‹ Œuvres complètes;Chapitre 264 sur 436 · A Paris, ce a 3* novembre · texte numérisé non relu

A Paris, ce a 3* novembre

Monsieur, je me suis déjà excusé à vous si vous n'avez point de nouvelles de la cour qu'elle ne soit revenue en cette ville ; le terme n'en est pas long, on attend ici Leurs Majestés mardi prochain. Cependant je répondrai à votre lettre, et vous dirai que ce que je croyois que la discrétion vous avoit empêché de m'écrire, c'étoit les amours d'une de vos présidentes veuves, découvertes par l'en-

a. Charles d'Angennes, marquis de Rambouillet, mort le 26 février i652.

3. Le ministre Ferrier, dont nous avons parlé plus haut, p. 287, note 3, s'étant fait catholique, avait été nommé conseiller au présidial de Nîmes, ce qui amena contre lui une émeute terrible; la Reine, pour punir les habitants, fit expédier à la fin d'août 161 3 des lettres patentes qui transférèrent à Beaucaire le siège présidial de Nîmes. Voyez les Mémoires de Richelieu, et\e Mercure, année 161 3.

4. a A un tel point qu'il n'y a rien au-dessus que les astres. » Lextbb 140. — I. Cette lettre fut mise sans aucun doute sous le

même couvert que la suivante, qui est plutôt une feuille de nouvelles qu'une lettre à part. La cote de Peiresc est commune aux deux.

LETTRES A PEIRESC. îS5

flure de son ventre, et celles d'une pauvre fille abusée par un de vos conseillers, qui étoit en même état. Je ne vous en parle pas à cette heure pour vous en demander des nouvelles, car j'en ai ouï les histoires; c'est seulement pour vous ôter de peine que ce ne fut chose de plus grande conséquence. Je n'avois pas attendu votre avertissement pour prier Monsieur Tabbé de Saint-Michel de recouvrer^ quelques-unes de ces autres médailles; mais il m'a dit que c'est chose malaisée, toutefois qu'il y fera ce qu'il pourra : nous en verrons le succès. Je vous écrivis par M. Caldagne, que je crois qui sera à cette heure eu vos quartiers, que M. de Valavez m'avoit fait cette faveur de recevoir encore autre somme de deux cents livres pour les faire rendre par delà à ma femme; et par la même voie de M. de Caldagne, il vous en donna avis. Je vous supplie. Monsieur, me faire ce bien d'excuser ces importunités : la nécessité me fait oubUer la honte; en voici encore ime autre. Le sieur Cramoisy* vous fait un ballot de livres pour vous envoyer; je me suis dispensé d'y mettre un Lexicon grec*, une Polyanthée^ récente, et des Chiliades d'Erasme*, tous livres à l'usage

a, Malherbe avait mis d'abord : « Je n'avois pas attendu votre prière à écrire à Monsieur l'abbé de Saint-Michel, pour le prier de recouvrer, etc. »

3. Claude Cramoisy, libraire, probablement le père de Sébastien Cramoisy", qui en 1640 fut nommé directeur de l'imprimerie établie au Lou\Te.

4. Sans doute le Lexicon grseco-latinum de Jean Scapula, dont la première édition est de 1379 (Bàle, in-f°), et qui fut très-souvent réimprimé.

5. La Polyanthée, ou recueil de lieux communs, que Malherbe envoie à son fils, est très-vraisemblablement celle qui parut à Genève, en 1600, sous ce titre : Potj-anthea, h. e. opus suavïssimis floribus celebriorum sentendarum..., exomatum, quos,... colle gère..,. D. Nantis Mirabellius, B. Amantius etFr. Tortius, in-f°. La première édition est de i Soy.

6. Des. Erasmi Roterodami Adagiorum chiliades. La première édi-

de Marc-Antoine, à qui je les envoyé. Je vous prie me permettre cette commodité de lui en faire tenir quand on vous en envoyera, car je n'en ai point d'autre que la vôtre : ma femme vous rendra le port. Si c'étoient quelques petits livres, je n'en parlerois pas, de peur d'offenser votre courtoisie ; mais en ce paquet, la moindre partie sera pour vous, et puis je vous veux demander congé de continuer cette même voie. Marc-Antoine exposera un jour, s'il plaît à Dieu, son latin et son grec pour votre service, et payera mes obligations avec les siennes. Puisque je n'ai point de nouvelles, je m'en vais clore ma lettre. J'oubliois à vous dire que le sieur du Monstier m'a promis qu'il ne sera plus menteur, et qu'à bon escient, sans plus de remise, il va travailler pour vous. Adieu, Monsieur : je vous baise bien humblement les mains, comme votre serviteur très-humble et très-affectionné à jamais.

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