Guillaume (et non Georges) Dupré, habile graveur en mé
il s'en fit une troisième par un Baudin, d'Orléans, qui se voulut faire de fête, sans en être prié : celle de Grenoble l'emporta, pource qu*il eut des amis; elle ressembloit fort à la vérité, mais elle étoit trop rouge, et étoit faite en poupée du Palais. Celle du Pré au gré de tout le monde étoit parfaite ; je fus pour la voir, mais elle étoit déjà vendue. Je vis celle de Baudin, qui n' étoit point mal. Cette effigie fut vêtue d'un pourpoint de satin cramoisi rouge, d'une robe de veloux violet fleurdelisée et doublée d'hermines, et d'un manteau de même ; un bonnet de satin cramoisi en tête, et une couronne par-dessus ; les bottines étoient de veloux violet fleurdelisé, les semelles de veloux cramoisi rouge ; le lit sur lequel elle étoit en son séant, avec des carreaux de drap d'or qui lui soutenoient le dos, étoit couvert d'un drap d'or frisé, bordé à l'entour de veloux violet fleurdelisé, qui couroit jusques au bas des trois marches du haut dais sur lequel l'effigie étoit relevée. Des deux côtés de l'effigie étoient deux carreaux de drap d'or, sur l'un desquels, à m?in droite, étoit le sceptre, et sur l'autre, à main gauche, la main de justice. Des deux côtés de l'effigie étoient deux autels, où il y avoit à chacun deux cierges de cire blanche, brûlant continuellement ; et aux pieds de l'effigie en étoient quatre autres, puis un siège avec un carreau auprès, pour s'agenouiller quand on viendroit prier Dieu pour le Roi ; et un peu plus loin en étoit un autre couvert de drap d'or, tout de même que l'autre, sur lequel y avoit un bénitier
dailles du commencement du dix-septième siècle. Voyez son oeuvre dans le Trésor de numismatique et de glyptique. Médailles françaises, II* partie. — Matthieu Grenoble figure sur les états de la maison de Henri IV et de celle de Louis XIII (années iSgg et 1611) avec le titre de sculpteur valet de chambre aux gages de trente-trois livres, puis de cent livres, (Archives de l'Empire, Cour des Aides, Maison du Roi, États généraux des officiers, Registre I.)
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pour donner de Teau bénite. Du côté droit de TefEgie étoient" de longs bancs couverts de drap d'or, sur lesquels se mettoient ceux qui étoient de garde ; et de l'autre, à main gauche, étoient les gens d'Eglise : aux bouts de ces bancs qui étoient vers l'effigie, étoient, par chaque premier banc, deux chaises de drap d'or pour les grands qui seroient de garde. J'y fus à Theure du souper de l'effigie, mais il n'y avoit personne; quand j'y arrivai, M. de Vendôme y étoit, mais il étoit sur le point de partir, et n'étoit que sur le banc; Mme d'Angoulême y vint, mais elle ne fit que donner de l'eau bénite et s'en aller. Tout ce que dessus étoit séparé du reste de la salle par des barrières ; il y avoit une entrée au milieu et deux aux deux bouts. La salle étoit toute tendue de tapisserie d'or et de soie, et ces grandes étaies de bois que vous y avez vues étoient couvertes de drap d'or. La table du souper étoit à cinq ou six pas de l'effigie, entre deux piliers; le service en fut fait ni plus ni moins que le Roi étoit servi lorsqu'il vivoit, sans que l'on criât** ni grand panetier, ni grand sommelier, comme on se le faisoit croire. A toutes les croisées de la salle, qui sont douze ou quinze, il y avoit un autel à chacune, et s'y disoit cent messes par jour. Devant que l'effigie fût mise en la salle, le Roi, depuis sa mort, avoit été continuellement en sa chambre sous un lit couvert d'un drap d'or et une grande croix de