C'est la ix^ satire
2. Le Ménagiana rapporte que Racan a^ant reproché aux épigrammes de Mlle de Gournav de manquer de pointe, celle-ci répondit qu'il ne fallait pas prendre garde à cela, que c'étaient des épigrammes à la grecque.
3. F. Cauvigny, sieur de Colomby, membre de l'Académie française, né à Caen en i588, mort en 1648. — F. Mavnard, président à Aurillac, membre de l'Académie française, né à Toulouse en lâSa, mort en 164^- — Daniel Dumontier ou Dumonstier (on éciivait aussi, mais à tort, Dumoustier), célèbre portraitiste, né à Paris en i55o, mort en i63i.
4. Gilbert Gaulmin, orientaliste, né à Moulins en i585, mort en ifi65.
PAR RACAN. Lxxi
d'aucune langue, en disant : « Je vous soutiens que A'oilà le Credo en langue punique : qui est-ce qui me pourra dire le conti'aire ? »
Il s'opiniâtra fort longtemps avec un nommé M. de la Loy* à faire des sonnets licencieux -. Colomby n'en voulut jamais faire et ne les pouvoit approuver. Racan en fit un ou deux, mais ce fut le premier qui s'en ennuva ; et comme il en vouloit divertir^ M. de Malherbe, en lui disant que ce n'étoit pas un sonnet si l'on n'observoit les règles ordinaires de rimer les deux premiers quatrains, M. de Malherbe lui disoit : « Eii bien, Monsieur, si ce n'est un sonnet, c'est une sonnette^. » Toutefois à la fin il s'en ennuya , et n'y a eu que Maynard , de tous ses écoliers, qui a continué à en faire jusques à la mort. M. de Malherbe les quitta lui-même, lorsque Colomby ni Racan ne l'en persécutoient plus. C'étoit son ordinaire de s'aheurter d'abord contre le conseil de ses amis , ne voulant pas être pressé, pour y revenir après que l'on ne l'en pressoit plus.
Il avoit aversion contre les fictions poétiques, et en lisant une épître de Régnier à Henri le Grand qui commence :
Il ctoit presque jour, et le ciel souriant''....
et où il feint que la France s'enleva en l'air pour parler à Jupiter et se plaindre du misérable état où elle étoit pendant la Ligue, il demandoit à Régnier en quel temps cela étoit arrive, et disoit qu'il avoit toujours demeuré en France depuis cinquante ans et qu'il ne s'étoit point aperçu qu'elle se fût enlevée hors de sa place.
Il avoit un frère aîné^ avec lequel il a toujours été en
I. Laleu, suivant les anciennes éditions. Je ne pense pas que ce soit le Laleu, oncle de Talleniant, dont il est question dans les Historiettes .
1. Irréguliers, c'est-à-dire « dont les deux quatrains ne sont pas sur mesmes rimes, -a ajoute Pellisson, qui a cité ce passage (p. 44^) en l'abrégeant.