‹ Œuvres complètes;Chapitre 240 sur 436 · A Paris, ce i4* de juin · texte numérisé non relu

A Paris, ce i4* de juin

Monsieur, ce messager, en m'avertissant de vous écrire , me dit qu'il faut que ce soit tout à cette heure * ; et de fait il a le paquet de M. de Valavez entre ses mains. Je ne vous eusse point écrit, pource qu'en telle hâte il n'est pas possible que tout ce que Ton fait n'aille de travers; mais je n'ai pas voulu perdre cette occasion de vous ôler bientôt la doute que vous pouvez avoir sur l'affaire dont vous m'écrivez'. Je ne vous en puis écrire clairement comme je voudrois; vous savez bien les considérations qui m'en empêchent. Il me suffira ' de vous dire que vous m'avez obligé de ne croire pas le bruit commun : je vous jure que je ne vous saurois dire quid dederit locum huic fahulse'^ ; tant y a que vous pouvez parier pour moi,

Lettbe 123. — 1. Malherbe a écrit : o toute à cette heure. »

2 . Voici ce que Peiresc avait écrit à Malherbe le 5 mai 1 6 1 3 : a II n'y a qiie trois jours que je vous ai écrit, mais je fus si pressé que j'oubliai à vous donner avis d'une chose assez importante eu égard à votre honneur, à votre inclination à aimer Monsieur le premier président, nonobstant toute sorte d'intérêt que vos alliés y sauroient prétendre. Il y a des flagorneurs qui, voulant faire les bons valets, ont fait courir quelque bruit d'avoir avis de la cour que vous vous employez fort pour Chasteauneuf, ce que venant aux oreilles de Monsieur le premier président, il ne le voulut point croire ; aussi n'y a-t-il guère d'apparence. Pour moi, je crois que c'étoit un artifice dudit Chasteauneuf ou de ceux de sa clique pour vous rendre suspect envers Monsieur le premier président et vous engager à leur côté, s'ils pouvoient. » — Le 25 mai i6i3, il parle encore de cette affaire où Mme de Malherbe se trouvait mêlée. Voyez plus haut, lettre ii3, p. 288, note 12.

3. Devant : a II me suffira, » l'autographe porte : maïs, biffé.

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