‹ Œuvres complètes;Chapitre 265 sur 436 · De Paris, du a4* de novembie · texte numérisé non relu

De Paris, du a4* de novembie

Nous aurons ici la cour mardi, à ce que l'on dit. Le Roi vient coucher à Ris près de Juvizy, et la Reine à Villeroy. IM. de Montbazon est, au contentement de tout le monde, lieutenant de Roi en Normandie. M. de Matignon* est en cour pour demander, à ce que l'on dit, que le bailliage de Caen soit ajouté aux bailliages de Golentin et Alençon, dont il a déjà la lieutenance de Roi; les autres disent qu'il n'en a du tout point parlé. On

tion du Recueil de proverbes d'Érasme est de i5oo ; il en parut une, considérablement augmentée, en 1606, à Genève, in-f°.

Lettre i4i. — 1. Charles, sire de Matignon et de Lesparre, comte de Thorigny, lieutenant général de Normandie, gouvemetu" de Granville, mort le 8 juin 1648.

tient qu'au retour de la cour en cette ville le mariage de Mlle de Vendôme* se mettra sur le tapis, à bon escient. M. le prince de Joinville et M. du Maine sont rivaux en cette poursuite. Mme la princesse de Conty, au voyage qu'elle fit à Paris au commencement de ce mois , pria Mme de Nevers de faire désister M. du Maine de cette recherche, jusques à ce que M. le prince de Joinville, qui y étoit embarqué le premier, en fût hors, et que ce respect, se gardant entre personnes qui ne s'étoientrien, à plus forte raison se devoit garder entre parents si proches, comme ils étoient. Sa réponse fut qu'elle avoit appris d'elle qu'il ne falloit jamais donner de mauvaises nouvelles à ceux que l'on aimoit, et que Monsieur son frère ayant de l'affection pour Mlle de Vendôme, elle ne lui sauroit rien dire de plus fâcheux que de lui parler de se désister de la servir. Ellle en parla puis après à M. de Nevers , qui lui dit que c'étoit la gloire d'un galant homme d'avoir des rivaux en son amour, et que l'émulation leur feroit faire des merveilles pour s'avantager l'un sur l'autre en la bonne grâce de leur maîtresse. M. le prince de Joinville est en Lorraine, et doit être ici en même temps que Leurs Majestés seront de retour. On tient qu'alors cette affaire éclatera, bien que la Reine ait dit qu'elle ne veut point que Mlle de Vendôme soit mariée que le Roi n'ait dix-huit ou vingt ans. 102 ' aura pour lui 5g et 71; l'autre, 68 et 65, et à mon a\is les parents. M. le maréchal d'Ancre étoit lieutenant de la compagnie de chevaux légers de la Reine; à cette heure, qu'elle est vacante par sa dignité nouvelle,

2. Catherine-Henriette de Vendôme, fille de Hanri IV et de Gabrielle d'Estrées, mariée à Charles de Lorraine, duc d'Elbeui.

3. e M. de Joinville aura pour lui M. de Guise et M. de Contj'; l'autre, M. de Vendôme et le marquis d'Ancre. » Peiresc a traduit les chiffres, selon sa coutume, au-dessus de la ligne.

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3Sê LETTRES A PEIRESC.

l'on tient que c'est pour M. le marquis de Cœuvres. Monsieur le Grand et M. le maréchal d'Ancre sont fort bien. Monsieur le Grand est fort bien vu de la Reine; elle lui a accordé la survivance* de grand écuyer pour M. de Termes, avec augmentation de dix mille livres de pension audit sieur de Termes. Les lieutenances de Roi qu'avoit en Bourgogne le feu baron de Lus, longtemps disputées par M. le vicomte de Tavannes et le baron de Thianges, ont enfin été accordées à M. le marquis de Mirebeau et à M. de Ragny, n'ayant point voulu la Reine les bailler à personnes qui ne fussent en bonne intelligence avec Monsieur le Grand. Mme de Pompadour*, qui a été autrefois la marquise d'Epinay, est décédée depuis deux jours. Mme la princesse de Gonty a été fort mal d'une apostume qui lui est crevée en la gorge, et se trouve fort bien, grâces à Dieu. La Reine a témoigné beaucoup de déplaisir de son mal, et beaucoup de joie de sa guérison. L'on a renvoyé quérir les comédiens françois; le Roi ne goûte point les Italiens ; les Espagnols ne plaisent à personne : ils jouent au faubourg Saint-Germain, mais ils ne gagnent pas le louage du jeu de paume où ils jouent. Les Italiens ouvrirent hier le théâtre à l'hôtel de Bourgogne, où ils ne firent ni bien ni mal. 66 ' est moins mal ' ; mais je crains qu'il ne soit jamais comme il a été.

Du jour sainte Catherine, aS» de novembre.

Mme de Pisieux est décédée ; dont Monsieur le chancelier' est, à ce que l'on dit, extrêmement ennuyé : c'étoit une vertueuse dame, estimée de tout le monde. Il

4. Devant les mots la survivance ^ le manuscrit porte Pestât, effacé.

5. Marguerite de Rohan-Guémené , veuve de Charles marquis d'Epinay, remariée en 1613 à Léonard Philibert , vicomte de Pompadour.

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