‹ Œuvres complètes;Chapitre 266 sur 436 · Bassompierre. — 7. En cour. — 8. Son beau-père · texte numérisé non relu

Bassompierre. — 7. En cour. — 8. Son beau-père

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s'est passé quelque chose en la basse Navarre, pour laquelle, et pour la guerre de Savoie et Mantoue, l'on parle d'envoyer un ambassadeur extraordinaire en Espagne. Monsieur le Prince sera ici demain ou mécredi, à ce que l'on dit. Mesdames les princesses sont de retour de leur voyage de Notre-Dame de Chartres, où elles étoient allées il y a environ un mois. Elles ont passé, à leur retour, à Moret, et n'ont point envoyé à Fontainebleau, qui n'en est qu'à deux lieues. Les contemplatifs en discourent à leur fantaisie; pour moi, je crois qu'elles n'y ont point pensé à finesse. L'on murmure que le parlement fera quelque difficulté à la réception de M. le maréchal d'Ancre, et que ils n'auront point faute d'instigateur; et moi je crois que chacun obéira , comme il doit , aux volontés du Roi et de la Reine. L'on dit que Mme la comtesse de Moret a recommencé à fermer sa gorge ; je ne sais pas que veut dire cette observation, vous la devinerez si vous pouvez : possible est-ce pour le froid.

Du a7* de novembre.

Le Roi et la Reine arrivèrent hier au soir. Cette aprèsdînée la Reine a été visitée de Mesdames les princesses, Mmes de Longueville, comtesse de Saint-Pol, de Nevers, de Mercœur, et de la reine Marguerite. La Reme leur a fait voir un bracelet qu'elle a fait faire pour envoyer à la petite reine : ce sont quatre grands chatons de diamants, et au milieu une ovale de diamants; dans cette ovale il y a une forme de losange ; aux quatre coins de la losange sont quatre gi*ands diamants, et un encore plus grand au milieu ; les chatons sont de grands diamants, et au milieu de chacun des quatre chatons ' un

9. Malherbe ayait mis d'abord simplement : « et au milieu des chatons. »

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grand diamant. Sous l'ovale il y aura une devise que M. de Florence a faite : Titani lumine Vesper^^ . Il m'en dit une autre, mais je fus d'avis que l'on prît celle-ci : les deux n'ont qu'un même corps, qui est un phénix, et un soleil du côté d'occident, qui jette ses rayons sur lui. Cette ovale ou enseigne est de quatre- vingt mille livres, et tout le bracelet ensemble est estimé six vingt mille écus. Ce qui suit" semble incroyable. La Reine a dit par deux fois : « Ce n'est pas là tout', je lui fais faire une chaîne de vingt-cinq pierres semblables à cette ovale. » A ce compte, la chaîne vaudra deux millions d'or; mais je crois que l'on fait cette dépense plus volontiers pource qu'elle demeure à la maison. Comme on montroit ce bracelet, Madame est arrivée**; la Reine le lui a montré, et lui a dit : « Voilà que j 'envoyé eu Espagne; vous n'en êtes pas marrie? » Elle a répondu que non; et lors la Reine a répliqué : « Cela fera voir que vous êtes de bonne maison. » La Reine l'a rendue aussitôt au seigneur Nicolo. Madame, qui ne l'avoit pas vue à son aise, a montré qu'elle la vouloit voir davantage. Le sieur Nicolo, que j'en ai averti, la lui a apportée, et lors j'ai eu l'honneur de la considérer à mon aise; je l'ai rendue au sieur Nicolo, et lui ai demandé ce que valoit l'ovale du milieu, à cause que la Reine avoit dit que la chaîne qu'elle faisoit faire en auroit vingt-cinq semblables : il m'a dit

10. La devise signifie sans doute : c l'étoile du soir (éclairée) de la lumière du soleil. »

11. Il paraît que Malherbe avait d'abord écrit s'ensuit. Il y a devant suit une syllabe effacée, qui ressemble fort à s'en. Deux lignes plus loin, on peut douter s'il y a pierres ou pièces.

12. Malherbe avait commencé par mettre au passé défini tous les prétérits de cette phrase et des neuf suivantes; puis il a eu la patience d'y substituer partout le passé indéfini, et de remplacer arriva^ montra^ dit, etc., par est arrivée, a montré^ a dit, etc.

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qu elle valoit quatre-vingt mille écus, mais que toutes ne seroient pas si belles; toutefois qu'il y auroit peu de différence. Quand cette montre" fut faite, il n'y avoit que Mmes les princesses de Gondé, Mme de Mercœur, M. le cardinal de Joyeuse, Monsieur de Reims et M. le prince de Joinville, qui est de retour de Lorraine. Il a salué la Reine et lui a présenté une lettre de Mme la duchesse de Lorraine; là-dessus sont arrivées Madame, Mlle de Vendôme, Mme de Longueville, et Mme la comtesse de Saint -Pol**. Mme la princesse de Conty et Madame sa mère n'ont fait qu'entrer et sortir ; elles s'en sont allées voir Mme d'Aumale. Après cela, est arrivée la reine Marguerite, à qui la Reine l'a montrée aussi. Mme de Nevers est arrivée la dernière, et déjà elle étoit reportée. J'ai vu 66^^, que la Reine a appelé, et a parlé fort longtemps à lui , tellement que je crois que sa brouillerie se rhabillera ou est rhabillée. M. de Matignon a eu le gouvernement du baiUiage de Caen avec les deux qu'il avoit déjà. Vous saurez que de toutes ces princesses pas une ne baisa la Reine ; la seule reine Marguerite a eu cet honneur, comme elle a toujours. Le mariage de M, de Termes se traite avec la fille de M. le marquis de Mirebeau "; et tient-on qu'il se fera. Monseigneur le Prince arriva ici hier*' au soir.

i3. Devant montre ^ le manuscrit porte />re/7ii^re, effacé, et à la ligne Suivante, après de Condé, qui est en interligne, les mots : « qui furent les premières venues au cabinet, b également effacés.

14. Anne de Caumont , marquise de Fronsac , veuve de Claude d'Escars, remariée en iSgS à François de Longueville, comte de Saint-Paul.

i5. Bassompierre.

16. Le baron de Termes épousa en 161 5 Catherine Chabot, fille de Jacques, marquis de Mirebeau ; elle se remaria en i635 à Claude Vignier, président au parlement de Metz.

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