Voyez plus haut, lettre 56, p. 120, note
11. La Chasse de la beste romaine^ oh est recherché et évidemment prouvé que le pape est l'Antéchrist , par G. Thompson, la Rochelle, ifio8, in-8°, réimprimée en 161 1, malgré un arrêt du parlement en date du II mars 1610.
la. Antoine de Bandole, avocat au parlement de Provence. Nous n'avons pu découvrir son livre. Voyez plus loin, p. 159.
i3. Guillaume du Vair. Voyez plus haut, lettre Sa, p. 107, note 3.
Mme des Essarts, qui étoit ici depuis quelque temps, a eu commandement du Roi de se retirer; elle est partie ce matin, et s'en est allée à Romorantin. Deux gentilshommes de mes amis qui viennent du Louvre me viennent de dire que le couronnement est remis au mois de mai.
Monsieur, vous me permettrez, s'il vous plaît, que je die ici à M. de Valavez que je suis son serviteur trèshumble et très-affectionné.
Le couronnement de la Reine est remis, qui dit en juin, qui dit en octobre : tant y a qu'il est remis. Aujourd'hui, M. Robin, de l'argenterie**, s'est venu plaindre à Monsieur le Grand de la dépense qu'il avoit déjà faite pour faire venir des étoffes d'Italie; et entre autres choses, il lui a dit qu'il faisoit apporter neuf caisses de draps et toiles d'or et d'argent de la plus belle façon qui se peuvent désirer.
On nous dit que Madame la Princesse va être conduite à Milan , où est Monsieur son mari ; il avoit pris le chemin de Prague, mais tout d'un coup il a rebroussé vers l'Italie. Si cela est, le voyage de Mme d' Angoulême, qui s'en alloit à Bruxelles la demander au nom de Monsieur le connétable son père, ne se fera point. Les Flamands, peut-être, et l'Archiduc, ont pensé qu'en l'ôtant de là ils se délivreroient de l'orage; car , comme je vous ai dit , le Roi avoit dit qu'il prêteroit son armée à son compère pour ravoir sa fille. Hier et aujourd'hui on n'a fait autre chose au conseil
14. Robin, de Tours, partisan. — « L'argenterie chez le Roi est un fonds qu'on fait tous les ans pour quelques dépenses extraordinaires, comme pour les habits des ballets et autres fêtes. Il y a deux contrôleurs et deux trésoriers qu'on appelle officiers de l'argenterie. » {Dictionnaire de Trépoux.)
que mettre prix aux munitions de Tarmée, pain, vin, foin et avoine, etc.
Le Roi avoit dit hier au soir qu'il iroit voir aujourd'hui Madame la marquise, ou chez elle, ou chez Mme d'Entraigues, mais il a gardé le lit, sans maladie toutefois. Dieu merci". Je vous ai dit que Mme des Essarts s'en étoit allée; il est vrai, et c'est que il a été rapporté au Roi qu'elle s'étoit laissé voir à Monsieur de Reims**. Le Roi lui avoit baillé pour six mille livres de rente de domaine qui est à Romorantin, et quelques lieux voisins : le don a été révoqué. Le Roi s'offensa fort contre Monsieur de Reims, et lui dit qu'il ne seroit point cardinal qu'il n'eût changé de vie. L'on dit que Mlle Choisy " de jalousie a fait cette brouillerie. M. Rongars **, qui est l'un de ceux qui négocient les affaires de Clèves, revint samedi** de Clèves, qui a dit à un de ses amis, duquel je l'ai su, que les Allemands sont en appréhension de l'armée du Roi , et qu'ils croyent qu'ils s'appointeront plutôt que d'appeler de si grandes forces à leur service.
De Paris, ce 24* mars, après avoir reçu votre lettre et l'air'", dont je vous remercie. Ronsoir, Monsieur.
Le gros paquet est écrit du 23*, encore que je l'aye daté
i5. Ces onze derniers mots paraissent avoir été ajoutés après coup.
16. Louis de Lorraine, cardinal de Guije, archevêque de Reims (i6o5-i62i), bien qu'il n'eût jamais été ordonné prêtre. Il épousa secrètement Mme des Essarts, dont il eut plusieurs fils, qui furent déclarés bâtards.
17. Francienne, fille de Jacques de l'Hospital, marquis de Choisir; elle épousa Jacques le Roi, seigneur de la Grange-Quincy.
i8. Jacques Bongars, diplomate, érudit, né en i54fi, mort en 1612. Il appartenait à la religion réformée.
19. Devant samedi, il y a /lier, biffé. ao. Voyez plus haut, lettre 6a, p. 140.
l6io
i5o LETTRES A PEIRESC.
du 24®, et ce qui est en l'autre page est du 24* véritablement.
Je viens de recouvrer Tair qu'a fait M. Guedron sur la chanson dont il est question. Je ne m'y connois pas ''^ ; mais tout le monde le trouve fort bon, et surtout le Roi. Vous en ferez le jugement, et Mme d'Oppède^^, qui lui fera bien de l'honneur de le faire passer par un si beau canal comme le sien. Je suis son très-humble serviteur, et lui baise très-humblement les mains '^'.
Nous n'avons rien aujourd'hui de nouveau. J'ai appris que le couronnement est retardé", mais il n'y a point de nouveau terme, tellement que je prévois qu'il ne se fera pas sitôt. Le Roi presse fort la guerre, et montre d'en avoir une envie extrême. Il y a encore des incrédules qui pensent qu'il n'y en aura point. Pour moi, je crois qu'ôtant la cause, l'effet ne demeurera point. Les Flamands seront^* sages s'ils renvoyent l'esteuf" à ceux de Milan. Adieu, Monsieur. De Paris, ce 2 5^ de mars 1610.
Le grand Louis est arrivé il y a deux heures ; mais je ne l'ai point encore vu.
21. Ceci réfute ce que dit Tallemant, que Malherbe prétendait ne se connaître qu'en deux choses, en musique et en gants.
22. Marguerite d'Oraison, femme de Vincent-Anne de Forbin- Meynier, baron d'Oppède.
23. Cette dernière phrase a été ajoutée après coup, à la suite du paragraphe.