mes parties se vantent d'avoir eu leur rémission. Je n'en crois rien, pource que je sais que, si cela étoit, vous en eussiez mande quelque chose par deçà. Mais quand il seroit vrai, je ne m'en mets guère en peine. Ce n'est pas là que je les attends. La pierre qui les fera chopper et choir, s'il plaît à Dieu, ce sera l'entérinement. îvous en verrons l'ébattement à cette Saint-Martin, ou bientôt après. Je vous supplie bien humblementj Monsieur, s'ils l'ont présentée ou s'ils la présentent, de prendre la peine de m'en faire avoir une copie, pour me préparer à combattre ce fantôme. Ils n'ont pas trouvé leur compte à la Jarne^; je ne pense pas qu'ils le trouvent mieux à Toulouse. Peut-être s'imaginent-ils que mon âge me fera craindre les incommodités d'un si long voyage. Ils se trompent : la même cause qui m'a fait mépriser l'été me fera mépriser l'hiver '. »

Il ne devait plus y avoir pour lui d'été ni d'hiver. De son séjour au camp de la Rochelle au moment des plus grandes chaleurs , il avait rapporté le germe d'une maladie qui ruina rapidement la robuste constitution dont il se glorifiait encore trois ans auparavant*; et le 16 octobre, trois semaines après

avait particulièrement connu. Ainsi il termine la dissertation que nous venons de citer par une anecdote que Tallemant lui a encore empruntée et où il prête à 3Ialherhe une épigramme (^Bien que Dumoulin en son livre) qui est de Racan.

1. Lettre de Peiresc à Malherbe en date du 14 juillet 1628. fBibliothèque de Carpentras, manuscrit cité, f" 556.)

2. La Jarne, près de la Rochelle. Le garde des sceaux s'y trouvait au mois d'août 1628. Vovez Bassompierre , édition Michaud et Poujoulat, p. 284.

3. Cette lettre, adressée à un sieur Legros , a été publiée pour la première fois par M. Miller, d'après le manuscrit i33 des papiers de Baluze.

4. « Je n'ai, grâces à Dieu , écrivait-il à Balzac en 1625, de quoi murmurer contre la constitution que la nature m'avoit donnée. Elle

xui ^'OTICE BIOGRAPHIQUE

avoir écrit la lettre que nous venons de citer, il mourait à Paris, à Tàge de soixante-treize ans.

Porchères d'Arbaud, son cousin par alliance, et le poëte Yvrande paraissent avoir été les seuls de ses parents et de ses amis qui assistèrent à ses derniers moments. Le fidèle Racan était encore au siège de la Rochelle, et ce fut de Porchères qu'il apprit les détails qu'il nous a transmis sur la fin de son maître'. Balzac prétend que lui aussi aurait pu en donner; il avait envové près du malade « un homme qui le vit mourir. » « Mais, dit-il, ce que je sais de plus particulier que les autres ne se peut écrire de bonne grâce, et il y a certaines vérités qui ne sont bonnes qu'à supprimer*. »

Il n est pas difficile de deviner quelles étaient ces vérités. « Malherbe, dit Tallemant, n'etoit point autrement persuade de l'autre vie ; » et c'est une assertion que le récit de Racan ne vient certainement pas infirmer. Que penser, en effet, des crovances religieuses d'un homme qui proclamait « que la religion des honnêtes gens était celle de leur prince'? » Que dire d un catholique qui, au lit de la mort, ne se décida à se confesser que lorsqu'on lui eut remontre a qu'ayant fait profession de vivre comme les autres hommes, il falloit mourir aussi comme les autres*? »

Ajoutons que dans ses lettres familières, où il laisse si librement courir sa plume, on ne retrouve rien qui rappelle ces

étoit si bonne qu'en l'âge de solxaute-dix ans, je ne sais que c'est d'une seule des incommodités dont les hommes sont ordinairement assaillis en la vieillesse. Et si c'étoit être bien que de n'être point mal , il se \(:'il ])eu de personnes à qui je dusse porter envie. » En effet, dans la correspondance de Malherbe, je n'ai guère trouvé d'autre mention de maladie que celle d'une sciatique qui le tint dix jours au lit. (Lettre à Peiresc du 3 octobre 1608.)

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